Les Malheurs de Sophie
Note moyenne
2,0
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Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mai 2016
Christophe Honoré a pris à bras le corps l’adaptation d’un roman pour enfants étrangement délaissé par le cinéma depuis bien longtemps ! Et il rend une copie très convaincante aux yeux de l’ancienne jeune lectrice que je suis. Il a tout d’abord, et c’est bien le minimum, soigné son casting que ce soit côté enfants comme côté adultes. Les adultes, commençons par eux, sont irréprochables à commencer par Golshifteh Farahani et la délicieuse Anaïs Demoustier respectivement en Mme de Réan et Mme de Fleurville. Et puis, il y a Muriel Robin, qui incarne avec une gourmandise teinté de cruauté (les rôles de méchants ne sont ils pas les plus intéressants à incarner ?) la revêche Mme Fichini, onctueuse en apparence, abominable de froideur en privé. Elle en fait des tonnes dans ce rôle, on lui pardonne… Du côté des enfants, c’est évidemment la toute jeune Caroline Grant dans le rôle titre qui impressionne par son naturel, son petit minois et son abattage, cette petite fille porte quasiment le film sur ses toutes petites épaules, les autres finissant par lui servir presque de faire-valoir ! La réalisation de Christophe Honoré (dont je reconnais que je connais mal la filmographie) est pleine de bonnes idées comme l’utilisation d’une musique moderne sur des images d’époque (et ça fonctionne très bien) ou l’incursion d’images animées pour quelques animaux « victimes » de Sophie. Est-ce par clin d’œil à l’enfance ou parce que les hérissons et autre écureuils sont difficiles à apprivoiser ? Au fond qu’importe, cela apporte au film une touche enfantine pleine de fraicheur. Il a d’autres bonnes idées, comme celle de faire en sorte que certains de ses personnages s’adressent directement au spectateur ou bien encore, dans sa façon pudique de filmer le naufrage de la famille de Réan, en se servant de peinture. Son générique de début est empreint de classicisme alors que son générique de fin est inventif et malin, il crée ainsi un contraste amusant. Mais, parce qu’il y a un mais, il y a une chose que je ne comprends pas dans les « Malheurs de Sophie » tel qu’il a été projeté dans la salle de cinéma : le film est recadré en forme de carré ! Je m’explique, d’habitude le film occupe tout l’écran rectangulaire d’un grand écran de cinéma, du 16/9ème ultra amélioré en quelque sorte. Et bien là, le film tient dans un carré au centre de ce grand écran, de sorte que 50% de cet écran est noir est inutilisé de chaque côté ! Mais bon sang, mais pourquoi ??? A part à donner au film une tonalité « vieux téléfilm du temps des écrans cathodiques », je ne vois pas l’intérêt de cette étrange démarche. C’est bien la première fois que je vois un gâchis pareil ! C’est le seul bémol que je ferais sur la forme du film, mais il est de taille, sans mauvais jeu de mot. Côté scénario, « Les Malheurs de Sophie » a réveillé tous les souvenirs endormis que j’avais de cette jolie histoire, je me suis souvenu de tout : les poissons, la poupée, les ciseaux en or, l’accident de calèche, le thé avec l’eau de la gamelle du chien, la petite Marguerite de Rosbourg qui lui servira presque de souffre douleur, le cousin Paul, tout y est… L’histoire est charmante, les dialogues délicieusement surannés, tous ces petits enfants pétris de bonnes manière et de politesse, ça pourrait presque passer pour de la science fiction aux yeux du jeune public. C’est évidement cousu de fil blanc et pétri de bonnes intentions mais c’est un roman pour jeunes enfants, c’est logique et ça ne fait pas de mal de temps en temps. Le thème du film comme des livres, à savoir l’éducation des enfants, donne à Christophe Honoré l’occasion de rappeler quelques évidences comme l’inefficacité des châtiments corporels, ou que les enfants ne sont cruels que par ignorance et non par nature, ça non plus ça ne peut pas faire de mal que de le redire parfois.
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2016
Certes Christophe Honoré avait écrit pour la jeunesse ( mais des oeuvres mièvres), mais ses précédentes adaptations pour le cinéma de Georges Bataille ou de la princesse de Clèves n'auguraient pas de le trouver sur l'adaptation de ce chef d'oeuvre de la littérature bien pensante et aux allures un poil surannées. Sur l'écran, "Les malheurs de Sophie" ( et " Les petites filles modèles"), passées dans le tamis Honoré ont, il faut l'avouer, fière allure.
S'il a gardé toute l'esthétique de l'époque, des châteaux jusqu'aux costumes, l'histoire originale et ses célèbres bêtises, il a par contre sérieusement dépoussiéré l'ensemble, en envoyant valser tout le côté eau bénite ( il a juste gardé un abbé assez libidineux, joué avec gourmandise par Michel Fau)et donc moralisateur et les enfants trop sucrés et écoeurants de mignardises. Il apparaît à l'écran le remarquable portrait d'une petite fille entrée en résistance face au un monde d'adultes dont elle a parfois du mal à comprendre certains ressorts. En développant le rôle de la mère, neurasthénique et délaissée par un mari absent, le réalisateur apporte une touche d'ombre et de profondeur à une première partie franchement solaire. Et sans se départir de ce regard malicieux qu'il porte sur l'enfance, que la deuxième partie, franchement plus sombre et hivernale, complète le tableau en dévoilant une Sophie dont la volonté de fer la classe dans la catégorie des grandes héroïnes féministes ! Et ce n'est pas la seule prouesse de ce film ! On sent durant presque deux heures combien la caméra de Christophe Honoré s'est amusée à filmer ces enfants, tous absolument sublimes de naturels, jamais dans le cabotinage, toujours dans l'enfance.
La fin sur le blog
benoitG80

