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LAvisDuNeophyte
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3,0
Publiée le 2 août 2026
Film très sombre, qui montre une partie de l’oeuvre et de la vie du très talentueux peintre. A l’image de sa peinture tout est sombre, dur, tragique dans ce film.
On m’avait chaudement recommandé Caravage, mais la déception fut à la hauteur des attentes. Visuellement, le film peine à convaincre : une lumière jaunâtre et diffuse, peut-être pensée pour évoquer la patine du clair-obscur caravagesque, mais qui finit par étouffer le contraste. On a l’impression d’une image qui suffoque, noyée dans une brume artificielle qui aplatit tout, jusqu’au personnage pourtant censé être en relief. Les acteurs, quant à eux, paraissent souvent absents sans parvenir à habiter pleinement leurs rôles.
-spoiler: Les scènes de sexe, insérées sans cohérence narrative, posent également problème : elles semblent répondre davantage à une volonté d’effet qu’à une nécessité dramatique. Le résultat en devient maladroit, voire dérangeant, tant leur gratuité contraste avec le reste du film. -
La mise en scène donne parfois le sentiment de choix hasardeux qui ciblent mal les émotions. Sur le fond, le film prend d’immenses libertés avec l’histoire du peintre, au point d’en diluer la réalité. Un spectateur désireux d’en apprendre davantage sur Caravage serait bien en peine de se fier aux faits rapportés, tant ils s’éloignent de la vérité historique.
-spoiler: Les passages concernant Artémisia, surtout, m'ont gêné : elle était tout l’inverse de cette figure frêle et docile que le film dépeint, et n’a d’ailleurs jamais rencontré le Caravage. Quant à la version de la mort du peintre, le scénario la traite avec tant de libertés qu’on passe du biopic à une réécriture historique sans scrupule, lestée d’opinions mal dissimulées.
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Une scène se détache pourtant du reste : celle où, dans un élan silencieux, les personnages se disposent pour former le célèbre tableau de "La Mort de la Vierge". L’image naît alors d’elle-même, sous nos yeux et ceux du peintre, un moment de grâce, simple et sincère.
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En somme, Caravage laisse l’impression d’un projet ambitieux mais bancal, manquant de rigueur peut-être. Un film frustrant, à la fois sur le plan visuel et narratif, qui échoue à rendre compte de l’intensité de son sujet.
Le film passionnera le spectateur soucieux de reconstitution soignée, d'autant plus qu'ici la lumière s'applique à recopier celle du peintre maudit, fort en gueule et cogneur à l'image du Rembrandt de Grenaway. Construit comme une enquête policière et tout en flash-back, le scénario ne nous sert rien d'exaltant, la faute à une direction d'acteur très conventionnelle, une mise en scène très Netflix avec juste ce qu'il faut d'érotisme, juste ce qu'il faut d'intrigue, juste ce qu'il faut d'empoignades physiques, filmées d'ailleurs comme dans un film de mafia. Genre cinématographique auquel a manifestement pensé Placido par sa mise en scène pleine de punch agrémentée de quelques ralentis lors d'une scène de torture, en amplifiant le son sur les coups de poings et les claquements de portes. L'église inquisitrice est au cinéma toujours la même, peuplée de personnages à l'emporte pièce, brutaux et fanatiques, sans aucune nuance. Caravane est ici incarné par un beau gosse au charme latin plus crédible dans une publicité pour une eau de toilette que pour incarner ce peintre radical qui a passé sa vie à chercher le Christ dans la bas peuple. Le problème est que cette quête on ne la sent jamais, cette conviction, l'acteur ne l'habite pas, cette puissance érotique, la mise en scène la survole sans jamais l'atteindre. Louis Garrel est le meilleur acteur français de sa génération mais son personnage manque sincèrement de mystère. Isabelle Huppert est égale à elle-même, toujours un peu ailleurs, et son lifting commence sérieusement à devenir gênant. S'il s'agit d'apprendre deux trois choses sur le peintre et son époque il existe des livres et des documentaires mieux à propos.
