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    Romy Schneider : les 10 films qu'il faut absolument avoir vus
    29 mai 2022 à 07:00
    Laetitia Ratane
    Laetitia Ratane
    -Responsable éditoriale des rubriques Télé et Infotainment
    Très tôt fascinée par le grand écran et très vite accro au petit, Laetitia grandit aux côtés des héros ciné-séries culte des années 80-90. Elle nourrit son goût des autres au contact des génies du drame psychologique, des pépites du cinéma français et... des journalistes passionnés qu’elle encadre.

    Il y a 40 ans disparaissait Romy Schneider, actrice mythique au destin hors du commun. L'occasion de vous proposer une sélection de 10 classiques incontournables pour quiconque veut (re)découvrir les différents visages qu'elle a offerts au cinéma...

    Lira Films

    Elle a marqué à jamais le cinéma de son talent et de son intensité, de son visage sublime, aux airs tantôt légers, tantôt profondément blessés. De Sissi à La Passante du Sans-Souci, en passant par César et Rosalie ou Le Vieux Fusil, retour sur dix films essentiels de Romy Schneider. Attention sélection coup de coeur, non exhaustive.

    SISSI (1957)

    De quoi ça parle ?

    L’histoire de la princesse Elisabeth de Bavière, de sa rencontre avec son futur époux le jeune empereur François-Joseph, à sa vie d’impératrice d'Autriche tiraillée entre sa nature enjouée, les rigueurs dues à son rang et les tensions qui agitent son peuple…

    Pourquoi le (re)voir ?

    Parce qu’il y a forcément en vous une part de nostalgie même pudique, un amour du conte de fée plus ou moins mesuré ou même qui sait, une cinéphilie quelque peu repentie... Dès lors, quoi de mieux que la trilogie Sissi pour découvrir ou redécouvrir les premiers pas de Romy Schneider, alors jeune actrice débutante, sous l’emprise de sa mère Magda dont elle veut suivre les traces à tout prix.

    Grâce au personnage romancé de Sissi, l’actrice allemande incarne un mythe, un idéal de fraîcheur, de grâce, de charisme, la figure romantique par excellence. Jusqu’à l’excès. En effet, face au succès et aux épisodes qui s’enchaînent, le costume de la princesse devient trop lourd à porter pour Romy Schneider qui refuse d’y être exclusivement cantonné.

    Un rejet qui confère l’air de rien au personnage qu’elle incarne au fil des épisodes, un peu de cette profondeur et de cette gravité qui feront plus tard toute la saveur de la comédienne. C’est aussi pour cela qu'il ne faut pas passer à côté des Sissi : premières esquisses qui façonneront malgré elle Romy, jeune prodige ambigüe, à la fois solaire et sombre, ingénue et rebelle, attachante et intransigeante.

    Sissi
    Sissi
    Sortie : 1 mars 1957 | 1h 42min
    De Ernst Marischka
    Avec Romy Schneider, Karlheinz Böhm, Magda Schneider, Uta Franz, Gustav Knuth
    Presse
    1,0
    Spectateurs
    3,3
    Voir sur Salto

    Le saviez-vous ?

    Après l'énorme succès de Sissi, les deux suites, Sissi impératrice et Sissi face à son destin, furent réalisées avec les mêmes équipes techniques et artistiques. Au grand dam de son beau-père et de sa mère et malgré une proposition de cachet mirobolante, Romy Schneider refusa d'en tourner un quatrième.

    Elle acceptera cependant de reprendre ce rôle détesté qui lui colla longtemps à la peau pour Luchino Visconti, dans Ludwig - Le crépuscule des Dieux (1972). Sous l'oeil d'un de ses maîtres et loin des sucreries viennoises, elle incarnera une Elisabeth à contre-emploi, sombre et tragique, confrontée à la folie de son fils et fermera ainsi la boucle de ses rapports avec l'impératrice.

    LE PROCES (1962)

    StudioCanal

    De quoi ça parle ?

    Un fonctionnaire lambda est accusé d'un crime dont il ignore tout. Traîné devant la justice, il voit peu à peu son univers s'effondrer, entraîné malgré lui dans les rouages d'un système qui ne lui épargne rien. Victime d'une machination, encerclé et asservi, il ne peut désormais compter que sur lui-même...

    Pourquoi le (re)voir ?

    Parce que la première chose qu'Orson Welles décide de filmer lorsqu'on découvre Romy Schneider, ce sont ses yeux, à travers le judas d'une porte. Elle joue Leni, une secrétaire mutine, qui se jette sur un Anthony Perkins déboussolé. Son personnage, décrit comme "trouvant tous les hommes coupables attirants" est à l'image du film : ambivalent et schizophrène.

