Bon, je viens de finir (oui, j'ai souffert jusqu'au bout) la nouvelle série préquelle de Max, Ça : Bienvenue à Derry, et je suis profondément déçu. On nous avait promis de plonger dans les origines du mal, d'explorer la folie de Derry avant même le Club des Ratés, mais ce que j'ai eu, c'est un laboratoire d'idées ratées et un étalage de clichés qui n'a rien à voir avec l'ambiance viscérale et terrifiante des livres ou des films de Muschietti.
Franchement, la série est un gâchis de potentiel monumental. Elle se déroule dans les années 60, ce qui aurait pu être fascinant pour explorer la paranoïa de l'époque, mais au lieu de cela, elle nous sert des personnages fades et interchangeables dont on se fiche éperdument. Le nouveau "Club des Ratés" est d'une prévisibilité navrante, et les drames familiaux qu'on nous assène sont tellement génériques qu'ils diluent complètement toute la tension. Où est l'âme du Maine ? Où est cette sensation d'une ville maudite par son histoire ? Ça a disparu, remplacé par une ambiance de téléfilm dramatique vaguement horrifique.
Et parlons de Grippe-Sou (Pennywise) ! C'est censé être l'incarnation de la peur, le moteur de la série, mais il est relégué au statut de cameo occasionnel et, pire encore, ses apparitions sont souvent clairement forcées. On dirait que les scénaristes ont eu peur de l'utiliser à sa juste valeur. Il n'y a pas cette terreur sourde et cette menace omniprésente qui caractérisaient le clown dans les films de 2017 et 2019. Ici, il est juste un monstre parmi d'autres, et il n'arrive jamais à vous faire peur. On nous montre des trucs bizarres, mais l'horreur n'est pas psychologique, elle est juste facile et superficielle.
Le pire, c'est que la série s'étire. Elle essaie de remplir les épisodes avec des intrigues politiques locales ennuyeuses et des flashbacks inutiles, au lieu de se concentrer sur l'atmosphère et l'horreur. C'est lent, c'est poussif, et ça manque cruellement du rythme et de l'énergie que l'on attend d'un tel univers. C'est l'exemple parfait de la préquelle qui n'avait pas besoin d'exister et qui ne fait qu'affaiblir l'œuvre originale en tentant d'expliquer l'inexplicable.
Enfin ! Si vous espériez retrouver la magie noire et la terreur du roman de Stephen King, passez votre chemin. Ça : Bienvenue à Derry est un gros raté, un produit dérivé sans âme qui repose uniquement sur le nom de la franchise. C'est une longue attente pour un spectacle médiocre et oubliable. Je suis furieux d'avoir investi mon temps là-dedans.