Il y a bien longtemps, dans mon canapé...
Ressenti vraiment partagé à l'issue de ce «Mandalorian & Grogu», le premier film «Star Wars» depuis la fin de la postlogie en 2019.
Se situant dans une sorte de continuité (in)directe à la très chouette série western-SF (l'une de mes favorites, avec «Andor»), diffusée à partir de 2019 sur Disney+, et réalisé ici par Jon Favreau (le créateur de la série, et également réalisateur de films tels que «Iron Man 1 & 2» et les versions live du «Livre de la Jungle» et du «Roi Lion»), ces nouvelles aventures de Din Djarin et de son petit protégé Grogu s'apparente cette fois-ci à une sympathique série B, plutôt bien menée, mais sans surprises.
La mise en scène de Favreau fait le job pour ce genre de divertissement, la doublure cascade de Pedro Pascal est investie physiquement, Grogu est toujours aussi bien animé (et trognon), la complicité du duo est conservée, veillant l'un sur l'autre, Martin Scorsese passe faire un coucou vocal, et ça fait toujours plaisir de voir Sigourney Weaver devant une caméra (même si son rôle reste ici très secondaire).
Le souci majeur (qui n'en est donc pas un petit), c'est que tout au long de la séance, j'avais l'impression de me trouver devant un long épisode de la série (avec comme souvent une histoire de mission et de sauvetage), mais projeté au cinéma.
Faisant un peu office de saison 4 non-officielle, ce film manque d'un véritable "upgrade", marquant son passage du petit au grand écran. Il lui manque ce souffle épique que devrait nous procurer un film «Star Wars» en salle (et qui manque depuis bien longtemps malheureusement).
Ici, l'ensemble est juste divertissant, appliqué mais sans brio, à l'image de la BO signée une nouvelle fois Ludwig Görransson, dont certaines morceaux en mode "clubbing" font assez tâches avec le reste.
Certes, le film, en terme de rythme, ne se repose presque jamais et nous balance son lot de scènes d'action, ce qui fait que je n'ai pas vraiment vu le temps passer (très rarement en tous cas), et ce malgré un récit très balisé.
Un film devant lequel je ne me suis donc pas vraiment ennuyé, mais un film que j'aurai pu tout aussi bien découvrir chez moi depuis mon canapé, et sans que cela ne change quoi que ce soit. Et c'est finalement là que le bat blesse principalement pour moi.
Sympathique et anecdotique à la fois, ce "film de plateforme", au vu de ses premiers chiffres historiquement bas au box-office, vient malheureusement confirmer quelque chose : l'aspect événementiel de «Star Wars» est clairement derrière nous.
Un constat plutôt amer, mais bien réel.
Le futur «Starfighter» de Shawn Levy (La Nuit au Musée, Deadpool & Wolverine, Stranger Things), avec notamment Ryan Gosling et Amy Adams, qui est prévu l'année prochaine, viendra-t-il changer la donne ? Rien de moins sûr, mais j'espère me tromper.