3 590 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2016
"Les Malheurs de Sophie", ce roman célèbre de la comtesse de Ségur, a semble-t-il séduit Christophe Honoré qui ainsi s'en est amusé, en réalisant un film espiègle et pétillant comme l'est aussi l'héroïne Caroline Grant, petite brune bouclée aux yeux noirs, vraiment unique et d'une aisance incroyable dans son interprétation.
Le cinéaste apporte sa marque de fabrique, détourne ou s'arrange des codes sacrés en vigueur par rapport à l'image ancrée dans la tête de ceux qui ont été bercés par le roman...
Prise de risque, justifiée, bénéfique ou pas ?
C'est en tous cas léger, frais, innovant souvent, déroutant parfois, mais toujours d'une justesse de jeu impressionnante au niveau des petits comédiens sur qui repose cette réalisation, et qu'a su diriger à la perfection Christophe Honoré !
Ça coule extrêmement bien, on est séduit jusqu'au cou par l'allégresse de cette petite troupe vaillante et adorable, que malmène tant bien que mal la délurée Sophie.
Par contre, c'est moins brillant côté adulte, aussi bien pour la mère de Sophie, Golhifsteh Farahani qui compose trop son rôle, que pour la belle-mère jouée par Muriel Robin.
Trop âgée cette dernière joue davantage sur ses expressions habituelles et ne fait pas passer toute la méchanceté larvée qui s'installe sur le temps et que Sophie endure, ce que l'on ressent d'ailleurs fort bien dans le livre, et ce point plus qu'important était pourtant essentiel ici...
Tandis qu’Anaïs Demoustier est elle, plus dans le ton et l'esprit du conte.
C'est d'ailleurs à ce niveau que les libertés prises dans cette adaptation (en plus du mélange des livres et du changement d'époque), pourront déranger l'amateur pur et dur de la Comtesse de Ségur qui sommeille en beaucoup d'entre nous...
Adieu cheveux raides et blonds, marâtre odieuse qui a tant fait pleurer Sophie et ses lecteurs.
Sur ce point, on pourra regretter ou pas, mais il n'en reste pas moins que rien que pour la présence magique de ces enfants, leurs rires édentés et leurs histoires, leur danse finale et leurs mimiques, on peut sans souci franchir le pas et entrer dans le monde de Sophie, revu et corrigé par Christophe Honoré dont la mise en scène, délicate, truffée de trouvailles est, il faut le reconnaître, pleine de poésie.
Joël P.
Joël P.

