La Jeune fille à la perle
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252 critiques spectateurs

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Thomasmichaelchoquet
Thomasmichaelchoquet

8 abonnés 7 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2026
L’énigmatique sphinx de Delft percé à jour par un Œdipe féminin dont ce n’est pas la cheville, mais l’oreille que l’on perce. 


Delft, Provinces Unies vers 1660. Une jeune fille, Griet (Scarlett Johansson) est engagée comme domestique dans la maison de Johannes Vermeer (Colin Firth). Visiblement sensible à son art, bien qu’elle n’aie reçu aucune éducation, elle commence à se rapprocher du peintre et à découvrir la première son univers fermé à tous. Elle lui servira finalement de modèle pour sa plus célèbre toile.


Le film de Peter Webber recrée avec une simplicité élégante l'atmosphère de la Hollande du XVIIe. Les hiérarchies sociales tiennent un rôle central dans ce monde de convenances. L’accent est ainsi mis sur l'incertitude de la situation de Griet, qui peut perdre sa place à tout moment, mais Vermeer aussi est loin d’être le maître unique en sa demeure, et son entière dépendance financière au mécène insiste sur le fait qu’il est père de famille avant que d’être artiste.


C’est la relation de Griet et Vermeer qui est centrale mais sa nature reste volontairement ambiguë. Amour il y a, mais cet amour réside-t-il uniquement dans une façon similaire de voir le monde ou y a-t-il naissance d’une attirance charnelle qui resterait platonique toutefois ? Et la relation est-elle vraiment si platonique que cela ? En apparence, c’est l’apprenti boucher Pieter (Cillian Murphy) qui le premier embrasse Griet, qui le premier la pénètre physiquement, mais la pénétration intellectuelle a depuis longtemps été effectuée par le maître hollandais qui a mis l'âme de sa servante à nu. La nudité de l'âme n’est d’ailleurs pas la seule à être réservée au peintre. Il est le seul à apercevoir les cheveux toujours dissimulés sous sa coiffe de cette jeune calviniste qui semble y faire résider toute sa chasteté de vierge, une virginité religieuse (plus sacrée donc que celle qu’elle offre à Pieter) et que lui arrache Vermeer. 


Deux hommes, deux amours, charnel d’une part, intellectuel, artistique, religieux de l’autre. Mais c’est le second qui est la source du premier et c’est Vermeer qui en réalité est à l’origine de l'éveil sexuel de sa pieuse servante. La symbolique est forte lorsque c’est son maître lui-même qui perce l’oreille encore intacte de la fille que sa foi astreint à la plus grande sobriété mais qui s’adonne au viol de sa religion par le peintre catholique. 


Peter Webber (à partir du roman de Tracy Chevalier) empreint donc d'érotisme la mystérieuse toile de Vermeer. L’étonnant foulard bleu et crème qui enveloppe les cheveux de la Joconde du Nord devient ainsi le signe d’une nudité révélée, la perle le symbole de la première pénétration du corps d’une vierge, et le regard langoureux et la bouche entrouverte les marques d’un désir auquel l’esprit est entièrement préparé, et qui n’a pourtant pas encore été consommé. 


Le récit de cette genèse (imaginaire) du tableau illustre la profondeur inhérente à toute œuvre d’art. Dans La Naissance de la tragédie, Nietzsche insiste sur le fait qu’une production artistique puise son inspiration dans le monde et donc dans l’individuel, mais qu’une fois sublimé sous le regard de l’artiste le sujet passe du particulier au général, s’empreint d’universalité. Ce qui est fort dans Girl with a Pearl Earring, c’est que le sujet est déjà universalité avant même de devenir le modèle du portrait. Le désir de Griet ne s'attache à aucun objet, il est absolu ; elle ne désire pas quelque chose, elle désire. Les stimuli en sont nombreux, variés : l'admiration pour la peinture de Vermeer, la découverte d’une façon nouvelle d'appréhender le monde, l'appétit sexuel que lui inspire Pieter, celui beaucoup plus flou qui la lie à son maître énigmatique, le plaisir sacrilège d’enfreindre l’interdit religieux… L'acmé en est justement atteint au moment où elle se fait modèle, quand le désir s'attache à tant de choses à la fois qu’il devient absolu, et que l'individu est déjà symbole. 