    Elle est à la fois celle qui prend les devants, mais aussi celle qui subit le bon vouloir des hommes. La ligne est floue entre la victime et l'instigateur, l'innocent et le coupable. Dans ce film où le complot et la paranoïa sont traités de front, le charme mystérieux de l'actrice fait mouche. Avec Le Procès, Romy Schneider décroche donc un rôle complexe, dans un film qui l'est tout autant, à mille lieues de Sissi qu'elle a tenté de fuir en s'installant en France. 

    Aux côtés d'Alain Delon, elle s'émancipe de l'univers de la bourgeoisie germanique pour rejoindre la jeunesse parisienne anticonformiste. Envolée la petite fiancée de l'Allemagne, bonjour à l'actrice aux choix audacieux. Et c'est Orson Welles en personne qui la contacte pour cette adaptation de Franz Kafka.

    Le Procès
    Le Procès
    Sortie : 21 décembre 1962 | 2h 00min
    De Orson Welles
    Avec Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider, Elsa Martinelli, Suzanne Flon
    Presse
    5,0
    Spectateurs
    3,8
    Streaming

    Le saviez-vous ?

    Orson Welles considère Le Procès comme le meilleur film de sa carrière. Perfectionniste jusqu'au bout de la pellicule, le réalisateur de Citizen Kane n'hésitait pas à doubler lui-même les comédiens au moment du montage.

    Au départ dubitatif, Anthony Perkins avoua qu'il lui était impossible de distinguer les moments où le réalisateur parlait à sa place, tant il avait réussi à l'imiter à la perfection. Selon les sources, Orson Welles aurait doublé entre 11 et 15 comédiens du film.

    LA PISCINE (1969)

    Capture d'écran

    De quoi ça parle ?

    Jean-Paul et Marianne forment un couple idéal et coulent des jours heureux dans leur villa de Saint-Tropez, jusqu’au jour où arrive Harry, au bras de sa fille, l'incendiaire Pénélope. Ancien amant de Marianne, l'homme trouble cette vie tranquille. La tension monte.

    Pourquoi le (re)voir ?

    La Piscine marque les retrouvailles de Romy Schneider et d’Alain Delon devant la caméra, dix ans après leur première rencontre sur le tournage de Christine de Pierre Gaspard-Huit. A l'époque, en 1958, Romy Schneider venait de terminer de tourner la série des Sissi et jouissait déjà d’une certaine notoriété, tandis qu’Alain Delon était encore inconnu.

    Lors du tournage, les deux comédiens tombent amoureux et deviennent très vite l’un des couples les plus glamours du cinéma. Leur histoire d’amour passionnée durera 5 ans, jusqu'à ce qu’Alain Delon devenu un acteur de renom, ne quitte Romy Schneider. Celle-ci décide alors de retourner en Allemagne, épouse le metteur en scène Harry Meyen, et met sa carrière entre parenthèses pour élever leur fils David.

    Cinq ans plus tard, Alain Delon impose Romy Schneider pour être sa partenaire dans le film de Jacques Deray, impulsant ainsi son retour devant la caméra. Dans La Piscine, l’actrice joue une jeune femme radieuse, libre et amoureuse. Dans ce drame psychologique, la tension et l’intensité montent peu à peu et l’atmosphère charnelle et légère du début se transforme en atmosphère moite, lourde et tendue.

    La prestation des comédiens est magistrale et le couple Delon / Schneider au paroxysme de la sensualité. La Piscine est un film fascinant à voir ou revoir autant pour son ambiance que pour ses comédiens magnétiques.

    La Piscine
    La Piscine
    Sortie : 31 janvier 1969 | 2h 00min
    De Jacques Deray
    Avec Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin, Paul Crauchet
    Presse
    4,5
    Spectateurs
    3,7
    Voir sur Netflix

    Le saviez-vous ?

    Romy Schneider et Alain Delon ont partagé les mêmes plateaux de cinéma à cinq reprises : dans Christine de Pierre Gaspard-Huit en 1958, Plein soleil de René Clément en 1960, L' Amour à la mer de Guy Gilles en 1964, La Piscine de Jacques Deray en 1968 et L' Assassinat de Trotsky de Joseph Losey en 1972.

    LES CHOSES DE LA VIE (1970)

    Capture d'écran

    De quoi ça parle ?

    Au volant de sa voiture, Pierre, architecte d'une quarantaine d'années, est victime d'un accident de la route. Ejecté du véhicule, il gît inconscient sur l'herbe au bord de la route. Il se remémore son passé, sa vie avec Hélène, une jeune femme qu'il voulait quitter, sa femme Catherine et son fils...

    Pourquoi le (re)voir ?