9 abonnés 72 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 novembre 2016
C'est bien simple : mes enfants étaient tordus de rire la plupart du temps. Et m'ont avoué avoir vu le film le plus mauvais de leur vie. Les animaux en animation ? Pas compris. Les acteurs qui parlent face caméra ? Pas compris. La cruauté gratuite de Sophie ? Pas compris (ma fille de 11 ans s'est demandée si Sophie n'était pas folle). Quant à moi, j'ai des doutes sur la santé mentale du réalisateur. Le choix du format est discutable avec une steadycam, ça manque d'envergure. Les prises de son sont déplorables, sans oublier la diction exécrable des enfants : ils récitent, font des erreurs, se reprennent. On croirait voir des rushs parfois.
Bref, ce film est plus qu'un navet, c'est une insulte au spectateur. En un sens, il rejoint l'autre navet du siècle : Vercingétorix. A ce niveau d'incompétence, on change de métier M. le réalisateur.
Le film d'Ariane
Le film d'Ariane

87 abonnés 179 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 avril 2016
Pour la première fois au cinéma, c'est aux enfants qu'il s'adresse. Il est en effet l'auteur de quelques romans pour la jeunesse (dont "J'élève ma poupée" à L'École des Loisirs), son intérêt pour la Comtesse de Ségur n'est donc pas surprenant. Il adapte ici deux livres de la romancière du XIXe siècle, "Les Malheurs de Sophie" et "Les Petites Filles modèles" : Sophie, petite bourgeoise espiègle et fantaisiste fait tourner sa gentille maman en bourrique, accumulant toutes sortes de bêtises avec son cousin Paul, sous l'œil horrifié de leurs trois amies, Camille, Madeleine et Marguerite. Mais la petite famille déménage "en Amérique", d'où Sophie revient orpheline, affublée d'une épouvantable belle-mère qui la martyrise (excellente Muriel Robin). Voilà pour le pitch. Évidemment, Honoré ne se contente pas d'une retranscription linéaire des aventures de cette chipie de compétition. Son regard sur l'enfance est aussi tendre et facétieux que les bouts de choux dont il tire le portrait. Cette petite fille incontrôlable est avant tout une défricheuse, une aventurière, une exploratrice. Toutes les expériences sont bonnes à vivre, quitte à exaspérer les adultes et à bousculer l'ordre du monde. Un monde mystérieux (et parfois effrayant) où les règles établies sont bien trop contraignantes et liberticides pour cette gamine à l'imagination débordante. La transgression est presque une question de survie… C'est aussi un conte douloureux, d'une intolérable cruauté que le réalisateur ne cherche surtout pas à gommer. Sophie (Caroline Grant, irrésistible) va payer très cher ses mensonges enfantins et sa soif de découverte. Cette double lecture permet au film d'échapper à la niaiserie qui guette mais dont Honoré s'affranchit grâce à de très belles idées de mise en scène (les incursions animées, la scène du rêve…) et à une direction d'acteur qui peut sembler approximative (les enfants) mais qui donne au final un résultat authentique et d'une grande fraîcheur. Cerise sur le thé à l'eau du chien, au savon et à la craie (miam !), la musique d'Alex Beaupain est superbe… Un film réjouissant, ravissant et délicieux.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2016
Rangés au rayon de la bibliothèque rose, les romans de la Comtesse de Ségur, s'ils n'ont jamais connu de totale désaffection, sont pourtant aujourd'hui beaucoup moins lus que dans le passé. Sans doute les juge-t-on vraiment trop désuets pour notre temps. Qu'a-t-on à faire en 2016 des robes en taffetas de la Comtesse et de ses petites filles modèles ? Cela semble vraiment très démodé.
Certes, mais l'un des mérites du film qui vient de paraître sur nos écrans, c'est précisément de changer notre perception et de réviser nos préjugés. En adaptant deux des romans les plus célèbres de la Comtesse de Ségur (« Les Malheurs de Sophie » et « Les petites Filles modèles »), Christophe Honoré, le réalisateur, invite à découvrir ou à redécouvrir, sous les apparences, ce qu'ont de moderne ces récits. Ces livres, qui ont été édités pour la première fois l'un en 1859 l'autre en 1866, parlent certes de petites filles de ce temps-là, mais avec des caractéristiques qui ne manquent pas de surprendre si l'on y réfléchit un peu. Etait-ce banal, au milieu du XIXème siècle, de raconter les aventures d'une fillette qui fait les 400 coups ? Etait-ce évident de la décrire colérique, menteuse, voleuse et même apte à traiter les animaux avec sadisme ?