Peter Webber a réalisé un film bien plus profond qu’il n’en a l’air au premier abord et qui reste pourtant empreint d’une grande simplicité. Les chefs-d'œuvres de Vermeer y prennent vie, sans pour autant tomber dans l'excès inverse du film qui étalerait les créations du peintre. Car le sujet reste une toile unique qui s’anime de façon poignante sous les traits étonnamment ressemblants de Scarlett Johansson : La jeune fille à la perle.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 18 décembre 2025
Film biographie qui est plus une excuse pour étudier ce fameux tableau plutôt que de développer une vraie réflexion intelligente et profonde. J’ai trouvé que l’œuvre manquait clairement d’âme à l’image de la superficialité de la plupart des relations entre les personnages. En dehors des deux principaux, les acteurs en font beaucoup trop, rendant de nombreuses situations assez pathétiques. Heureusement que ce duo est présent pour apporter une certaine douceur au récit. J’ai bien aimé ce peintre, coincé dans une perdition morale bien transmise par Colin Firth. Je retiendrai le travail sur les cadres et une photographie assez léchée, mais pas grand chose d’autre. 13/20 (Canal+)
Chevtchenko2
Chevtchenko2

49 abonnés 1 373 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 novembre 2025
Belle peinture de la vie quotidienne en Hollande au XVIIe siècle. Pour le reste, malgré un joli casting, on s’ennuie quand même pas mal.
Infovest
Infovest

5 abonnés 179 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 août 2025
Une belle photographie, une belle explication des techniques de peinture de l’époque mais une certaine lenteur et une Scarlett Johansson peu convaincante.
Film moyen
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mai 2025
Peter Webber imagine l'histoire du tableau fameux de Vermeer "La jeune fille à la perle", dont le regard sensuel porté vers le peintre peut faire discuter autant que le sourire énigmatique de la Joconde. Selon le cinéaste, c'est l'amour entre le peintre et son modèle qu'évoque l'oeuvre. Il le démontre dans un film délicat et esthétique, un peu figé peut-être et peinant au début à introduire une intrigue véritablement intéressante.
Jeune vierge timide et effacée, Griet entre au service du peintre, plus précisément, dans sa maison bourgeoise de Delft, à celui de la femme et de la belle-mère de Vermeer, régisseuses sévères des lieux. Vermeer y vit en marge, hors des contingences domestiques, l'esprit tourné vers son oeuvre. Entre la bonne et son maitre, taciturnes l'un comme l'autre, se dessine une indicible complicité.
La séduction de l'artiste, la compréhension inattendue de sa peinture par la diaphane domestique (jolie ressemblance de Scarlett Johansson) unissent désormais les deux personnages au-delà de la frontière marquée entre maitres et valets.
Ce sujet ténu dévoile ses possibilités et son éclectisme sur le mode subtil du non-dit. D'une part, le réalisateur retranscrit fidèlement l'univers esthétique de Vermeer, sa peinture comme le décor de son existence, et invoque sa créativité et son inspiration ; d'autre part, il investit une demeure aux rituels et aux moeurs austères.
Scarlett Johansson et Colin Firth donnent à la relation platonique et distante entre Griet et Vermeer une vraie grâce.
Mathys Bonnin
Mathys Bonnin

33 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 février 2025
Film intéressant pour sa approche historique, je lui reproche cependant un manque de dynamisme, on aimerait que plus de choses se passent.
Kincaid
Kincaid

6 abonnés 544 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 février 2025
Voilà un film admirable. Sur une belle musique douce et inspirante et une photographie qui confine à la peinture, une belle histoire sociologique et artistique autour du peintre Vermeer et de l’une de ses œuvres les plus célèbres. Conditions de vie et rapports entre classes sociales au 17e siècle en Hollande, ce film est aussi instructif. Vraiment un chouette film avec Colin Firth et Scarlett Johansson qui sont parfaits dans la sobriété.
Les Bébouddhas
Les Bébouddhas

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 janvier 2025
Je suis littéralement tombé amoureux de Scarlett Johansson, malgré son voile. le portrait fait honneur à l'actrice et l'inverse me semble aussi vrai. Vermeer inconnu car il n'avait pas d'auto de portrait, correspond bien au jeu de l'acteur. j'ai spécialement apprécié voir la difficulté et les efforts à réaliser pour trouver les couleurs nécessaires. Comme beaucoup d'artistes ne fut reconnu qu'après sa mort et bien trop tard pour pouvoir bénéficier de son art.
Orno13
Orno13

