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Laurent A.
59 abonnés
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4,0
Publiée le 17 février 2019
Une toute petite histoire dans l'Histoire à la cour de la reine Anne d'Angleterre, au XVIIIème siècle et en des temps où la France et l'Angleterre se livraient bataille. L'interprétation de cette histoire de cour, de noblesse perdue puis retrouvée à la grâce d'une monarque plus puérile et idiote qu'humaine et éclairée, est surprenante. La reine au gré de ses faiblesses va finir par retourner une situation à l'avantage de celle qui est en disgrâce celai ne profitera au final qu'à une prise de conscience aussi réelle et authentique qu'attristante et effrayante : ce sont bien les rapports de pouvoir qui gouvernent les relations humaines particulièrement dans le domaine politique; aussi, et malgré toute l'intelligence et l'habileté que l'on déploie pour s'évertuer à composer avec, nul ne peut s'en échapper qu'au prix d'une remise en question volontaire ou subie. Le film est une vraie réussite esthétique, et la crudité, voire la cruauté de son propos sur fond de rivalité féminine en font une oeuvre éclatante d'authenticité. Ce qui se passe à la cour d'Angleterre pourrait tout aussi bien se passer dans n'importe quel palais d'Europe ou du Monde en des temps ou des lieux semblables ou différents, le message de fond demeure le même et illustre la perversité que l'âme humaine peut déployer pour tenter de conserver les acquis, la position sociale et le pouvoir sur ses congénères, mais n'est-ce pas finalement au prix du vrai sens de la vie, qui ne peut se retrouver que dans le retour à soi et à ses valeurs propres ? On pense à "Barry Lindon" de Stanley Kubrick pour l'esthétisme de la composition (décors, photo, costumes), on pense aussi aux "Liaison dangereuses" de Stephen Frears pour le jeu machiavélique des personnages et le rythme de l'intrigue. Bref une vraie réussite.
Un régal pour les esthètes. Une fiche de lecture pour réviser la vie politique anglaise au début du XVIIIe siècle. Un intérêt immodéré pour le sexe sans romance. Une sorte de Barry Lyndon au féminin où l’héroïne remplaçant le héros prive le spectateur de belles batailles (qui ne sont évoquées que de loin) pour concentrer l’action sur les alcôves. Un divertissement chic autour d’une histoire bien troussée.
le film tient autant des 3 actrices qui jouent les manipulatrices qu'aux faits historiques romancés et l'ambiance burlesque de l'époque.. avec peu de moyens la reconstitution semble réaliste , les enjeux politiques de expliqué suffisamment.. pour ce jeux de dupes et dupés captivant . l'image et la lumière sont géniales même si le côté abrute d l'histoire peut en recaler certains.
Un film atypique, au rythme du musique harmonique ou décadente, tout comme le sujet de ce scénario. La photographie est sublime et les trois actrices divines chacune dans leur rôle respectif : la reine, la favorite et la prétendante... Il coule du fiel dans les couloirs du château et les images sombres, obscures traduises cette ambiance étouffante. Un grand merci fort pour faire de film superbe.
Ce filme est magnifiquement réalisé, interprété et mis en scène. Très intéressant concernant l'Histoire de l'Angleterre et les sites historiques réels, très bien filmés.
Jusqu'où l'être humain est prêt à aller pour s'assurer pouvoir et richesse... jusqu'à se perdre et perdre les autres nous dit le dernier film de Yórgos Lánthimos. Pour gagner et garder les faveurs d'une reine Anne d'Angleterre affaiblie et malade, deux femmes vont se livrer une bataille feutrée mais sans merci. Dommage que le propos soit sur appuyé par une musique parfois pesante et crispante. La mise en scène par contre d'un faux classicisme accompagne très bien le propos de ce film d'époque (mais mâtiné de références modernes, comme la scène de danse lors du bal) où tout est déformé, maquillé, pervertit. Les 3 actrices principales sont magnifiques dans leurs rôles respectifs. Mention spéciale à Olivia Colman, qui a déjà vu sa prestation récompensée par plusieurs prix. Elle campe une reine Anne tour à tour apathique, tyrannique, faible, tendre, joyeuse avec brio. S'étirant en parfois en longueur inutiles et répétitives, le film aurait également gagné à être plus court et concis. Donc bien mais avec plusieurs bémols.
J'ai beaucoup hésité avant d'écrire mes impressions. Ma stupeur devant les louanges, d'abord, et mon admiration pour l'habilité du réalisateur qui a su se les attirer en dépit d'un produit aussi dénué de consistance. Ceci dit, je n'aime pas le dénigrement, et alors je me borne a exprimer des interrogations. Où est-ce que veut-il en venir le metteur en scène? Pourquoi ce film? Dans quel but? Persiflage, à prendre avec ironie quand même, des moeurs et de la vie de cour au sommet du royaume? des histoires de bonnes femmes au coeur du pouvoir?... Mais les turpitudes des lieux de pouvoir de tous les temps, ça on connaît. Evidemment, au nom de l'égalité des sexes il fallait bien que les femmes aient leur dû. Quant aux décors, à la recherche d'effet esthétique, à la stylisation, ma foi... il suffit de penser à Meurtre dans un jardin anglais, suggestif sans être un chef d'œuvre, pour ne pas citer Barry Lyndon, pour retrouver le sens de la réalité, et du vrai cinéma d'auteur. Deux étoiles juste pour le travail de la troupe et des acteurs.
