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David B.
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3,5
Publiée le 7 juillet 2019
Comment s'est organisée la lutte d'une poignée d'hommes pour obtenir justice sur les actes pédophiles qu'ils ont subi dans leur enfance par un prêtre. Une lutte méticuleuse bien décrite, pour faire également tomber les membres de l'Eglise qui ont tu ces agissements.
L' éclectique François ozon s' attaque ici au pamphlet social en s' inspirant de faits réels pour évoquer la pédophilie au sein de l' église. C' est une nouvelle fois en faisant preuve de sobriété que le cinéaste est juste et nous touche. Dialogues toujours justes et interprètes remarquables, le cinéaste a la bonne idée de s' attarder sur chaque protagoniste l' un après l' autre. Il est intéressant de voir que chaque victime ainsi que leur entourage réagissent différemment. Un très beau film, touchant et sensible.
La pédophilie (cette dépravation qui mériterait, ainsi que le souligne le personnage figurant le cardinal Barbarin, d'être désignée autrement, puisque l'amour des enfants, selon l'étymologie du terme en question, n'a rien à voir en l'affaire !) est un phénomène touchant toutes les couches de la société, et d'abord, compliquée alors par l'inceste, le cercle familial... puis celui des familiers (amis, voisins...), et, de façon générale, très souvent, des adultes en contact d'habitude avec les jeunes victimes (encadrants sportifs, moniteurs de colos, enseignants, ministres du culte....). Ozon (qui a eu une éducation catholique, et en a peut-être nourri quelque animosité personnelle - ?) décide d'aborder cette délicate question en archétypant l'adulte "de confiance" qui abuse de cette position pour pervertir des innocents : ce sera le père Preynat (qui vient tout juste d'être renvoyé de l'état clérical, alors que je visionne, tardivement, le film, en ce début juillet 2019). Au-delà de ce triste fait-divers, c'est évidemment la hiérarchie du prêtre qui est l'objet de la charge, archétypée, elle, dans la personne du cardinal Philippe Barbarin. Soulignons quand même, au passage, que l'Eglise, sous le pontificat de Benoît XVI (François n'ayant fait que suivre), a su s'emparer du problème.... quand d'autres religions, a priori concernées elles aussi par ces bien vilaines pratiques de certains de leurs desservants, continuent de pratiquer une stricte omerta... Quant aux autorités civiles, comme le "Mammouth", mettre la poussière sous le tapis est une de leurs activités habituelles ! Ceci posé, quid de ce "Grâce à Dieu" (selon la parole malheureuse de PB, relevée complaisamment par la presse laïcarde) ? Dire que Ozon déçoit en la circonstance est encore de l'ordre de l'euphémisme... Prétendant sans doute à l'impartialité, avec un déroulé quasiment par le menu de la genèse d'un volet judiciaire largement corrompu par la prescription, et donc passablement capillotracté quant à son déroulé, le cinéaste fait dans la "distance" documentaire. C'est long, très long, fastidieux, et sans point de vue d'auteur - au mieux, c'est du travail journalistique (sur une affaire pendante !). Et l'on s'ennuie copieusement ! Une (petite) étoile pour certains interprètes - Swann Arlaud surtout, qui convulse avec beaucoup de conviction....
J'ai trouvé que le film était beaucoup trop long, et qu'il a fallu étirer les intrigues au maximum, voir en rajouter, pour que le temps dépasse les 2h. Le sujet est sensible, et en s'y attaquant frontalement Ozon, à travers 3 personnages successifs, manque à créer une dimension emphatique autour de ses protagonistes. Je n'ai pas bien compris pourquoi il était nécessaire de préciser pour chaque couple des soupçons d'infidélité.
Grâce à Dieu est un film magnifique de justesse et d'émotion. C’est un film que je conseille de voir car tout y est, la prouesse du réalisateur et des acteurs. Rien n’a été gâché comme souvent quand c’est made in french lol. Bravo, tout en ayant une pensée pour ceux qui ont été victimes de ces institutions.
Francois Ozon confirme depuis quelques films notamment Dans la Maison et surtout Frantz qu'il est un grand réalisateur . Ce film très documenté raconte les nombreuses agressions sexuels commises par un prêtre sur de jeunes scouts pendant les années 80 .C'est un récit impeccablement orchestré qui montre tour à tour trois victimes ( Melvil Poupaud ,Denis Ménochet et Swann Arnaud tous très convaincants ) ayant subi des dommages psychologiques et physiologiques plus ou moins importants et qui décident de porter l'affaire en justice devant l'absence totale de sanctions contre le père Preynat et qui vont libérer la parole grâce à une association . Francois Ozon dénonce la pédophilie de certains prêtres eux mêmes protégés par la hiérarchie de l'église mais n'en fait pas pour autant un film anti religieux . Pourtant les différentes confrontations du prêtre avec ses victimes sont assez terribles et les mots du cardinal Barbarin lors d'une conférence de presse " Nous sommes confrontés à des faits anciens , et grâce a dieu ,tous ces faits sont prescrits " le sont encore plus ....
