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isakkk
17 abonnés
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4,0
Publiée le 20 juin 2016
Un film très sensible sur le sens de la vie, les décisions que l'on prend et qui nous suivent, le travail de la mémoire et de l'inscription de moments forts dans la construction de la personnalité des enfants. Le scénario est fort et les actrices parfaites, beaucoup d'émotions dans un film simple (pour Almodovar !)
Quel régal de retrouver un Almodovar dirigeant des femmes- des jeunes comme des âgées, des quelconques comme des beautés attirantes- et les observant toutes avec la même délicatesse, mais sans concession. Il leur a tissé un scénario rempli de décès, de séparations, d’amours blessés, de faux-semblants et de non-dits. Mère et fille, père et fille, mère et mari, tout y passe. C’est dense et dramatique, mais limpide. Un film plein, pas trop long, une maitrise dans l’exposition et le montage de ce long retour en arrière que nous raconte une femme marquée par les disparitions d’êtres chers. J’ai eu un peu de mal à accrocher au début avec le jeu d’Emma Suarez, l’une des nouvelles actrices du cinéaste, mais la patte de Pedro a fini par l’emporter. Rossy de Palma, dans un petit rôle, crève l’écran. Pas de remplissage ni de transition, l’écriture de Julieta fait succéder les scènes essentiellement intimes, dans des lieux clos ou dans un environnement urbain cadré serré. Même la mer est filmée derrière une fenêtre à petits carreaux ! Des touches de couleurs sublimes quand même, mais globalement on est loin de l’excès des années 80 et de la movida. Almodovar est apaisé, certes moins puissant que dans Tout sur ma mère, mais on retrouve ici la profondeur d’analyse de l’âme féminine qui a fait à juste titre sa réputation. Il n’a rien perdu de sa patte de créateur de scènes à la composition esthétique méticuleuse, offertes à nos yeux réjouis. La bande musicale allège plus qu’elle n’agresse. Un moment à ne pas rater. juin 16
Un tres beau esthetique, sensuel Almodovar. Peu bavard, touche profondement (la culpabilité, l'incomprehension, le ressentiment en famille - Julieta et sa fille, Julieta et son pere,...)
Ce film m'a laissée de marbre. Si on lui pardonne un scénario invraisemblable, on en ressort un peu vide, sans vraiment comprendre vers où le cinéaste a voulu nous mener. Pourtant, la thématique est intéressante, les acteurs sont bons et on retrouve une atmosphère mais quelque chose ne prend pas.
Julieta n'est pas un mélodrame, sinon un drame. Cette fois-ci, Almodóvar laisse de coté à Douglas Sirk, Fassbinder et Tennessee Williams, des grands référents dans sa filmographie. Il s'en sort, donc, sans ses éléments exagérés, limite parodiques, qui atténuent la douleur de ses récits chez le spectateur. Julieta ni torture ni bouleverse son public. Il est, tout court, le film le plus austère du cinéaste.
Julieta est une femme qui n'a pas de nouvelles de sa fille Antía depuis douze ans. Après tomber par hasard sur une amie de l'enfance de cette dernière, la protagoniste s'enferme dans un appartement pour remémorer comment sont-elles arrivées à ce point-là. Almodóvar crée deux lignes temporaires, une dans les années 80 et une autre aujourd'hui, où la première rattrape la deuxième dans une scène remarquable avec une serviette.
La maîtrise technique du réalisateur est notable même si'il n'utilise pas ses couleurs vivants, surtout le rouge, si proches du kitsch et si reconnaissables. Il évite aussi des techniques de montage sophistiquées quand il narre les deux ligne temporaires, comme celles dans Étreintes brisés et surtout dans le magnifique Mauvaise éducation. On dirait que le cinéaste veuille supprimer tout ornement qu'on associe à lui pour nous offrir un drame brut. Sauf que ce n'est pas le cas, car le film cache soigneusement ses intentions.
Trois événements hantent Julieta; un suicide, un accident et un abandon, par contre, le spectateur ne verra aucun, car tous se déroulent hors-scène. Almodóvar ne donne pas à sa héroïne l'opportunité de décharger pour qu'elle trouve son soulagement, on ne la voit pas extérioriser son chagrin. Même pas une seule scène comique dans le film pour se réfugier, une première pour Almodóvar, malgré les personnages hilarants de la bonne, Rossy de Palma, ou l'insouciante mère de Beatriz, amie d'Antía.
Julieta est un film hanté par le passée où les murs parlent, pareil pour ces Julieta écrit sa lettre. Une malaise qu'envahisse le spectateur petit à petit sans possibilité de soulagement. Le chagrin de mère et fille reste enfermé chez elles jusqu'à qu'il devient culpabilité, voici la clé du film. Cependant, cette composition, qui montre un Almodóvar plus en forme de ce qu'on croyait, transforme la sophistication et le soin pour le détail en un film plus courant que celui qu'on attendait //// Encore plus de fautes et d'erreurs sur le lien ci-dessous
Un très beau film d'Almodovar, de la veine de "La fleur de mon secret" et de "Tout sur ma mère", une œuvre sombre où les personnages féminins ont une force inouïe. La mise en scène, élégante et précise, est particulièrement attentive aux comédiennes, admirables.