Dans le film, comme dans les romans, la petite Sophie (Caroline Grant) va incorrigiblement de bêtises en bêtises malgré les remontrances de sa mère, Mme de Réan (Golshifteh Farahani). Par contraste, son cousin Paul, le petit garçon du roman, lui, se comporte avec beaucoup plus de sagesse. C'est la petite fille qui multiplie les tours tandis que le petit garçon se comporte comme un enfant sage ! L'une des premières scènes du film donne le ton : s'étant querellé avec Sophie, le petit Paul a brisé un vase précieux et, pour sa punition, est contraint de garder la chambre. Un peu plus tard, alors qu'il lui est proposé d'en finir avec sa punition et de rejoindre les fillettes, Paul juge qu'il mérite de rester enfermé et s'en va dans sa chambre lire l' « Emile » de Jean-Jacques Rousseau, pendant que Sophie et ses amies, elles, s'amusent comme des folles !
Je n'ai nul besoin d'en dire davantage pour souligner combien ce film met l'accent sur la modernité des récits de la Comtesse de Ségur et sur leur audace. On peut sans peine y distinguer deux parties qui correspondent aux deux romans adaptés par le cinéaste : la première, au ton plutôt léger, narrant les multiples sottises de Sophie, la deuxième, plus grave, racontant les sévices endurés par la fillette après la mort tragique de sa mère et son « adoption » par une belle-mère venue d'Amérique, Mme Fichini (Muriel Robin), femme acariâtre et adepte des châtiments corporels. Fort heureusement pour l'enfant, c'est, en fin de compte, la douce Mme de Fleurville (Anaïs Demoustier), qui sera sa protectrice et sa tutrice.
Aux qualités intrinsèques des romans de la Comtesse de Ségur, dont j'ai tenté de donner un rapide aperçu, il faut ajouter celles qui sont propres à l'oeuvre cinématographique qui nous est proposée. J'en détecte deux qui se complètent admirablement : d'une part le talent des acteurs et actrices, à commencer par le jeu superbe de la petite Caroline Grant qui interprète Sophie, d'autre part les judicieuses idées de mise en scène adoptées par le cinéaste qui nous livre un film le plus souvent pétillant de vitalité. Heureuse idée que d'avoir intégré au film des animaux en dessins animés, heureuse idée que d'avoir mis en mouvement des tableaux pour figurer la tempête qui scelle la fin de la mère de Sophie, heureuse idée que d'avoir introduit dans le film quelques chansons, etc. C'est un film plein de bonnes idées, oui, et qui, de plus, peut ravir tous les publics, les enfants (sauf peut-être les plus petits à cause de scènes quelque peu cruelles) et même les adultes ! 8/10
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2016
Je crois que j'aime tous les films d'Honoré que j'ai pu voir et celui-ci ne déroge pas à la règle, c'est peut-être même l'un des meilleurs et aussi, avant tout, un beau film sur l'enfance.

Parce que j'ai une marotte, "le jeu", voir des enfants jouer au cinéma, mais vraiment jouer, jamais on ne voit ça outre Atlantique (sauf dans Max et les Maximonstres), on peut les voir faire vite fait un truc, mais c'est toujours avec un message derrière ou pour faire avancer l'intrigue, ou alors c'est tellement court et inintéressant que c'est juste chiant. En France on arrive bien mieux à capter ce que c'est que le jeu, que l'enfance (et on n'est pas les seuls), on va plus facilement oser chercher un acteur amateur et pas un acteur qui tourne dans des pub colgate avec une dentition et une élocution parfaite... Et tant mieux parce qu'un enfant c'est spontané, c'est vif... C'est exactement ce que sont les gamins de ce film : spontanés, vifs, drôles, tristes, touchants, malicieux, désobéissants, farceurs, etc.