Film témoin, attaché au factuel et particulièrement à la souffrance des victimes en quête de justice, " Grâce à Dieu", tiré de la phrase maladroite prononcée par le Cardinal Barbarin à propos de la prescription des faits, plonge le spectateur dans la souffrance des jeunes scouts abusé dans leur enfance, dont les séquelles ne se sont pas amoindries malgré les années. Sans facilité ni scènes chocs, François Ozon déroule la naissance de cette association, l"Omerta de l'Eglise comme le silence de la haute société lyonnaise catholique. Un film troublant, puissant, bouleversant, qui résonne encore dans l'actualité chaque jour dans le monde.
J'ai souhaité regarder ce film afin de comprendre comment le réalisateur allait travailler ce sujet, qui, comme on peut le voir tout le long du film, est encore sensible aujourd'hui. Un seul mot me vient à l'esprit...Incroyable. Nous sommes épris par le combat que ces victimes diffusent par tout les moyens possibles. Je suis particulièrement touchée par la délicatesse de l'étude de ce sujet mais également par le fait que l'Eglise n'est pas totalement "montrée du doigts". En effet, il a fait attention d'une part, à ne dénoncer que les personnes incompétentes, qui, il faut l'avouer sont nombreuses ( au sein de l'Eglise mais également dans les familles ) et d'une autre part, à mettre en avant le fait que de nombreux prêtres sont innocents, afin que les amalgames cessent. Les acteurs nous apportent une grande sensibilité et semblent prendre part au combat, ce qui permet au film d'être authentique. Une merveille, qui élève les consciences.
François Ozon aborde dans « Grâce à Dieu » un sujet d’actualité brûlant : la pédophilie au sein de l’Église Catholique. Avec beaucoup de tact, le film rend compte du drame vécu par plusieurs victimes du prêtre Preynat (actuellement sous le coup de poursuites judiciaires) et surtout de leur combat acharné pour briser la loi du silence au sein de l’institution représentée par le cardinal Barbarin, autre personnage central du film. L’inaction de l’Église et son incapacité à prendre en compte la souffrance de ces victimes devenues adultes sont flagrantes et elles scandalisent. A quel niveau (justice divine, justice des hommes) de tels crimes doivent-ils être jugés ? Le film rend particulièrement bien compte de cette tension. Par ailleurs, une grande émotion touche le spectateur, grâce l’interprétation magistrale des acteurs, Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud en tête. Ils parviennent à faire comprendre tout le poids du non-dit et des ravages du secret, de la souffrance tue pendant des années. On comprend aussi que les démarches qu’ils entreprennent sont une étape vers une forme de libération et de réparation. Un chemin vers la vérité qui est universel.
Je pense que c'est la meilleure histoire que j'ai jamais vue. Plus que cela, j'ai adoré la manière dont Melvil Poupaud joue sur ce film. Il fait de son mieux pour que le public se tire les cheveux
Ce film est tiré d'une histoire vraie et cela rajoute encore plus à sa dimension dramatique et à l'urgence et la nécessité de le visionner.
Il m'a touché évidemment par son propos et par le cheminement des victimes chacune à leur façon. Mais il m'a avant tout scandalisé par le silence terrible de l'église et par cette façon d'être coupable mais de se cacher derrière de faux arguments pour faire bonne figure.
On ressent très vite l'engrenage de culpabilité que ressentent les proches et les victimes et à quel point il est difficile de s'en sortir. La deuxième partie du film est plus salvatrice mais m'a d'autant plus ému, c'est un grand un cris d'encouragement pour se battre mais aussi et surtout pour libérer cette parole trop longtemps enfouie.
L'interprétation est toujours juste et j'ai beaucoup aimé que François Ozon représente une palette de victimes différentes. Vous l'aurez donc compris, je vous conseille vivement ce film qui est intelligent et subtil et je vous propose d'en parler et d'en débattre en maximum autour de vous.
Remarquable de justesse ! Ni froideur ni pathos , ni caricature nii militantisme. En plus tres bien filmé et des acteurs qui habitent les personnages et s'effacent devant eux . Bravo ! Un grand film
Ce film a le mérite de mettre en lumière ce qu'on ne veut pas voir ni savoir de l'église catholique, surtout en tant que croyant. Au-delà, cela pose la question de la perversion propre au pouvoir. Un film engagé sans être dans la démesure critique.