Avec Incroyable mais vrai, Quentin Dupieux propose une nouvelle variation de son univers absurde, fondée sur un concept aussi simple qu’improbable : une maison dotée d’un mystérieux tunnel qui bouleverse la vie d’un couple. Cette idée de départ, particulièrement originale, constitue l’un des grands atouts du film. Elle installe immédiatement un décalage qui intrigue et amuse, tout en servant de point d’ancrage à une réflexion plus discrète sur l’obsession de la jeunesse, du corps et du temps qui passe.
Le ton, résolument décalé, mêle humour absurde et banalité du quotidien. Plusieurs scènes fonctionnent très bien grâce à des dialogues minimalistes et à un comique de situation qui provoque de véritables éclats de rire. La distribution contribue largement à cette réussite : Alain Chabat, Léa Drucker, Benoît Magimel et Anaïs Demoustier apportent sérieux et implication à cet univers improbable, ce qui renforce la crédibilité de l’ensemble. De plus, la durée courte du film évite l’essoufflement complet du concept et maintient un rythme globalement efficace.
Cependant, le film n’échappe pas à certaines limites. L’humour peut sembler répétitif, et la narration paraît parfois inégale, comme si le concept n’était pas exploité dans toutes ses possibilités. Certaines situations donnent une impression de stagnation, ce qui peut frustrer les spectateurs en quête d’un développement plus poussé.
Comme souvent avec Dupieux, il faut accepter d’entrer dans le jeu et de se laisser porter par l’absurde pour apprécier pleinement l’expérience. Ceux qui adhèrent à cette logique décalée y trouveront un film singulier, ponctué de moments réellement drôles et porté par un casting solide. Sans être son œuvre la plus aboutie, "Incroyable mais vrai" mérite le visionnage, grâce à son originalité, son casting convaincant et ses instants comiques réussis, malgré une construction parfois inégale.