Comédie historique, réalisée par Gérard Oury, La Folie Des Grandeurs est un film hélas vraiment pas terrible. L'histoire se déroule en Espagne, au dix-septième siècle, et nous fait suivre Don Salluste de Bazan, le ministre du roi d'Espagne Charles II. Cet être fourbe, hypocrite et cupide collecte lui-même les impôts qu'il détourne en grande partie à son profit et songe à épouser la fille du roi. Mais, accusé par la souveraine d'avoir fait un enfant illégitime à une de ses dames d'honneur, il est en conséquence déchu de ses fonctions et condamné à rendre tous ses biens et à se retirer dans un monastère. Décidé à se venger de la reine, Salluste cherche un homme qui pourrait compromettre cette dernière en devenant son amant. Ce scénario, très librement adapté de la pièce de théâtre Ruy Blas écrite par Victor Hugo, s'avère malheureusement peu divertissant à visionner pendant toute sa durée d'environ une heure et quarante-cinq minutes. Pourtant, le début est plutôt prometteur. Cependant, plus les minutes passent et plus l'intrigue devient inintéressante. La faute à la mise en retrait du principal concerné au profit de son valet. Si certaines séquences parviennent à se démarquer, elles sont noyées dans un récit soporifique. Le ton humoristique ne fonctionne que très peu. Celui-ci ne provoque que quelques rires et à peine plus de sourires. L'ensemble est porté par des personnages vite usants, jouant de façon très théâtrale, interprétés par des têtes d'affiches prestigieuses entre Louis de Funès et Yves Montand. Mais ces deux joyeux lurons ne surprennent pas vu qu'ils sont toujours cantonnés aux mêmes registres. Le reste de la distribution comprend entre autre Alice Sapritch, Karin Schubert, Alberto de Mendoza, Jaime de Mora y Aragón, Eduardo Fajardo ou encore Antonio Pica. Tous ces rôles entretiennent des rapports conflictuels de domination peu drôles. Des échanges soutenus par des dialogues trop peu souvent amusants. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère assez qualitative. Sa mise en scène est ambitieuse et évolue dans des décors impressionnants. Ces derniers, ainsi que les costumes, permettent de très bien retranscrire l'époque à l'écran. Ce visuel honnorable est accompagné par une b.o. signée Michel Polnareff. Ses compositions collent très bien à l'ambiance, même si elles ne sont pas des plus mémorables. Cette bouffonnerie s'achève sur une fin moyennement satisfaisante venant mettre un terme à La Folie Des Grandeurs, qui, en conclusion, est un long-métrage plus ennuyant que distrayant.