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4,0
Publiée le 19 septembre 2026
Revoir Paris suit une femme qui tente de reconstruire ses souvenirs et sa vie après avoir survécu à un attentat. Enfin un film avec Virginie Efira que j’apprécie ! J’ai beaucoup aimé ce drame sobre et sensible, qui aborde le traumatisme avec justesse sans jamais forcer l’émotion.
Réalisé en 2022, Revoir Paris est lié aux attentats du 13 novembre 2015, auxquels le frère d’Alice Winocour a survécu. La réalisatrice choisit pourtant de ne pas les reconstituer directement et s’intéresse surtout à leurs traces, à la mémoire traumatique et à la reconstruction.
Le film parle avant tout de la manière dont un traumatisme fracture la mémoire, le rapport au corps et la perception du monde. Les souvenirs reviennent par fragments, à travers un son, une sensation ou une rencontre, et la reconstruction ne consiste pas simplement à retrouver ce qui s’est passé, mais à apprendre à vivre avec ce qui demeure. Le film aborde aussi la culpabilité du survivant et la difficulté à retrouver une vie ordinaire lorsque le traumatisme continue de peser sur le présent.
Cette reconstruction passe surtout par les autres. *Revoir Paris* insiste sur la dimension collective du traumatisme, chaque survivant possédant une partie différente de cette mémoire commune. Le récit parle alors de solidarité, de deuil et de liens qui peuvent naître entre des personnes qui ne se seraient jamais rencontrées autrement. Il élargit aussi discrètement son regard aux différences sociales, notamment à travers ceux que la société rend plus facilement invisibles, rappelant qu’une même catastrophe n’efface pas les inégalités.
Ce qui m’a surtout convaincu, c’est le travail sensoriel sur la mémoire, qui rend cette reconstruction tangible et m’a vraiment permis d’entrer dans le film. J’ai aussi apprécié son regard sur les autres survivants et l’humanisation des personnes sans papiers, qui empêche le récit de tout faire graviter autour de son personnage principal. Le film reste ainsi humble et trouve une certaine douceur malgré la gravité du sujet.
On peut malgré tout lui reprocher une construction parfois trop visible, un récit légèrement prévisible et quelques facilités scénaristiques. Cela ne m’a pas vraiment sorti du film tant l’ensemble fonctionne, mais j’aurais aimé davantage de profondeur sur certains aspects et parfois un peu moins de retenue.
Au final, Revoir Paris est un film sensible et maîtrisé, porté par un regard profondément humain sur ceux qui tentent de retrouver une place parmi les autres après l’irréparable. Malgré quelques facilités, sa pudeur et sa justesse m’ont réellement touché.
Film de 2022 symbole en hommage aux victimes d’attentat notamment celui du 13 Novembre 2015 autour du Stade de France , au Bataclan puis dans différents cafés provoquant de nombreux morts et blessés. Mia ( Virginie Efira), traductrice russe à Radio France, redécouvre Paris après une longue convalescence chez sa mère. En totale absence de mémoire sur le déroulement des faits, Mia grâce à l’aide d’une présidente d’association de victimes et de l’un de ses membres Thomas (Benoît Magimel) autre victime présente dans ce même café où elle s’y trouvait par le plus pur des hasards, retrace progressivement les lieux, les emplacements, l’attente dans un coin retranché du café de l’horreur absolue. Entre doute, mise en cause, son statut complexe de victime ressemble à un parcours de combattante dans un univers assombri par les blessures morales et physiques. Cette recherche de témoins à Paris avec ses monuments séculaires mis en lumière, peut lasser au bout d’un certain temps mais elle est vite gommée par le talent, le tact, la douceur d’une Virginie Efira qui crève l’écran.
Quel beau film… On rentre dans la peau des personnages, on ressent des émotions fortes et qui viennent des profondeurs. Quel magnifique hommage et cri d’amour pour tous les êtres perdus et pour ceux encore vivants qui essaient de se reconstruire et de revivre. J’ai bien pleuré mais c’était des pleurs qui viennent comme la pluie, nourrir notre âme, purifier et panser nos blessures.
réaliste mais un peu long - le côté "policier", est-ce qu'elle le retrouvera ou pas, est trop mis en avant, au détriment de la psychologie des personnages - sinon Efira joue très bien, elle fait même tout le film
Sorti dans une France encore hantée par les attentats, Revoir Paris choisit délibérément de s’intéresser à l’après. À ce qui reste sur l'autre quand le crime est commis, quand les images médiatiques se sont dissipées, quand il ne demeure que des corps survivants et des mémoires et des corps troués. Le film suit Mia, rescapée d’un attentat dans un restaurant parisien, qui tente de reconstituer cette nuit dont elle ne possède que des fragments.
Winocour choisit de ne livrer que des éclats de l’attentat, juste ce qu’il faut pour en mesurer la violence. On peut penser que le film aurait été encore plus juste en se consacrant uniquement à l’après, aux répercussions diffuses plutôt qu’à l’événement lui-même. Mais ce parti pris a aussi une vertu : il coupe court à toute tentation de fascination morbide et contraint le regard à se déplacer, non vers le choc, mais vers ce qu’il laisse derrière lui.