26 abonnés 1 054 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 décembre 2023
Inspiré d un tableau vermeer, adapté d un roman de tracy chevalier la jeune fille a la perle, peter webber met en scène le portrait de la jeune fille griet joue par scarlett johansson issue d une famille pauvre est engagé en tant que servante dans la famille de peintre vermeer.
Le célèbre peintre va s attacher peu à peu a la jeune fille ce qui va entraîner l hostilité de son épouse et une de ses filles envers griet.
La mise en scène est assez académique mais brillante, webber est resté fidèle au roman.
Un très bon film
SAVONAC
SAVONAC

4 abonnés 93 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 octobre 2023
Difficile de noter un tel film. Alors oui, c'est long, c'est lent, il n'y a pas de rebondissement, pas de suspense, rien. C'est l'histoire d'un artiste, un peintre, fasciné par le visage d'une de ses servantes. Rien d'épique dans tout ça. Le réalisateur aurait-il du inventer des péripéties pour pimenter son film? Je ne le crois pas.
L'histoire d'un artiste mais aussi, un exercice de fascination sur un visage et quel visage!
A-t-on déjà vu plus beau, plus pur que Scarlett Johansson dans ces années là?
Le contexte de l'époque (17ème siècle) est bien rendu. Les décors, les costumes, la description d'une société, tout cela est parfaitement restitué.
Mais l'objet du film c'est le visage parfait de Scarlett.
Alors oui, je le répète, il ne se passe rien. Juste s'arrêter, la regarder, l'admirer, la désirer peut-être, à partir d'un visage...
On ne peut pas en vouloir au metteur en scène.
Décidément, difficile de noter un pareil film...
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 mars 2023
Cette histoire imaginaire de la genèse d’un des énigmatiques chefs d’œuvre de la peinture est une bonne idée (c’est celle du roman dont est tiré le film), mais se révèle assez décevante. Seule la superbe photographie reste dans les mémoires, qui évoque le style et la lumière de la peinture Hollandaise de l’époque. Pour le reste, la narration, très académique, ne parvient pas à générer d’émotion et la musique, presque grandiloquente, est envahissante ; le contraire de la finesse et de la subtilité du tableau en question.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 février 2023
On m'avais dit, enfin j'avais vu ici et là, que ce film était très académique, une quasi carte postale, un ennui donc ... Il y'a du vrai dans son énoncé, dans sa première partie du moins car à titre personnel, je ne me suis à aucun instant sentit piquer du nez ! Girl with a Pearl Earring, est un film qui déguise sa surprise dans un classicisme usuel mais en rien lourd, grossier, pesant. Le film est d'ailleurs passionnant.

Le labeur initial, de la quasi totalité du premier segment sert non pas d'excuse à filmé un récit, il est le récit ! Les mots sont mis en relief par l'image, et cette dernière creuse l'espace de visibilité pour réussir le tour de force de son éloge, de ceux qui se salissent les mains ! Qu'elle le soit par la crasse, ou souiller de peinture, se sont les écorchures de ces dernières qui sont ici le thème de ce que l'on ne peu dissimulé, qui reflète le chassé croisé de la pauvreté et de la richesse qui cohabite par le biais de la domination. Dans cette manigance, le film n'use pas de gros sabots, il est bien au contraire d'une finesse non pas inouï, mais juste. La mention est parfois explicite, comme ces voisins expulsé, le rôle de " bienfaiteur " du peintre, la transition du silence de l'endroit de création au marché plus effervescent ( les têtes de porc et le gibier exposé n'ont pas d'office exagérément à endiguer une vue non considérable je trouve ) atteste de la peur qui truste dans l'ambiance globale.

La lumière, métaphore de la lueur dans le vie rangé n'est à première vue pas très original, encore une fois la simplicité du geste contredit touts griefs un peu facile à son encontre. Je prends cette séquence ou Griet ouvre les volets et laisse entrée le jour sur les tableaux. Le soin apporter aux détails, à l'expression de son actrice, notamment par le regard de cette dernière sur l'art pictural de l'absent raconte l'éveil avec je trouve une poésie de carte postale d'accord, mais qui n'enlève rien à sa joliesse et à la poésie de cela sur une dureté déjà bien narré jusqu'alors. Les deux fièvres se rencontrent et fabrique une nouvelle tournure dans l'implicite dont le film parviens à exceller. " Un caractère sous un air tranquille ".

