Film d'animation américain, réalisé par Travis Knight, dont c'est le premier long-métrage derrière la caméra, Kubo Et L'Armure Magique est une belle œuvre. L'histoire nous fait suivre Kubo, un jeune garçon borne, vivant à la bordure d'un petit village du Japon médiéval, veillant sur sa mère qui ne semble complètement consciente que quelques heures par jour. Il gagne sa vie en racontant des histoires à l'aide de ses origamis animés par la magie de son shamisen. Mais, sa vie est bouleversée lorsque, en dépit des avertissements de sa mère, il reste à l'extérieur après la tombée de la nuit, permettant à son grand-père, le Roi Lune, de le repérer de d'envoyer ses filles, deux sœurs jumelles aux pouvoirs immenses, tenter de lui voler son autre œil. Ce scénario s'avère plaisant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une aventure sous forme de récit initiatique et héroïque. Cependant, celle-ci est au final assez convenue et comporte beaucoup de passages calmes et manque un peu d'action et de péripéties. Néanmoins, elle a le mérite de traiter des liens familiaux, de la perte d'un proche, des esprits, et de mettre en avant la culture japonaise de son époque via son univers. Le ton se veut à la fois doux, tendre, dramatique, mais comprend également quelques petites touches d'humour sympathiques. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, à commencer par le jeune héro en herbe. Il est accompagné par deux acolytes qui l'aideront dans sa quête. Les antagonistes sont également réussis, notamment les deux tantes maléfiques. Tous ces individus entretiennent des relations familiales conflictuelles procurant de l'émotion, notamment de la tristesse. Des échanges soutenus par des dialogues souvent contés. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut de bonne facture. Surtout, sa mise en scène évolue dans un monde à la direction artistique singulière, possédant sa propre patte personnelle. Cette dernière, en animation en volume, est jolie avec ses charmants décors mettant en avant la technique de l'origami et les couleurs sont variés et chatoyantes. L'aspect des protagonistes n'est pas en reste. Ce visuel atypique est accompagné par une bonne b.o. signée Dario Marianelli aux compositions ancestrales et puissantes qui ont un véritable impact sur les images. Reste une fin attendue mais tout de même satisfaisante venant mettre un terme à Kubo Et L'Armure Magique, qui, en conclusion, est un film d'animation méritant d'être découvert.