Magistral, décoiffant, hilarant !
J’adore ce film. C’est une fable éblouissante qui croque avec humour et profondeur les délires et les paradoxes de notre société.
Il réunit une magnifique brochette d’acteurs et d’actrices incarnant avec brio des personnages attachants et loufoques qui se débattent pour rester eux-mêmes dans un monde absurde.
Les gags s’enchaînent, qui en disent long sur les tensions qui écartèlent chacun de nous aujourd’hui, tiraillés entre le besoin de vivre pleinement notre vie intime, amoureuse, familiale et les diktats d’une modernité technologique ébouriffante, que nous faisons semblant de maîtriser, mais qui nous dévore jusqu’à la folie.
Nous sommes à mi-chemin entre le réel et la science-fiction. Entre un Aujourd’hui encore tout imprégné de la douceur de vivre d’hier, et un excitant et redoutable Demain, déjà présent dans notre vie quotidienne.
Un monde hyper connecté où les FaceTime et les messages déferlent 24 h/24, où l’on doit faire semblant pour survivre, vivre comme en trapèze volant, parler un charabia que personne ne comprend, faire la fête sur commande, et accomplir des prouesses pour se ménager des espaces de liberté.
Il y a des voitures sans conducteur qui n’en font qu’à leur tête, des drones livreurs, des petits boulots improbables… et de jolis coups de cœur ou de foudre qui surprennent dans les coins, sans crier gare, ces humains trop humains.
Voilà un film qui me réconcilie avec le cinéma du XXIe siècle. On est loin des tranches de vie laborieuses, des films à thèse, pleurnichants et moralisants.
Denis Podalydès a signé là un petit chef-d’œuvre, qui a tout le rythme et l’éclat d’une « screwball comedy » à l’américaine, joint à une élégance et un sens de la nuance typiques de notre génie français.
Ironie de l’’Histoire, ce film a été une victime collatérale du Covid, puisque le festival de Cannes,2020., mort-né, n’a pu lui décerner qu’un label « comédie ».