Un film à la plastique fascinante. Auréolé de mysticisme et de repentance. Le portrait de cet homme de génie est peu flatteur car il est un rebelle mais son art est reconnu comme transgressif. C’est en cela qu’il est toujours sur la défensive et la victime d’acharnement des religieux. Excellente vision artistique je trouve.
bon point déjà pour la photographie qui est superbe (on en attendait pas moins d'un film sur un génie de la peinture) bon point aussi pour l'interprétation de Riccardo Scarmacio qui est remarquable par contre Isabelle Huppert ne nous avait pas habitués à un jeu aussi fade et Louis Garrel semble se demander continuellement ce qu'il fait là la narration par flash back n'est pas gênante mais n'apporte pas de plus ça n'est pas mauvais, ça n'est pas inoubliable
Le Caravage est un peintre exceptionnel, à la vie tout en contraste comme sa peinture. S'attaquer à cette personnalité n'est pas sans risque. Le résultat de Placido n'est pas sans intérêt et en particulier arrive au final à faire passer à l'écran quelques points saillants du peintre, et de son époque. A savoir, un talent unique pour révolutionner la peinture et introduire des modèles humains, issus plutôt du bas peuple, dans la représentation des thèmes bibliques imposés par ses mécènes catholiques. Mais aussi, l'hypocrisie d'une bonne partie de la hiérarchie papale et nobiliaire: j'aime ce je vous faites, Caravage, mais je ne le dirai jamais en public, car vous allez contre le discours "officiel" de la religion, mise en cause depuis deux siècles par l'arrivée du protestantisme! Pour autant, le scénario manque de fluidité, nous laisse chercher avec peine pendant la première partie qui est qui, et les flash-backs, même s'ils sont datés, n'ont pas forcément leur utilité. Garrel est plutôt sombre et à l'aise dans le rôle fictionnel, mais représentatif, du pouvoir de l'inquisition agissant dans l'ombre et sans contrôle. Huppert égale à elle-même en marquise Colonna, en revanche le costume du peintre est un peu grand pour un sympathique Scarmacio qui peine à convaincre. Le petit écran ne permet pas de rendre compte du travail de création des intérieurs de l'époque, dont surement on se fait de fausses idées. Le résultat est fait de nombreux clair-obscur , la connexion est évidente et la tentative est louable. Cependant Placido se permet d'insérer des images d'orgies collectives, qui n'apportent pas grand-chose au portrait du personnage ambigu, viscéral, batailleur qu'était Caravaggio. TV vo- mars 24
Scénario farfelu et imaginaire malgré de belles images mais très tape à l'œil. Pourquoi inventer un personnage fictif du Saint Office parmi les autres qui se veulent d'un réalisme précis ? Le jeu des acteurs n'est pas convaincant, sans doute sont-ils mal dirigés dans des scènes peu crédibles.
Étant donné qu on est devant un film sur un peintre on s attend à ce qu il soit beau. Ce « Caravage » est par moment sublime quand certains plans semblent vouloir imiter le style du peintre. J ai aussi apprécié le fond de l histoire avec le paradoxe qu est ce personnage très pieux très au fait des évangiles et qui voit l église romaine considérer son art comme hérétique. S il s avère par moment passionnant et d une grande beauté, j ai trouvé qu il était un peu gâché par un montage erratique et cette manière de raconter l histoire par le biais d une enquête qui n apporte pas grand chose.
Pour pleinement apprécier ce film...être un amateur des œuvres du peintre aide beaucoup ...car on comprend mieux ce qui anime, motive l'artiste...et pourquoi ses toiles nous semblent si bonne et réaliste maintenant ...mais à l'époque...l'Église "catholique" avait peur du protestantisme car cette banche de la chrétienté se voulait plus près de la réalité quotidienne de la populace que du monde imaginaire de l'au-delà.
Connaître les œuvres du peintre aident dans beaucoup de scènes du film car dans celui-ci l'on s'est amusé à nous démontrer d'où les visages et posés de ses toiles provenant...ce qui à l'époque causait énormément de problèmes car comment une ville personne pouvait servir de représentation terrestre à un/une sainte, un ange?
L’italien Michele Placido, surtout connu en tant que réalisateur pour le succès « Romanzo Criminale » il y a déjà vingt ans maintenant, organise une faste production entre l’Italie et la France pour faire le portrait de l’un des plus célèbres et controversés peintres de son pays : le Caravage de son vrai nom Michelangelo Meresi. Un homme qui s’était attiré les foudres de l’Église pour ses représentations de scènes religieuses avec comme modèle des pauvres, des filles de joie ou encore des bandits. Un homme dont la vie dissolue lui a amené aussi bien le soutien d’une certaine noblesse que la haine de pontes du Vatican et la jalousie de ses pairs.
Un parcours passionnant et qui méritait clairement une œuvre dédiée. Placido choisit de dépeindre ce personnage par le biais d’une enquête menée par un inquisiteur nommée par le Pape appelé l’Ombre; on fera donc la connaissance de l’artiste par le biais de rencontres de l’Ombre avec ses proches. Et ce « Caravage » d’adopter une structure éclatée en flashbacks plutôt en adéquation avec la proposition et permettant de cerner les différentes facettes du peintre. Paradoxalement, si le film montre bien les mœurs de l’époque et les enjeux en présence ainsi que le débat de la représentation de la religion par l’art, le personnage a finalement un peu de mal à s’incarner pleinement et reste (volontairement?) un mystère une fois la projection terminée.
