Après être passé du côté de chez Marvel, James Mangold s'attaque cette fois-ci à un biopic traitant de sport automobile. "Le Mans 66" est un film que j'ai longtemps hésité à voir, n'étant pas franchement très intéressé par son sujet. Pourtant, le temps m'aura rattrapé et, après l'avoir enfin découvert, je suis bien obligé de reconnaître la très bonne qualité de ce dernier. Ce qui me faisait peur, c'est le potentiel angle que pouvait aborder le long-métrage. Traitant d'une victoire écrasante de Ford au Mans, face à leur concurrent direct qui est Ferrari, j'avais peur de visionner un énième projet pour louer les États-Unis sans aucun recul. Ce genre de film est très fréquent à Hollywood, et la plupart ne sont pas très subtils avec cette idée. On se contente de dire que l'Amérique est géniale, et c'est tout. Cependant, j'ai été très surpris de voir que ce projet prenait une direction très opposée à cela. Effectivement, l'histoire traite de ces événements, mais elle ne cherche jamais à enjoliver les choses. Au contraire, puisque plusieurs fois au cours du scénario, la méthode américaine va se montrer inefficace et complètement hors de propos. À la place, le film cherche donc bien plus à redonner ces lettres de noblesse à l'homme derrière cette victoire et que l'histoire a peut-être trop laissé de côté : Ken Miles. Interprété à merveille par Christian Bale, le long-métrage est donc bien plus humain que prévu. Certes, on reste dans un esprit où l'Amérique gagne, mais nous sommes bien plus confrontés à une sorte de relecture du rêve américain. On va suivre ce garagiste avoir sa chance, les enjeux sont donc importants, et autant dire que le film saura les maintenir. Si la première partie possède quelques longueurs, elle n'est pas du tout inintéressante. Pendant la première heure, le film se concentre essentiellement à expliquer en quoi Ken Miles fut important. On se retrouve parfois face à du jargon technique dans les dialogues, mais tout reste compréhensible. On comprend vite où le film veut en venir, et on finit même par s'attacher à toute cette petite bande. J'ai déjà parlé de Christian Bale, mais j'ai également aimé le personnage interprété par Matt Damon. Je trouve que leur association est d'ailleurs très efficace, et que l'on y croit. Petit mot également sur la bonne performance de Jon Berthal, que je prends de plus en plus de plaisir à voir au cinéma ces dernières années. Par conséquent, tout cet assemblage d'éléments réels et de remise en contexte n'est là que pour amener à la seconde partie. Celle-ci se veut bien plus spectaculaire, et ce n'est pas pour me déplaire. Avec beaucoup de nervosité, James Mangold offre de superbes séquences de courses. On se sent investi au sein de celles-ci, notamment par un montage très dynamique. On passe rapidement de notre personnage, à la piste, en passant par le stand, tout en ne perdant jamais le fil de ce qui se passe. La multiplication des points de vue aide donc à augmenter la tension, et à maintenir notre intérêt. Alors, que ce soit sur le plan personnel ou dans sa représentation de la course du Mans, le film est un très joli succès. Il est particulièrement efficace dans son exécution, et il réussit à rendre un hommage vraiment poignant à l'homme qui a permis tout cela. Pour conclure, un biopic vraiment réussi.