Parce que la simplicité est parfois plus efficace que la démesure, "Wonder" a réussi à me convaincre par son honnêteté. Après un excellent "Le Monde de Charlie", Stephen Chbosky revient encore pour nous pondre un petit chef-d'œuvre avec ce nouveau projet. Alors que son premier film tournait autour de l'adolescence, ce second semble bien plus partir vers le monde de l'enfance, même si tout n'est pas aussi simple que prévu. En effet, nous entrons dans le film par l'intermédiaire du personnage d'Auggie et par son histoire. Parfaitement interprété par Jacob Tremblay, il saisit très rapidement l'écran. Équipé d'une prothèse assez bien faite et crédible, on est forcément vite émotif vis-à-vis de ce dernier. Pour le coup, le début du film nous piège et nous fait croire à un drame assez classique, où ce petit personnage sera le centre de l'attention. Déjà, car une voix-off de ce dernier porte tout le début de l'histoire, mais aussi, car la mise en scène réussit totalement à matérialiser les pensées de notre jeune héros. Ce n'est pas grand-chose, mais ces petites apparitions de personnages de science-fiction donnent un peu plus de cachet au film et cela renforce l'attachement. Nous comprenons son monde, et nous voyons directement son besoin d'évasion. Pourtant, le message du long-métrage ne s'arrête pas à un simple propos sur la tolérance, car le point de vue va rapidement changer. Tour à tour, nous allons suivre sa mère, sa sœur, ses amis, etc... En bref, nous allons découvrir le quotidien et les pensées de beaucoup d'autres personnages. Et à mon sens, c'est à ce moment-là que le film créait son tour de force. Grâce à cette idée, il exprime une sorte de globalité, où chaque personne connaît des souffrances et des difficultés. Et honnêtement, aborder un angle aussi clair, dans un film qui part sur ces rails-là, pouvait être mal interprété. Vouloir dire que tout le monde a ses combats, alors que notre héros a une particularité très rare, c'est peut-être se tirer une balle dans le pied. Mais au final, c'est tout l'inverse ! Comment mieux renforcer l'envie de normalité de notre héros qu'en le mettant au même niveau que tout le monde ? Et c'est là qu'est le message du film, dans ce petit paradoxe très bien trouvé. Certes, notre héros est physiquement différent, mais chaque souffrance amène son lot de différence, même invisible. La particularité de ce dernier est que cela se voit, mais ça ne doit jamais devenir une faiblesse, bien au contraire. Grâce à l'exemple de tous ces proches, le jeune Auggie ne devient qu'un exemple d'espoir parmi tant d'autres. Au travers de nombreuses séquences extrêmement émouvantes, le film prend aux tripes et il réussit à nous émouvoir plus d'une fois. C'est clairement du déjà vu, mais par son idée de thématique et par son casting, tout marche à 100 %. Pour conclure là-dessus d'ailleurs, j'ai énormément aimé les prestations de Julia Roberts, Owen Wilson ou encore Izabela Vidovic. Ils sont tous excellents, ce qui créait un sentiment global très intéressant et particulièrement efficace. En bref, ce film m'a profondément touché. Il est très humain, et il renvoie un sentiment d'espoir très appréciable, qui fait honnêtement du bien. Pour conclure, un excellent feel good movie.