Eté 85
Note moyenne
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469 critiques spectateurs

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88 critiques
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Nathibal Lectrice
Nathibal Lectrice

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 juillet 2020
Gros coup de coeur pour le dernier "François Ozon".
Magnifique, poétique, romantique, esthétique, dramatique, superbement filmé...
Ça fait un peu (beaucoup) penser à du Xavier Dolan... Avec une scène culte hyper émouvante. spoiler: Je n'écouterai plus jamais "Sailing" de Rod Stewart de la même façon.
luclem1998
luclem1998

2 abonnés 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 juillet 2020
Décidément, l'amour inspire le cinéma francophone : après Jumbo et La Nuit venue, c'est au tour de François Ozon de s'essayer au film romantique. Evidemment, le nouveau long métrage du réalisateur est de loin le plus abouti et celui qui restera le plus longtemps en mémoire. Tout d'abord, parce que la promesse d'une romance d'été est brillamment tenue. En effet, Ozon capte avec simplicité mais souffle toutes les étapes d'un amour d'été, du premier amour : attraction, fascination, passion, même la lassitude inévitable. Ozon a d'ailleurs bien fait d'utiliser la pellicule : les couleurs n'en sont que plus vives, plus belles, la luminosité est magnifique, la photographie sublime. Le cinéaste joue avec sa caméra et saisit avec brio toutes les nuances de lumière du soleil. On peut aisément qualifier son film de solaire, organique, sensoriel, sensuel aussi. Les corps sont mis en avant, érotisés mais sans aller vers la perversité. Ozon saisit les courbes et les formes des deux jeunes héros, l'émoi visible sur leur corps, les visages sont scrutés avec une vraie attention.

La qualité de la mise en scène rend d'ailleurs hommage à la Normandie où se déroule l'intrigue du film : elle a rarement été aussi bien mise en valeur, tellement superbe qu'on se croirait autre part, dans une autre dimension. C'est la grande qualité du film : le réalisateur parvient à saisir cet instant présent, celui de l'été, d'en montrer l'effervescence, l'exacerbation des sentiments et sensations des personnages, de construire une sorte de bulle autour de cette ville balnéaire. Il réussit à rendre cette histoire hors du temps, et d'un autre côté, toutes les scènes ont un lien avec cette histoire d'amour brève mais intense. Le film ressemble ainsi véritablement à un souvenir d'été, celui de la vie du réalisateur comme celui inscrit dans le livre dont est adapté le film : la sincérité de l'histoire d'amour, son évidence, son réalisme mais aussi le fantasme d'un amour perdu et incandescent vécu à fond. Grâce aux deux acteurs, prodigieux chacun dans leur registre, on croit à l'histoire d'amour, à l'alchimie, à la connexion qui se crée entre les deux jeunes garçons.

En effet, Benjamin Voisin se révèle magnétique. On sent à chaque scène que son personnage est prêt à croquer l'autre. Il dégage une énergie vitale assez dingue. En face, Felix Lefebvre ne démérite pas : il rend le héros tantôt agaçant tantôt touchant comme son comparse mais saisit cet esprit espiègle, réservé, tendre et en même temps intense de son personnage. Il surpasse la prestation de Benjamin Voisin car il est plus subtil mais non moins bouleversant. Les deux acteurs ne font pas que rendre l'alchimie des deux héros évidente. Il réussissent à témoigner d'une attraction/répulsion inévitable mais poignante dans la deuxième partie du film. Benjamin Voisin, à l'aise avec son corps, contraste avec Felix Lefebvre, un peu maladroit et hésitant. Le côté féroce, farouche et excité de David est renforcé par la douceur et l'introversion d'Alex. Les deux acteurs se renvoient la balle, magnifiant la prestation de l'autre. Ozon questionne l'amour à travers ce film plus qu'avec aucun autre. Les deux jeunes garçons n'aiment pas la même chose : spoiler: Alex aime être avec David, il aime l'idée de David, son charme, sa personnalité, il serait prêt à n'importe quoi pour lui. Son amour consiste en un mélange de désir, de fascination et de tendresse. A l'inverse, David aime traîner avec Alex, faire une multitude d'activités avec lui. David souhaite multiplier les aventures pour mieux savoir ce qu'il cherche tandis qu'Alex est éperdument épris de David, possessif, jaloux.