Vu Julieta, le film visiblement signé Almodovar. Scénario élaboré, images léchées, mise en scène au cordeau, actrices nickel dirigées, déco minutieuse aux couleurs purement almodovariennes… Tout est parfait. C’est le défaut majeur du film. Dans la vraie vie, rien n’est jamais comme ça, archi fignolé ! C'est de ce désordre fondamental, existentiel, que naissent les émotions. Ici trop absentes.
Superbe portraits de femmes ...dans la ligné de ' tout sur ma mère " ....La vie, les incompréhensions, les espoirs, les amours, les blessures, etc.....
Malgré l’atmosphère et la patte du réalisateur, l'histoire se révèle lente et contemplative. Tout est trop net, trop précis, trop travaillé peut-être Pour ma part cela rends les situations caricaturales et le jeu d'acteur faux. Attention: je l'ai vu en version française et le doublage est digne d'une série B américaine, ce qui gâche vraiment le film.
Après un détour par le thriller et la comédie, Julieta permet à Pedro Almodóvar de retrouver son genre de prédilection, le mélodrame, et de renouer avec les grands portraits féminins. Construit sur un immense flashback, le long-métrage retrace le parcours du personnage principal pour devenir la femme dévastée qu'elle est en début de film. Le réalisateur s'affranchit de tout pathos pour raconter la vie de Julieta, comme il avait déjà pu le faire dans Volver. Au lieu de faire immédiatement éclater l'orage, Almodóvar prend le temps de montrer les nuages s'approcher, de plus en plus nombreux, jusqu'au premier coup de tonnerre. Cet assombrissement progressif permet aux personnages de se poser, d'exister avant et après les malheurs, ainsi que de manipuler avec douceur l'émotion du public. Sans forcément susciter une grande empathie pour son héroïne, le cinéaste parvient à faire comprendre ce qu'est l'absence, le vide. Il place le spectateur dans un état d'esprit étrange, comme un deuil qui serre le cœur mais qui ne génère pas une grande tristesse. Et à côté de cela, Almodóvar, fidèle à lui même, place son film dans son univers décalé, fantaisiste. Le réalisateur a bien compris qu'un monde triste n'est pas un monde statique, terne, où il pleut tout le temps, et se permet donc quelques éclats, comme la couleur toujours aussi présente, la scène du train à la limite du surnaturel ou tout simplement le changement d'actrice, qui fait sens tout en finesse. Bien entendu, Almodóvar garde les pieds sur terre et fait en sorte que son long-métrage soit uniforme. L'ambiance est maintenue tout le long, jusqu'à une conclusion tout en pudeur. L'espagnol réitère une fois de plus l'exploit de parler de thèmes graves dans un drame qui n'est jamais pesant. Sa façon de disserter sur l'absence reste fine et juste de bout en bout, à l'image de la musique, qui oscille vaillamment entre le tragique et le mélancolique tout en se faisant très discrète.
Plus sec que d'autres films baroques du cinéaste, "Julieta" est l'histoire de plusieurs deuils (deuil d'un inconnu, du père, de la fille disparue, de l'enfant) - tous liés à la question de la culpabilité - qui auront touchés l’héroïne en ce qu'ils auront eu une incidence sur la séparation avec sa fille Antía, qu'elle n'a pas vu depuis douze ans. Julieta va donc remonter le fil de sa vie, raconter tous les événements décisifs de cette fracture qu'elle avait pourtant oublié. Hormis une entrée en matière quelque peu décevante, le film devient de plus en plus poignant, du fait d'un mélange entre un univers formel chaleureux et une aspérité tenace dans le ton, qui donne lieu à des scènes magnifiques (Julieta en train de regarder la mer déchaînée, le passage d'une actrice à l'autre dans la scène où sa fille et Beatriz la sèchent) en ce qu'elle ne plombent jamais la douleur des personnages mais, au contraire, la font exister et permettent l'empathie du spectateur pour cette quête de rapprochement a priori impossible, pour cette lutte contre un destin impitoyable, qui ne cesse de sévir au fil des ans. La beauté de "Julieta" réside non seulement dans ses actrices mais également dans une maîtrise totale d'un récit plus dépouillé qu'à l'ordinaire pour Almodóvar, qui parvient à faire jaillir de sa sécheresse apparente une émotion sourde et intense.
Je ne connais pas de plus grand amoureux des femmes que Pedro Almodovar et elle lui rendent bien! Actrices XXL, interprétation tout en finesse, et une mise en scène qui renforce le malaise ambiant. A voir! Choisissez quand même un jour ou vous êtes en forme...