On aura beau dire, on aura beau faire, ça fait un film. Et ça fait même un très bon film. Parce que je suis désolé, mais chaque scène, à part une scène de merde qui était déjà dans la bande annonce avec Muriel Robin (mais je reviendrai sur son cas) où elle tombe de sa chaise... pas le truc le plus fou du monde niveau humour donc... tout le reste fonctionne à merveille et c'est un véritable régal à voir. Chaque scène offre son lot d'humour, de drôlerie, de tendresse, mais aussi de mélancolie, ou de tristesse, parce que forcément Sophie se fait gronder, elle se fait mal, ou elle fait quelque chose de mal... Et tout cela se mélange avec une grande inventivité, que ça soit les personnes qui s'occupent de Sohie qui s'adressent directement à la caméra, les animaux en dessin-animé et qui ont étrange plus de vie que ceux du livre de la jungle qui eux sont tout en numérique... On ne va pas se mentir, cet écureuil, on a pitié pour lui, comme on a pitié pour ces hérissons (et ces poissons aussi, mais eux ça doit être des vrais) et en même temps ça s'inscrit totalement dans le cadre d'un film sur l'enfance où finalement un animal n'est rien de plus qu'un bon gros jouet.

Les dialogues, je ne sais pas si c'est écrit ou si au contraire c'est de l'impro pour les gamins, mais c'est tellement juste, c'est exactement les phrases de gamins de 4 à 7 ans, avec les mimiques, les réactions qui vont avec. Je me crois vraiment dans la cour de l'école...

Les autres acteurs ne sont pas en reste, surtout Anaïs Demoustier, parce qu'on ne va pas se mentir, mais c'est une actrice géniale, lorsqu'on la voit on sent qu'elle transpire la bonté, qui de mieux pour jouer la douce et bienveillante Mme de Fleurville ? Golshifteh Farahani est juste magnifique en mère débordée par sa fille, mais qui l'aime quand même énormément et qui nous offre cette scène sublime où Paul retrouve Sophie qui avait fuguée et où Sophie dit un truc du genre : "Ma mère ne m'aime plus" ce à quoi Paul répond "Moi mes parents ne m'ont jamais aimé", cut, et l'on voit la mère en pleurs accourir vers sa fille...

Concernant Muriel Robin, j'avais de gros doutes, c'est quand même l'actrice qui sur l'affiche de son spectacle avait marqué "Tsoin tsoin", comme si ça pouvait faire rire quelqu'un... Alors oui elle est détestable, mais c'est son personnage et à part la scène que j'ai décrite plus haut où elle tombe de son fauteuil, mais c'était dans le scénario, elle n'en fait jamais trop et ça reste le personnage qui est détestable, pas l'actrice. D'ailleurs son personnage offre de vrais moments de gène absolue tant elle est violente et mauvaise tout en désirant en jeter plein la vue et donner des leçons.

La musique est encore une fois au centre du film et absolument géniale, surtout lorsque les gamins chantent avec leurs dents en moins et leur petites voix... ça t'égaille un film.

Et pour toutes ces raisons les malheurs de Sophie est un film absolument réjouissant, un régal continu de beauté, de tendresse tout en pouvant être assez dur par moments avec la belle-mère.