C'est là que l'histoire d'amour que conte Ozon est déchirante : une fois passés l'émoi et l'euphorie, une profonde tristesse, une dureté presque cruelle de la part des deux garçons l'un envers l'autre vient envenimer leur relation. Le rôle de Kate vendu comme responsable d'un triangle amoureux dans la bande annonce est bien plus riche que prévu. Le triangle amoureux ne dure que quelques minutes mais c'est la naissance de l'amitié entre Alex et Kate qui va redonner de la vie au récit et au film. Leur relation est touchante car ils souffrent à des degrés différents de la perte de quelqu'un et se soutiennent comme ils peuvent. La complicité qui croit entre les deux fait plaisir à voir. Le lien est certes moins fort, exempt de passion, mais toutefois moins toxique finalement que l'amour qui unissait les deux garçons. Les péripéties d'Alex et de Kate dans la troisième partie du film apportent un regain de personnalité au film : le travestissement d'Alex est une excellente idée, un peu inattendue, qui permet de donner lieu à une très belle scène entre Alex et sa mère. Les personnages de mère sont d'ailleurs très bien écrits : la mère d'Alex est réservée, peu bavarde mais comprend très vite les choses, la mère de David est extravagante, pleine de vie et de joie. Les deux héros sont ainsi le reflet de leur mère, à qui ils empruntent beaucoup. Isabelle Nanty et Valeria Bruni Tedeschi s'en sortent d'ailleurs très bien avec leur rôle, la première à l'opposé de ce dans quoi on a l'habitude de la voir jouer, et la seconde à l'aise dans ce qu'elle sait très bien faire.

La construction en flash backs peut en agacer certains. Je l'ai trouvée justifiée car l'histoire, dès la première scène, est racontée à la première personne avec ce que ça induit de souvenirs réels ou fictifs. Dès la première scène, Alex brise le quatrième mur et permet de s'identifier à lui, de ressentir ce qu'il vit tout au long du film. Au fond, Ozon est bien plus passionné par Alex que par David : le caractère mortifère du jeune garçon, le double deuil qu'il traverse, l'intensité de ses premiers émois amoureux sont captivants. Ozon utilise avec brio la bande originale notamment la chanson de Rod Stewart : Sailing. Elle apparaît à deux reprises : lors d'une scène de danse déchirante et mélancolique à deux, lors d'une autre aussi fougueuse, romantique que morbide. Si je devais faire quelques reproches au film, c'est le traitement de l'enquête par Ozon. Révéler la clé de l'histoire au milieu du film, élever un mystère dès la première scène n'est pas le problème. Le traitement de la justice et de l'investigation est traité avec trop de distance, de manière trop superficielle voire quasiment ridicule avec le personnage problématique de l'éducatrice, si bien qu'on s'en désintéresse comme le réalisateur apparemment.

Pour plus des critiques des films qui font l'actualité, rendez-vous sur :
http://cinedelirious.blogspot.com/
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 31 juillet 2020
Très bon film, bien réalisé, qui nous replonge dans les années 80.
Nous avons passé un très bon moment !
Yann B
Yann B

47 abonnés 69 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 juillet 2020
Le manque de profondeur du film ne m'a pas permis d'avoir d'émotion. Ozon ne développe pas assez des thèmes intéressants. Oui quand on a une "gueule d'ange" les manipulateurs ne sont pas loin. Comment dans ce cas grandir psychiquement et moralement? Comment reconnaître l'autre dans une relation d'altérité? Comment ne pas confondre être amoureux de l'Etre et non de la belle apparence. Cela pouvait être approfondi. Et dommage les acteurs ne sont pas toujours bien dirigés et cela ne sonne pas juste. Les sourires sont surfaits et forcés, surtout pour David. Ozon pouvait faire mieux.
Aubert T.
Aubert T.

