Dès les premières minutes du film, on comprend parfaitement où il veut nous emmener. Un patron d’agence parisien se retrouve contraint de déménager dans une banlieue « difficile », et tout de suite, on sait ce que le message sera : casser les clichés, montrer que la banlieue, ce n’est pas ce qu’on croit, qu’il y a des gens bien derrière les façades grises. Très bien. On a déjà vu ça, on connaît la recette.
Mais ici, on pousse encore plus loin.
Ce n’est pas seulement une tentative de réhabilitation de l’image des quartiers : c’est une vraie complaisance. Les délinquants ? Sympas. Les criminels ? Fréquentables. On nous sort l’excuse bien rodée : “Oui, ils font des bêtises, mais c’est parce qu’ils n’ont pas eu les mêmes chances. Et au fond, c’est presque eux les héros. On marche sur la tête.
Autre refrain bien connu :
“La banlieue, ça forge. Tu en ressors grandi, droit, prêt à affronter la vie." Une sorte d’armée de substitution ? Peut-être, mais alors pourquoi les zones les plus violentes de France sont justement ces banlieues ? Le film semble ignorer cette réalité, préférant l’enrober dans un discours positif à tout prix.
Idéologiquement, c’est même plus caricatural que je ne l’imaginais, bien que ce ne soit pas une surprise quand on regarde qui est derrière la caméra.
Cela dit… est-ce que j’ai passé un mauvais moment ? Pas vraiment. J’ai ri, parfois franchement. Certaines situations fonctionnent, les acteurs s’en sortent bien, et il y a un rythme qui fait que ça passe. J’étais peut-être bon public ce jour-là, mais malgré tout je ne peux pas passer outre l'idéologie du film