La reconstitution de l’Italie post-Renaissance, qui a été une période faste pour l’art dans le pays, est opulente et admirable. Placido développe une mise en scène crépusculaire qui embrasse les mêmes couleurs chaudes et sombres que celles des tableaux du peintre. La caméra nous entraîne des bas-fonds interlopes de Naples et Rome aux demeures fastes de la noblesse et du clergé avec volupté et l’immersion est évidente. La décadence d’une partie de la population qui se heurte à la rigidité de la religion à cette époque est montrée sans filtre et interpelle. Le montage qui alterne les temporalités dynamise le récit même si le procédé est parfois répétitif et les conclusions de l’enquêteur similaires. Pas que le film soit trop long, mais le tableau qui ressort des interrogatoires de l’Inquisiteur est souvent le même. Un récit éclaté et foisonnant qui évite la monotonie mais peut parfois paraître confus avec le nombre de noms cités et un contexte historique passionnant mais complexe.
Les acteurs n’ont pas forcément la place pour toujours s’exprimer et on a du mal à comprendre pourquoi Isabelle Huppert se double elle-même en italien, cela aboutit à un rendu très étrange. Mais Riccardo Scamarrcio, fidèle du cinéaste, est à sa place dans le rôle de cet artiste rock star avant l’heure qui défie les coutumes et la bienséance par l’art. Le débat sur ce dernier en général et plus précisément sur la manière de peindre et les diktats inhérents à l’époque pousse à la réflexion. L’éternel dilemme de savoir si on va au bout de sa vision au risque de subir l’opprobre des gardiens des mœurs du XVIIème siècle (surtout le Vatican ici) est bien rendu. On passe donc un bon moment devant ce biopic d’époque visuellement soigné et appliqué dont le souffle épique parvient à nous étreindre la plupart du temps. Et même si quelques scories empêchent le film d’être pleinement satisfaisant et qu’il semble lui manquer un petit quelque chose pour être totalement abouti.
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Un film intéressant consacré au Caravage, illustre peintre qui n'a pas laissé indifférents ses contemporains et qui a eu une vie exceptionnellement intense. A voir.
Caravage raconte l'histoire de la fuite et de la mort de l'illustre peintre lombard sous la forme d'une enquête ordonnée par le Vatican et qui nous mène de Rome à Naples en passant par La Valette. Si la vie du Caravage est elle-même hautement romanesque et donc largement digne d'intérêt, on ne peut pas en dire autant de la réalisation de ce film, sans grâce ni autre idée que celle qu'un grand sujet appelle forcément des effets tapageurs, grands-guignolesques et finalement profondément académiques. C'est dommage, compte tenu du casting prometteur et de la beauté de certains décors.
Je ne sais pas si vraiment j'ai appris dans ce biopic. Comme je l’écris à chaque fois, peu m’importe la mise en scène ou l’angle choisi, pour un évènement historique ou un biopic, je ne retiens que son aspect instructif. Que Caravage ait pris des petites gens pauvres et prostituées pour composer ses tableaux ne m’étonnent pas et m’en suis douté depuis longtemps. J’aime l’ensemble de son oeuvre, j’aime cette période de la peinture par rapport à celle qui court du XII au XVème siècle. Le sens du réel voulu par Caravage est frappant. Il n’y a pas que lui. Quant à sa mort, celle optée par Michele Placido, est acceptable. J’ai toujours entendu dire que la mort de Caravage relevait de l’incertitude historique. Deux ou trois versions sont données. Pourquoi pas celle-là ? Elle fait sens. Autre point de vue du réalisateur : le caractère de Caravage qu’on disait violent. Il choisit l’option sulfureux, écorché vif, incompris pour expliquer une violence. Reste une bonne restitution des oeuvres de l’artiste, reste une bonne interprétation de Ricardo Scamarcio et de Louis Garrel en ombre inquisitrice et frustrée !
A voir en V.O même si Isabelle Huppert est doublée ! Dans ce cas, pourquoi la convoquer ? Content pour elle, c’est un emploi ! Apparemment, c’est une tradition de doubler les acteurs français dans les films italiens ; ce fut le cas pour Philippe Noiret ou Louis de Funès par exemple… Et c’est pénible en ce qui me concerne…