Le seul vrai défaut est un défaut assez inéluctable, c'est que les mois passent et que les enfants ne grandissent pas... mais bon...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 avril 2016
Un film d'époque en "cinémagique", un vrai petit bijou que ce Les malheurs de Sophie de Christophe Honoré. Le réalisateur fait revivre avec beaucoup d'originalité, de talent et d'ingéniosité le chef-d'œuvre de la littérature enfantine de la Comtesse de Ségur. Il nous enchante et nous émeut avec l'enfance de cette pauvre petite coquine de Sophie, à une époque où les enfants n'étaient pas les rois, surtout quand, comme Sophie, ils avaient le malheur de perdre leurs parents et tombaient sous l'autorité d'une exécrable marâtre telle Madame Fichini. Les images sont très belles, le casting est parfait, les enfants attendrissants, avec de bien douces et jolies mamans, Madame de Fleurville, Madame de Réan, Madame de Rosebourg mais aussi l'ineffable Madame Fichini ! Très bons seconds rôles également, j'ai été ravie de revoir l'excellent Michel Fau que j'avais beaucoup apprécié dans Marguerite. J'ai beaucoup aimé cette plongée dans l'enfance et dans le passé, j'y ai vraiment retrouvé l'esprit de la Comtesse de Ségur avec un plus, le coup de patte du réalisateur Christophe Honoré : une excellente et fructueuse association .
miouze
miouze

69 abonnés 164 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 30 avril 2016
J'attendais un film frais et drôle. J'ai trouvé un film ennuyeux, une succession de scènes à n'en plus finir, niais et mal joué, surtout les enfants, trop petits pour certains pour dire une phrase entière apprise par cœur . Il faut plus d'1h avant de voir enfin arriver Muriel Robin, qui est juste parfaite mais ne peut cependant sauver le film du naufrage.
PLR
PLR

556 abonnés 1 768 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2016
Beaucoup de qualités dans ce joli film sensible. Avec bien entendu Sophie / Caroline Grant qui crève l'écran. Attention, talent ! On la reverra sans nul doute la petite Caroline. Il n'est jamais aisé d'adapter un oeuvre littéraire au cinéma. Lorsqu'il s'agit d'un grand classique, la tentation et parfois l'erreur peut être de vouloir coller à tout prix au récit original. Ici, il y a du recul et une prise de liberté suffisante pour fournir une oeuvre spécifique de création, avec quelques astuces narratives.Les acteurs adultes ont su donner la réplique au enfants. Ce n'est pas courant et on voit d'habitude plutôt le contraire. Du bon cinéma qui décrochera quelques nominations et prix. Et puis même le générique est original, révélant une dernière fois la spontanéité des jeunes acteurs. Du plaisir.
Henning P
Henning P

82 abonnés 280 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 avril 2016
Les malheurs de Sophie réalisé par Christophe Honoré s'adresse à un public jeune de prime abord (d'ailleurs les enfants dans la salle étaient ravis à la fin de la séance). Pourtant à y regarder de plus près, un public adulte pourra y trouver son contentement. Pour se rappeler sa propre enfance assurément mais aussi pour la mise en scène et la modernité du ton malgré l'époque lointaine où se situe l'action du film.
On suit pendant la première partie du film, l'insouciance et les bêtises de Sophie, enfant de 5 ans qui déborde d'imagination et d'idées. Puis une seconde partie où cette même enfant se retrouve avec une belle-mère détestable et exécrable. On se prend d'affection pour cette petite qui respire l'enfance et la joie de vivre malgré tous les tourments qui ont pu la toucher.

Un film pour les enfants donc mais qui pourra plaire à un public plus adulte qui aime la sincérité et la simplicité des émotions. Même si l'on peut reprocher aux jeunes acteurs parfois de manquer de spontanéité. Mais un défaut vite rattrapé par leur complicité certaine et une joie de vivre toute enfantine.