Ici, la mémoire n’est jamais fiable. Les souvenirs de Mia surgissent par fragments, parfois contradictoires, souvent incomplets. Le film montre que se souvenir n’est pas retrouver une vérité factuelle mais tenter de produire une cohérence intérieure. Mia cherche, rencontre d’autres survivants, collecte des récits. Mais il n’y a ni coupable à désigner ni révélation finale. Chaque fragment est à la fois une avancée et un danger. Trop se souvenir menace de figer le trauma. Ne pas assez se souvenir empêche de vivre avec.
Paris est filmée comme une ville fantôme. Les lieux ordinaires restaurant, rues, appartements perdent leur fonction sociale pour nous paraître eux-aussi, comme porteur d'un traumatisme. Enfin, le film observe la communauté des survivants avec une grande lucidité. Les groupes de parole sont nécessaires mais insuffisants. Ils offrent un cadre, pas une solution. Chacun porte une expérience singulière, irréductible à un récit collectif homogène.
Revoir Paris est un film de l’entre deux. Entre mémoire et oubli. Entre solitude et partage. Entre le besoin de comprendre et le droit de ne pas tout savoir.
Parce que c'est notre Histoire, parce que c'est important d'en étudier les effets, parce qu'il ne faut jamais oublier, Revoir Paris - dans la lignée de tous ces films ayant traité avec intelligence le sujet des attentats sur notre territoire - est un récit important, traité sous un axe différent que l'action pure, tout en retenue, où la compréhension de ses actes, le besoin de vérité et la résilience donnent un sens profond dans cette quête de vérité. Virginie Effira offre un jeu tout en justesse et prouve encore une, une actrice de grande qualité qui s’investit toujours autant dans ses rôles. fis
Disons le de suite, la cinéaste aborde frontalement le pas sous l’angle du reportage, du film d’actions, du policier ou du thriller, mais celui unique d’une » survivante du corps » qui devient » une survivante de l’âme » dans son chemin « post traumatique » Virginie Effira s’affiche avec une justesse et une retenue dans la perfection même dans cette lente évolution de ce qui la fait très doucement renaitre au monde et à Paris, alors qu’elle sort peu à peu de sa léthargie par des « flash back » Elle constate hébétée l’ampleur de sa souffrance, les amis qui ne comprennent rien, son couple qui éclate et le portrait de sa ville inchangée. Cette mémoire traumatique avec ces images flash, son imaginaire, sa BO et aussi ces terribles bruits de mitraillettes qui claquent sont d’une telle force émotionnelle qu’il serait bien difficile de ne pas éveiller notre empathie si ce n’est notre compassion Certainement ce qui se fait de mieux dans ce point de vue unique de ces évènements y, et
En s’inspirant des événements du 11 novembre 2015 la réalisatrice Alice Winocour ausculte le trauma psychique des victimes survivantes d’un attentat et de la façon dont le travail collectif de mémoire influe sur leur lente reconstruction mentale. La cinéaste trouve le bon équilibre entre distance pudique et émotion au sein d’un récit à fleur de peau interprété avec une réelle sensibilité à l’écran par Virginie Efira et Benoit Magimel.
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3,5
Publiée le 2 octobre 2025
Se souvenir! Se reconstruire! Mais aussi surmonter sa culpabilitè parce qu'on reproche à cette traductrice russe d'avoir ètè lâche dès les premiers coups de feu d'une attaque terroriste dans une brasserie parisienne! Un rôle difficile pour Virginie Efira, sacrèe meilleure actrice aux Cèsar 2023 grâce à sa performance de femme atteinte d'amnèsie totale! D'un point de vue physique et psychologique, on est dedans, sans tomber dans la caricature ou le larmoyant! La progression est lente mais nècessaire! Film au style quasi-documentaire qui doit beaucoup à son interprète principale, mais aussi à son chef op', Stèphane Fontaine (l'un des bras droits de Audiard), qui règle les magnifiques images nocturnes de ce drame bouleversant! La très belle scène finale clôt le calvaire endurè par Mia sur une note d'espoir pour un avenir meilleur...et pour « revoir Paris »...
Film émouvant, autant par son sujet que par l’intensité du jeu de . Sobre et dénué de pathos, il s’égare toutefois en fin de parcours en explorant trop de pistes à la fois. Ce n’est pas une œuvre qui redonne de la pêche et du sourire, mais elle propose un regard intimiste sur les victimes des attentats parisiens, ainsi que sur les répercussions collatérales dans les vies personnelles. Bien loin des récits factuels et faits d'arme, souvent déshumanisés, relayés par l’actualité.
une fresque des attentats du 15 novembre 2015. Le long-métrage d'Alice Winocour nous remue emotionnellement. Il est tragique, troublant, émouvant. Les interprétations de Virginie Effira et Benoit Magimal sont magistrales, dans la peau de victimes souhaitant retracer le chemin de leur soirée tragique. La bande son est aussi à noter d'une réelle justesse. Magnifique !
Sous ce titre anodin se cache une pépite sur la capacité à nous adapter et à surmonter les épreuves et obstacles de la vie. Virginie Efira, fragile et bouleversante, transporte son personnage dans une démarche de résilience pure, sans lourdeur ni situations pathétiques. L’histoire est déroulée avec pudeur et les situations sont ourlées de délicatesse. C’est poignant.
Un film pudique et douloureux sur les conséquences physiques et surtout psychologiques d’un attentat, les traumatismes et les dommages colatéraux qu’il induit : incompréhension, impuissance, besoin d’échanges : « Merci de m’avoir tenu la main... » Virginie Zefira comme toujours très professionnelle dans ce rôle difficile.