FANTÔMAS (1964)(1965)(1967): Fantômas, l'homme mystère, l'assassin, le voleur, le pire ennemi du commissaire Juve (Louis de Funès). Un policier différent des autres, une petite taille, une petite mine, quelques tifs sur la tête, un justicier exemplaire, à toi de craindre son intelligence Fantômas, de craindre sa vivacité, de craindre son obstination, tu as de la chance Fantômas, il peut être impulsif, hargneux, mais jamais bagarreur (quelques petites tapes). Hun! Hun! Hun! Hun! Ne rigole pas trop, Fantômas, tu te crois le plus fort, le meilleur, le maître du monde, mais à chaque fois que tu croises ce petit défenseur de la justice tu déguerpis à tout allure, la peur d'être piégé. Trois excellentes comédies françaises qui auront soixante ans, et comme le masque de Fantômas n'accuseront aucune ride. Vu et revu, on connaitra chaque scène, chaque dialogue: "On a dépendu mon pendu", "J'ai un cheval qui parle", "Qu'est-ce qu'on fait quand on dort, que l'on rêve que l'on ne dort pas, et que l'on veut se réveiller? On prend un somnifère commissaire."... le ridicule joué naturellement, rien de lourdingue, on sourira et soudain on éclatera de rire. On reverra ces films avec beaucoup de nostalgie pour les années 60 (voitures, ruelles, intérieurs…), des musiques enveloppantes, parfois mystérieuses, parfois romantiques, parfois épiques, parfois amusantes, très bien ajustées à chacune des scènes. Des cascades, des poursuites, des combats Paf! Bing! Bang! Boom! Pataras! Tout cela dans une mise en scène dynamique. Mais on regardera surtout Fantômas pour l'acteur Louis de Funès, sans sa présence ces trois aventures n'auraient pas eu autant de succès. Un savoureux plongeon dans un flot de pitreries orchestré par le roi du rire Louis de Funès, un type nerveux, énergique, une mauvaise foi qu'on acceptera avec plaisir, un front perlé de sueur définition d'un stress au bord de la suffocation, de la crise cardiaque, pas le temps de s'ennuyer avec ce commissaire pas comme les autres. On pourra calmer nos fous rires grâce à la personnalité du journaliste Fandor, la classe d'un Jean Marais aventureux accro à l'élégance de sa fiancée Hélène, le charme imparable de l'actrice Mylène Demongeot qui fera succomber le cœur du machiavélique Fantômas (le mien aussi). Une excellente réalisation de André Hunebelle qui mélangera le fantastique à l'humour d'une épopée aux apparences d'un James Bond franchouillard, mais tellement irrésistible. Trois comédies riches en péripéties aussi rigolotes que "La grande vadrouille", "Le corniaud" que je recommande vivement aux prochaines générations. "Je t'aurai Fantômas, je t'aurai"... Je me devais de saluer ces trois acteurs et ce réalisateur qui ont participé aux joies de mon enfance.