143 abonnés 159 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 30 juillet 2020
Ozon est décidément incapable de transmettre ne serait-ce que le début d'une émotion. En vérité, on se fout totalement du destin de ces deux garçons, et la raison pour laquelle David va mourir - c'est annoncé dans les 5 premières minutes du film, mais il est tellement antipathique que sa mort est presqu' un soulagement.
La direction d'acteurs ne semble pas la première préoccupation d'Ozon, et hélas, ça pèse énormément.
On n'est pas loin du nanar.
Laurent D
Laurent D

4 abonnés 118 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 juillet 2020
Une grosse déception pour moi. Après avoir entendu des critiques dithyrambiques à son sujet, je m'attendais à quelque chose de nettement mieux. Les acteurs sont pas mauvais mais loin d'être excellents. La mise en scène est mollassonne et la plongée dans les années 80 trop discrète. François Ozon nous a habitué à bien mieux.
Yoh R.
Yoh R.

4 abonnés 100 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2020
Suite à son naufrage, Alexis rencontre David et les deux jeunes se rapprochent. Si la romance se met en place rapidement (peut-être un peu trop), elle se montre tendre, émouvante. Des le début du film, le drame est éventé par une voix off et des flashs backs qui alourdissent le rythme. Mais tout cela renforce l'effet poignant du film, ce qui l'éloigne de lamourette estivale à laquelle je m'attendais. Si la romance coche à peu près toutes les cases de la romance débutant classique, elle le fait avec tact. François Ozon a réussi à insuffler une belle ambiance à son film, notamment grâce à la belle photographie (rendant le film plus esthétique que la plupart des films français) et la bande son entraînante composée de titres qui m'étaient inconnus (j'aurais apprécié encore plus de tubes 80s). Les deux acteurs principaux sont excellents (bien accompagnés par les mères jouées par l'excellente Isabelle Nanty et Valérie Bruni-Tedeschi), notamment Félix Lefebvre dans son rôle d'ado se découvrant. Benjamin Voisin (David) prouve encore son talent, après la série Fiertés, de nouveau sur la thématique LGBT. Mais plus qu'une romance gay, ce film poignant est surtout une réflexion sur le découverte de soi, sur la gestion des relations humaines, sur la reconstruction.

Un beau film émouvant, qui donne autant le sourire que la mélancolie, non sans défauts, mais à voir pour ses personnages.
Pascal D.
Pascal D.

2 abonnés 20 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 juillet 2020
Je me sentais comme Margot Robbie/Sharon Tate dans le dernier Tarantino: heureux de voir une nouveauté en salle et pas un nanar , alors quelle déception! En 85, y avait pas de mamans comme la Bruni-Tedeschi, Ozon fantasme ! Par contre ( autre actrice qui m'horripile, mais plus sobre que dans Astérix...), Isabelle Nanty correspondrait davantage à la réalité , comme le prof de français qui croise les jambes sous la table du café... Acteurs secondaires qui font ce qu'ils savent faire, jamais plus. Les deux gars sont séduisants, bien éclairés , et...leur histoire totalement invraisemblable si l'on s'en tient à l'aspect réaliste suggéré par le titre ( la scène de la morgue ou celle du slip baissé sont grotesques, non mais personne le voit?!) L'unique moment à sauver intégralement: le walkman posé sur les oreilles d'Alexis en discothèque... Je reste fidèle aux Huit Femmes!
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 juillet 2020
Très beau film ; après avoir vu "Le colocataire" que j'ai trouvé complètement nul ça fait du bien de constater qu'un même sujet peut déboucher sur un chef d'oeuvre ...Magistralement interprété , un zeste de suspens , beaucoup de nostalgie et de tendresse ... j'ai adoré ....
Michael D
Michael D

19 abonnés 40 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 29 juillet 2020
J'ai beau lire et relire les critiques et ne comprends toujours pas ce qui a pu plaire à ceux qui ont fait une critique élogieuse et comment un tel film a-t-il pu être sélectionné à Cannes.

