Avant de voir le film, j'avais envie de croire à "Wicked : partie II". J'avais trouvé que le premier était tout juste correct, mais sa dernière heure m'avait clairement donné de l'espoir. Elle était très réussie et elle promettait beaucoup pour cette suite. Alors, avec l'envie de me faire surprendre, j'ai été découvrir cette deuxième partie. Sur le papier, j'ai rapidement retrouvé l'univers que j'avais assez apprécié dans le premier épisode. Certes, les effets spéciaux sont toujours un peu à la ramasse (notamment au niveau des fonds verts), mais la grandeur et la complexité des décors rattrapent le tout. J'aime le fait que les décors réels soient privilégiés, car cela renforce l'esprit original de l'œuvre. Cependant, une fois que ces retrouvailles aient été effectuées, j'ai vite plongé dans un sentiment très déplaisant : la déception. Dans sa promesse, le long-métrage comptait nous narrer une version alternative de "Le Magicien d'Oz". L'objectif était donc de visionner une histoire qui se déroulerait en parallèle, après un premier volet qui nous avait servi d'introduction. Seulement, voilà, la promesse est déjà à moitié tenue. Sur les deux heures de film, ce déroulé en parallèle ne commence qu'au bout d'une heure. Personnellement, j'ai vraiment trouvé que cette entrée en matière était longue, sachant que la première moitié ne raconte rien de vraiment nouveau. En soi, au bout de celle-ci, les enjeux n'ont pas vraiment bougé. Toute cette partie ne sert qu'à reposer le contexte, apporter quelques éléments nouveaux malgré tout et représenter le point des vue des personnages. Et honnêtement, c'est bien trop long. Je pense qu'une bonne partie de ces séquences auraient pu être raccourcies ou supprimées, tant elles ne servent pas l'intrigue principale. Heureusement, l'approche musicale du projet nous divertit quand même un peu, avec des chansons plutôt sympathiques. Dans l'ensemble, je les trouve un peu moins entraînantes que celles de la première partie, mais elles sont toujours réalisées avec la même intention. Le casting chante bien, et la mise en scène réussit à retranscrire quelques idées intéressantes. À ce niveau, je pense notamment à ce faux plan-séquence dans la chambre de Glinda. Mais malheureusement, une fois que cette première heure se termine, c'est là que l'on en arrive au problème. Clairement, cette première partie était ennuyeuse, mais elle se tenait, car elle était cohérente avec elle-même. À l'inverse, quand le vrai film commence, tout part en sucette.
Déjà, car l'idée est bel et bien d'offrir une version parallèle à l'histoire de base, ce qui fait que toute l'histoire de Dorothy se déroule hors champ ! Cela peut s'entendre sur le papier, car ce n'est pas censé être l'objectif du film, mais cela pose vraiment problème dans les faits. À force de vouloir éviter de nous rappeler l'œuvre originale, on a cette sensation que des scènes ou des éléments ont été coupés. Cela se remarque très bien lorsqu'Elphaba arrive à l'endroit où est décédée sa sœur, et qu'elle n'a aucune presque réaction. Quand on connaît l'original, on comprend pourquoi, mais cela n'empêche que cela manque au sein de ce film. Ce refus de s'intéresser à l'histoire de Dorothy enlève énormément de dramaturgie à l'ensemble, on n'arrive jamais à croire à ce qui se passe, car on semble éloigné de cela. Le meilleur exemple étant la scène où Elphaba doit mourir après avoir été aspergée d'un seau d'eau, car elle manque vraiment d'intensité. Et à côté, les éléments qui servent à offrir plus de contenus n'ont absolument aucun sens ! Je pense à cette révélation autour de la paternité du Magicien, qui débarque de nulle part. Mais aussi à cette survie d'Elphaba, qui est tout droit sortie d'un mauvais cartoon. L'excuse n'a pas marché sur moi, elle m'a juste complètement exacerbé.
Et le pire, à mon sens, c'est vraiment ce qu'essaye de transmettre le film. Pour moi, cela ne peut pas fonctionner. Comme je l'avais exprimé dans le premier volet, vouloir offrir une nouvelle vision à une méchante très stéréotypée à l'origine n'est pas une mauvaise idée. Cela pouvait offrir plus de profondeur, et nous montrer que le monde est loin d'être uniquement en noir et blanc. Mais ici, à trop vouloir humaniser Elphaba, le reste des personnages en devient détestable. On ne peut pas offrir un message d'espoir et de paix, si la méchante est uniquement gentille, et les gentils uniquement méchants. Au lieu de proposer un contenu plus gris, on a simplement inversé les rôles. Pour moi, le meilleur exemple pour illustrer cela étant Glinda. Même si son évolution dans la première partie était brusque, elle restait cohérente avec elle. Mais ici, elle paraît simplement stupide, du début à la fin. Son personnage semble changer d'avis et de camp à chaque séquence, et cette confrontation interne, qui est censée la travailler, n'en devient que de la bêtise.
Le meilleur moment étant la mort de Nessarose, où Glinda semble clairement ne pas comprendre ce qui lui est arrivé, alors que c'est elle qui a proposé de se servir d'elle ! Je veux bien qu'elle n'ait pas exprimé ça à ce point, mais elle doit bien pouvoir comprendre que sa disparition soudaine a un rapport avec sa proposition !
Le personnage est donc purement mal écrit et baladé de droite à gauche au bon vouloir du scénario. Et dans l'ensemble, cela rend impossible ce qu'essaye de raconter le film. Que l'on se comprenne bien, je ne dis pas que ce n'est pas beau ou inintéressant. Je dis simplement que tout ce qui est développé pour arriver à cela est mal fait. Ce film ne méritait pas une telle conclusion, avec autant de bon sentiment. Quand je vois l'admiration des gens face à cette façade, alors que le fond paraît aussi creux et bancal, je peux vous dire que je n'y comprends rien ! Pour moi, ce projet est un échec, même si j'aurais vraiment aimé l'apprécier. Pour conclure, je n'en attendais rien, mais je suis quand même déçu.