Très bien joué. Belle histoire de foldingue attachante. Le combat a mort entre actuelle et future protégées de la reine est impressionnant, réaliste et on y croit ! Dommage que la fin m'ait laissé sur ma faim. Sinon les actrices sont excellentes
Yorgos Lanthimos s’attaque au film historique en costume d’époque avec l’histoire d’Anne d’Angleterre (Olivia Coleman) qui régnait au début du XVIIIe siècle et fut la dernière Stuart, ses 17 enfants n’ayant pu survivre longtemps. Le film respecte certains éléments historiques comme les crises de goutte de la reine. Sous l’emprise de sa gouvernante (Rachel Weisz) qui est aussi son amante, la reine ne gouverne pas vraiment. On voit le debut du parlementarisme avec les Whigs et les Tories qui se déchirent sur l’opportunité de continuer la guerre avec la France. La cousine désargentée (Emma Stone)de la gouvernante est admise à la cour comme servante mais va bientôt remplacer sa cousine en tant que favorite de la reine. Le réalisateur utilise toute la virtuosité permise par la caméra numérique avec un emploi systématique de l’objectif fish eye et des travelings permanents. L’objectif fish eye déforme la réalité qui devient un monde clos artificiel ce qu’est cette cour d’Angleterre avec cette vieille reine puérile. Il y a des passages comiques comme la course de canards d’autres inutiles. Drame cruel et féroce de femmes ambitieuses utilisant la sexualité lesbienne comme instrument de domination. Les hommes sont totalement dominés. La photographie est magnifique.
Déçu par cette oeuvre de Yorgos Lanthimos qu'on a connu beaucoup plus inspiré et caustique. Même si la monstruosité humaine qu'il affectionne se cache dans les interstices de ce film en costume, cette histoire d'aristocrate déclassée qui rumine sa vengeance dans les couloirs d'un château filmé inutilement au fish-eye finit par lasser. La fin se devine dès les premières minutes et les saillies verbales ne sont pas à la hauteur d'un "Liaisons Dangereuses" ou d'un "Ridicule". Seule l'interprétation des personnages empêche l'oeuvre de sombrer dans un océan de naphtaline.
Excellentes actrices avec une interprétation époustouflante, des costumes intéressants dans leur modernité. Une sujet qui sort des sentiers battus : deux femmes qui emploient tous les moyens pour gagner les faveurs d'une reine malade et assurer ainsi leur réussite personnelle. Mais la perception du réalisateur ne m'a pas convaincue, ni embarquée dans cette proposition. Mon ressenti est assez négatif. Même si la période traitée se veut décadente, le film ne traite que de la gamme obscure des personnages . c'est assez cruel dans l'ensemble.
Pas de passage à Cannes cette année pour le retour de Lanthimos comme il avait été le cas pour « Mise à mort du cerf Sacré » en 2017, le film a été présenté en septembre dernier à la Mostra de Venise. Remportant au passage la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour l’excellente Queen Anne, interprétée par la formidable Olivia Colman. À la faveur des servantes, dans la chambre se livre au pied du lit la guerre des sentiments et des attouchements on y prend souvent son pied. Même à travers l’absurde, cela ne déroge pas à la règle qu’il n’y a qu’une seule reine à la fin du règne. Cynique au possible, la confrontation entre Emma Stone et Rachel Weisz est assez délicieuse dégoulinant d’une cruauté qui ressemble tellement à son réalisateur. Ce qui peut être une qualité, mais qui pour la première fois dessert son film. L’impression que Lanthimos se languit de faire du sale, que cela soit dans la mise en scène où l’inspiration semble s’évaporer à mesure qu’il s’éloigne des corps ou alors le bruit de fond inaudible et bien horrible de Johnnie Burn( Coordinateur de la musique). Cette sensation de vouloir à tout point choquer ou déranger son spectateur et qui finalement dessert complètement le récit comme si son œuvre avait besoin d’être enlaidi pour lui ressembler. Cependant, malgré certaines longueurs le film resté passionnant par son trio d’actrices, mais aussi par le travail remarquable de Robbie Ryan( Directeur de la photographie.
Prenez les trois Grâces, donnez-leur de la puissance, des dents et des griffes, et vous obtiendrez la trinité royale ici dépeinte. Une reine et ses deux favorites. Les hommes ? Dans ce tableau historique, ils sont bien peu de chose, relégués, réduits à l’état de précieux ridicules, de bouffons ou d’alliés de circonstance.
C’est du cinéma, indéniablement mais misogyne, volontairement répugnant. Tout le monde est laid, sale, physiquement ou intérieurement mais personne n’est à sauver. Le cinéaste se regarde filmer et ses effets appuyés et ampoulés (fisheye) sont lassants !