Pour moi, les acteurs jouent faux, certainement parce qu'ils sont embarqués dans un scénario creux, beaucoup trop classique (l'histoire d'un ange manipulateur qui séduit un naïf et le fait souffrir). On ne croit pas une minute à leur passion, ni à ce personnage d'ange voyou archi-caricatural dans un film qui se veut sérieux, ni pourquoi ils s'attachent l'un à l'autre (même si bien sûr l'amour est inexplicable). Les reconstitutions historiques n'ont pas beaucoup d'intérêt. Le début laisse présager une histoire de meurtre qui tombe à l'eau. Même l'univers visuel, en général parfaitement maîtrisé par Ozon est plutôt moche.

Très décevant. Souvent Ozon a du mal à toucher avec ses personnages qui manquent de profondeur et se rattrape avec une sorte d'ambiance visuelle envoûtante. Mais ici, ce n'est pas le cas.
Jeo Jo
Jeo Jo

20 abonnés 141 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 août 2020
Coloré et sucré, un séduisant mélo d'été relatant une idylle au gré des premiers émois mais aussi des premières déceptions. Le spectre de la mort et du danger plane sur l'histoire et la rend d'autant plus physique et magnétique. L'urgence de vivre et de s'aimer parcourt le chemin des deux protagonistes, quitte à souffrir et à se brûler les ailes.
Les contrastes, les couleurs donnent tout son caractère si attachant au film ainsi que la musique, tantôt planante tantôt électrisante. Le trio de jeunes acteurs et formidable de spontanéité et d'insouciance.
Maxence B
Maxence B

16 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 décembre 2021
« Eté 85 », tout en fait est déjà dans le titre : le côté éphémère de la vie, la fuite du temps qui pousse David à agir selon l’adage du Carpe Diem, et pour autant c’est l’été 85 et non l’été 86, c’est bien cet été 85 qui compte, le film se construisant sur cette tension entre la fuite du temps et la singularité de chaque instant passé.
Eté 85, c’est un film solaire, rafraîchissant, qui traite de la puissance du premier amour. Eté 85 n’est pas tant un film sur l’homosexualité que sur l’amour lui-même, car aucun enjeu de sexualité n’est vraiment mis en question dans le film. David est toujours vu comme « l’ami » d’Alexis, induisant l’idée que l’amour commence toujours par l’amitié. Mais ils sont plus qu’« amis », sans pour autant dire le mot « mon amoureux », toujours tu, très souvent passé sous silence. De cette manière, Ozon signe un chef d’œuvre en montrant par l’homosexualité jamais clairement nommée un amour universel qui fait fi des carcans.
Eté 85, c’est un film à l’esthétique sensualiste grâce à une réalisation en caméra super 16 qui donne au grain de la peau sa couleur mordorée. Toute cette évocation du désir charnel transpire à travers les torses nus et bronzés, dans cette relation passionnelle qui unit les deux garçons, et dans ce premier baiser si beau, si vrai du fait de toutes les tensions sur lequel il repose et qui l’ont précédé.
Mais Eté 85, c’est aussi la difficulté de comprendre l’autre, l’échec de la communication. Les deux garçons ne sont pas sur la même fréquence, je dirais même qu’ils ne dansent pas sur la même musique : l’un est idéaliste, l’autre hédoniste ; l’un veut posséder par l’idéalité, l’autre veut s’en échapper, être libre.
Bref, Eté 85, quelle fraîcheur ! quel réalisme de la vie de tous les jours. Car au fond, Eté 85 est une histoire assez banale, mais sublimée par le point de vue d’Alexis avec lequel on vit son été. François Ozon a réussi à transmettre cette intériorité naïve et pourtant si touchante, cette tendresse infinie qui vous donne envie d’aimer.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 juillet 2020
Un film où l'on peut deviner tout de suite l'intrigue et pourtant et c'est la magie de François Ozon le réalisateur, l'histoire de 2 adolescents et d'un drame qui surgit, Ce film nous amène à nous s' interroger sur l'amour, émotions garanties.
TrufosLover
TrufosLover