13/20
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2016
Dès le générique, Christophe Honoré, avec ces lettres roses et tordues, cet écran rétréci au format d'une télévision, la sensation d'un voile sur la photographie, nous transporte dans une époque lointaine et universelle à la fois, telle qu'elle parcourt de nombreux téléfilms, et qui enchante le français moyen. Pour une fois, Honoré ne nous emmène pas dans l'univers feutré et parisien des bobos préoccupés d'art, d'amour, de sexualité de drogue, et de belles phrases. Le réalisateur devient une sorte d'enchanteur qui met en scène une petite actrice, absolument merveilleuse, Caroline Grant, raflant à Muriel Robin et à Anaïs Demoustier, la Guest Star. La jeune actrice, qui deviendra une grande actrice, assume avec légèreté un texte souvent littéraire et habite avec ferveur l'image. La mise en scène est habile, précise, faisant de cette adaptation une œuvre intéressante et plaisante. Le talent de C. Honoré vient de sa capacité à capter un texte pour enfants en le transformant en une sorte de comédie sérieuse pour tous les âges. Il joue avec les plans serrés, parvenant à restituer avec brio le texte original. Tous les grands enfants de 40 ans et plus reconnaîtront le livre de leur enfance, dont certaines scènes comme les poissons rouges découpés, la poupée aux yeux fondus, sont les Madeleine de tout à chacun. Le regret se situe dans la deuxième partie. Le film aurait gagné à être plus court, et surtout, Muriel Robin ne parvient pas à faire oublier la comique qu'elle est. Certes, son jeu est irréprochable, mais il est souvent caricatural, excessif, faisant de cette Madame Fichini un monstre stéréotypé. Les chansons qui parcourent le film rappellent la patte habituelle du réalisateur, jusque la principale, entonnée par les jeunes acteurs, qui hantera le spectateur une partie de sa nuit.
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 268 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2016
Les Malheurs de Sophie est l'un des meilleurs films de Christophe Honoré. A la fois naïve et cruelle, vaporeuse et fantasmatique, cette adaptation a à la fois le charme kitsch et le caractère ludique de certains films de Jacques Demy (on pense forcément à Peau d'Ane). Etrange film hybride ou le monde de l'animation rencontre la fantaisie musicale et ou le drame familial n'empêche pas les digressions grotesques (Muriel Robin plus subtile qu'il n'y paraît évite judicieusement la caricature attendue). Derrière le film pour enfants se cache une œuvre profonde sur la construction de soi, l'éducation et même le masochisme. A voir!
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 avril 2016
Dès les premières minutes, le film dégage un charme fou. Le choix du 4/3 est une très bonne initiative. Christophe Honoré se balade dans l'onirisme. Les enfants, en plus d'être mignons, crient, bougent, cassent, vivent. Le cinéaste rebute toute la part de classicisme et conventionnel pour en faire un film mal élevé et désinvolte. Les princesses Demoustier & Farahani y sont craquantes, comme la gouvernante interprétée par Laetitia Dosch. Une petite douceur vraiment appréciable.
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2016
De prime abord, voir Christophe Honoré réaliser une adaptation de la Comtesse de Ségur peut sembler déconcertant. Mais le réalisateur, en plus d’être dramaturge, est également auteur de romans pour la jeunesse. On sent dans ses Malheurs de Sophie un plaisir non dissimulé à retranscrire un classique à notre époque. C’est d’ailleurs ce qui fait la grande réussite de ce film, décomplexé et dénué de toute pression de transposition.

C’est donc avec joie que nous retrouvons l’impertinente Sophie, interprétée par une débutante emplie de charme et de spontanéité. Honoré la filme avec panache avec une caméra passionnée, toujours en mouvement, libératrice. A l’instar des actes de la jeune fille, insatiable quand il s’agit d’explorer le monde et de commettre des gaffes.

Mais toutes ces bêtises et ces initiations, le cinéaste les capte avec un grand sérieux. L’opération de sa poupée, le vol des affaires de toilettes de sa mère, la recette du thé… Ces étapes représentent pour Sophie un examen de passage entre la vie d’enfant et d’adulte. La mise en scène est à hauteur et voie d’enfants, tout semble être une question de vie ou de mort. Cette innocence pas encore perdue rappelle que l’enfance est comme un autre monde, une existence passée.

Filmé en format 4/3 pour rappeler une certaine nostalgie et souligner un ton classique, Honoré reste néanmoins dans une légèreté constante, sans oublier de faire de l’humour la pierre angulaire de son œuvre. Car il ne faut pas omettre que Les Malheurs de Sophie est avant tout destiné aux enfants. Et tandis qu’aujourd’hui, les adaptations « jeunesse » semblent vouloir crétiniser le public qui les regarde (Les Profs, Le Petit Nicolas), le réalisateur des Métamorphoses signe un film doux, simple et sincère.
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