Les décors de Girl with a Pearl Earring, enfin tout ce qui est attrait à cela, que se soit costumes, retranscription d'époque servent aussi à rendre compte par le biais de l'œil sur l'objet, tout du moins du mouvement. Je ne crois pas à l'esbrouffe dans la démarche au cordeau de magnifier la pose, de préparer sa matière, d'en employer les contenants pour faire naitre une couleur, voir plusieurs. Je me trompe peut-être, je reconnais ses excès lors ce certains passages tronquées par un surplus. Référence à un ciel venu annihilé une idée bien conduite jusque-là ...

La musique est une autre insertion importante de ce long-métrage. Dans un premier temps, j'ai été un peu pris de cours par son utilisation. J'ai ensuite capté ses intrusions, ses accents sur ce même point de vue, une insistance qui adopte l'ardeur du bouleversement chancelant dont son compositeur en est un digne représentant. Une coordination fuselé par des désirs pris par une image et ses captations, à des fins plus exploratifs encore.

Scarlett Johannson est quasi-parfaite dans ce registre de fausse douceur contenu dans une posture. L'expression de sa fuite trahit ses penchants à conduire vers une norme qu'elle ne peu complètement assimilé car rattrapé par d'autres en définitive. L'adaptation de cette histoire fictif sert ce personnage à la fois fascinant par sa prestance et pour autant qui subit l'évènement. Elle est à la fois le centre par qui gravite l'action, sans qu'elle anime la machine par quoi que se soit. Elle subit les colères et les passions de son entourage, laisse faire, même ses refus se termine par une acceptation. Au détour d'un ordre, d'une exigence, elle exerce ses savoirs acquis ailleurs ou à l'instant selon les forces motrices de son parcours ... L'enfermement sous clé dans son grenier / labo semble être le seul tout petit endroit ou sa liberté s'exprime, c'est dire !

Vermeer, sous les traits de Colin Firth assez bon je trouve représente le peintre par son Art, maitre de son esquisse mais qui lui aussi, en quelques sortes n'a pas d'impact sur sa vie. Il n'a d'emprise, à vrai dire que sur cette jeune fille, car même ses œuvres sont des commandes. Il n'a que son geste, qu'il partage avec elle. Avec une once d'autorité, une ligne étroite est d'ailleurs creuser, une surprise ... Les scènes ou la servante pose, pour son maitre entretiennent un flou dans une clarté questionné bon pas par le rapport de force entre ses deux là, mais comme une soumission commune ! Ces moments, sont à la fois beaux et troublants, et un peu horrible, si l'on regarde bien. Peter Webber signe là ses plus belles scènes ! Que se soit dans l'entrebâillement d'une porte, lorsqu'il échelonne la perce d'une oreille, avant la pose final hypnotique !

Toute la fin du film est d'ailleurs superbe, j'irai jusqu'à dire impeccablement parfaite ! Mais avant cela, il faut souligner les seconds rôles des femmes surtout. Les caractères de celles-ci sont les plus francs, car nettement plus impactés par les souffrances de cette vie qui les réduit à la concurrence. Il y'a toutefois des interstices sublimes sur les zones de flottement ci et là, tout au long de cette histoire exceptionnelle.

Je quitte cette jeune femme sur cette mosaïque, à l'endroit ou son histoire débute et puis vacille, sans détourner le regard. Car oui, ce film n'est pas une révolution, elle ne raconte que la difficulté d'être dans une ambivalence de circonstances qui diminue les aspérités à rentrer dans le rang. Girl with a Pearl Earring restitue ses perles !
Chloé Pcd
Chloé Pcd

6 abonnés 73 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 janvier 2023
Une œuvre d'art... pardonnez-moi le jeu de mots :)
Film envoûtant, enivrant, un chef d'œuvre comme on en voit peu.
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 août 2022
Bien filmé, bien joué, austère. Le film introduit le mode de vie dans lequel évoluait Vermeer. Le scénario laisse un peu sûr sa faim.
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

90 abonnés 1 460 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 avril 2022
Ce film se regarde comme un tableau, le spectateur s’imprègne des lumières, des couleurs et des atmosphères et finit complice du couple Scarlett Johansson/Colin Firth en pénétrant dans leur intimité. C’est un délice !
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