3 abonnés 116 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 juillet 2020
Je ne sais pas quoi dire de ce film car je porte à François Ozon un profond respect. Mais là je ne peux m'empêcher de trouver son film mièvre et peu intéressant. Pour moi ce n'est pas du cinéma tout juste un téléfilm. En même temps si j'étais homo peut être le film m'aurait davantage touché. Les comédiens sont insipides, je n'ai pas retrouvé les années 80 de mon adolescence. Dire que dans mon cinéma ressortait Apocalypse now 3 jours avant, là c'est du vrai cinéma. Mais peut être je commence à vieillir. Ici le réalisateur n'a jamais aussi mal porté son nom car aucune invention, du cinéma plan plan, sans intérêt.
NoSerious Man
NoSerious Man

209 abonnés 178 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 juillet 2020
Sous le regard innocent et inconscient de leur entourage, deux jeunes gens (Félix Lefèbvre et Benjamin Voisin), se retrouvent soudainement soudés par une amitié démesurée finissant par virer à la romance pendant l'été 1985, rythmé par ses événements estivaux et ses hits musicaux. Rien ne laisse alors présager que l'un d'eux va radicalement revenir sur son orientation amoureuse et que l'autre devra se tenir au pacte signé en commun et censé les réunir à jamais. Le survivant, Alexis, se livre au cours d'une convocation au tribunal pour une affaire dont lui-même et son amie Kate (Philippine Velge) détiennent le secret... Véritable "Call me by your name" à la française les enjeux en plus et la niaiserie émotionnelle en moins, "Été 85" en adaptant Aidan Chambers se révèle tout le long comme l'ultime combinaison de tout le cinéma de François Ozon, hybridant avec brio l'amitié masculine prônant "dans la maison", les non-dits échangées par les "huit femmes", et "grâce à Dieu", le rendez-vous à la religion qui plane dans la seconde partie. C'est une romance poignante et semi-autobiographique, reposant sur une trame classique mais qui ne néglige ni l'évolution stylistique d'un cinéaste qui se livre mieux que jamais, clins d'oeil aux années 80 qui plairont tout particulièrement aux nostalgiques. Parce que oui, cet été 85, on le reçoit comme authentique bond en arrière généreuse en références à l'univers du cinéaste et ambitieux dans sa démarche de transgression dont les vacances posent les jalons (flash-forwards agressifs extirpant la bien-pensée d'une certaine idée de notre cinéma, effets épileptiques tout particulièrement renforcés les émois de deux coeurs calés entre deux chaises). De plus, la tension est palpable, l'esthétique baignant dans sa première et ultime séquence dans un fétichisme macabre rythmé par la voix de Robert Smith et le tube dansant de The Cure "In between days" et dans des paysages normands qui m'ont personnellement fait baver. Certaines tournures que prennent les personnages se révèlent assez prévisibles dans le bilan, spoiler: La mère de David (Valéria Bruni-Tedeschi) qui de mère poule et veuve bien portante se change en personnage sans pitié et rongé par la rancoeur après la mort brutale de son fils, suivant la rupture de ce dernier avec Alex. C'est très attendu, mais heureusement sauvé par la prestation de la comédienne qui de sa voix cassée participe au vivant au sein d'une communauté dont le séjour se clôturera dans la mort.
"Été 85" est une belle réussite, une oeuvre à la fois forte, nostalgique et cruelle qui n'avait besoin que de Ozon pour exister. Expérience mystérieuse de la jeunesse, ancrée dans son temps et paradoxalement privant d'amour. "Quelle vie étrange, plus de mots bleus no more..." (Dominique A).
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