    Alter ego, muse, pygmalion … Les mots ne manquent pas pour qualifier la relation unissant Romy Schneider à Claude Sautet. Un duo emblématique du cinéma français dont la première rencontre a lieu sur Les Choses de la vie. En effet, lorsqu’il croise l’actrice doublant son personnage pour La Piscine dans les studios de Boulogne Billancourt, le cinéaste est conquis.

    Il ne la connait pas, n’a vu aucun de ses films mais la trouve "vivante" et est fasciné par son "mélange de charme vénéneux et de pureté vertueuse". Elle voit en lui un père spirituel et exige un lien affectif exclusif, il se plait à cultiver son accent et son phrasé inimitables, son chignon serré autour d’un visage qu’il préfère dénudé.

    Avec Les Choses de la vie, Sautet brise définitivement l’image trop lisse de Romy et la place au sommet de sa popularité dans le cœur des Français, pour qui elle incarne la femme par excellence, moderne et émancipée. Avec Les Choses de la vie, il impose aussi son propre talent de portraitiste, aidé des dialogues ciselés de Jean-Loup Dabadie, de la musique lyrique de Philippe Sarde et surtout surtout du tandem captivant que forment Romy et Michel Piccoli.

    Ce couple mythique, Sautet le remettra en scène un an plus tard dans Max et les Ferrailleurs, offrant par la même occasion à son égérie un personnage encore plus sensuel, à la fois solaire et mélancolique, assumant pleinement ses fêlures et ses désirs. A découvrir absolument aussi !

    Les choses de la vie
    Les choses de la vie
    Sortie : 18 mars 1970 | 1h 28min
    De Claude Sautet
    Avec Michel Piccoli, Romy Schneider, Léa Massari, Gérard Lartigan, Jean Bouise
    Spectateurs
    3,9
    Streaming

    Le saviez-vous ?

    Duo mythique, on l'a dit, Romy Schneider et Michel Piccoli ont joué ensemble pour la première fois dans La Voleuse (1966) de Jean Chapot. Réunis une troisième fois par Sautet dans Mado (1976), ils se retrouveront également sur deux autres plateaux : celui du Trio infernal (1974) de Francis Girod et celui de La Passante du Sans-Souci (1981) de Jacques Rouffio.

    Le couple qu'ils forment dans Les Choses de la vie sera également réincarné outre atlantique par Sharon Stone et Richard Gere, personnages principaux d' Intersection, le remake américain du film de Sautet réalisé par Mark Rydell en 1993.

    CESAR ET ROSALIE (1972)

    Capture d'écran

    De quoi ça parle ?

    Un triangle amoureux, avec en son centre Rosalie, objet du désir : mariée à César, elle voit ressurgir David, un ancien amour. Après avoir tout d’abord violemment réagi, César abandonne la lutte et Rosalie à David. Mais une étrange amitié, qui n'est pas du goût de la jeune femme, va se développer entre les deux rivaux...

    Pourquoi le (re)voir ?

    Parce que César et Rosalie magnifie le charme de Romy Schneider, dans ce ménage à trois où l’actrice se trouve tiraillée entre un Sami Frey au zénith de son pouvoir de séduction et un Yves Montand dans l’un de ses rôles les plus émouvants – si Romy est le cœur du film, il en est l’âme. Peut-être aussi pour la sourde tristesse qui émane de ce récit pourtant plein de vie, à l’image du tonitruant personnage de Montand, qu’observe, souvent intrigué, son exact opposé Sami Frey.

    Au cœur du film donc, Rosalie, grâce incarnée, qui voit avec inquiétude les deux hommes de sa vie se rapprocher l'un de l'autre. Comme toujours (et peut-être mieux que jamais ?), Sautet entrelace force de vie et tendre mélancolie, dans ce drame d’une sensibilité renversante.

    César et Rosalie
    César et Rosalie
    Sortie : 11 octobre 1972 | 1h 50min
    De Claude Sautet
    Avec Yves Montand, Romy Schneider, Sami Frey, Bernard Le Coq, Isabelle Huppert
    Spectateurs
    3,9
    Streaming

    Le saviez-vous ?

    Le rôle de Rosalie était au départ prévu pour Catherine Deneuve, tandis que celui de César aurait dû échoir à Vittorio Gassman. Il fut également question de Gérard Depardieu pour le rôle finalement tenu par Sami Frey.

    L'IMPORTANT C'EST D'AIMER (1975)

    Capture d'écran

    De quoi ça parle ?

    Servais, un reporter photographe, rencontre Nadine, une comédienne qui, pour survivre, est contrainte de tourner des films pomographiques. Elle est attirée par le jeune homme, mais elle aime son mari, sorte de Pierrot désenchanté qui fuit les réalités de la vie. L'actrice de second plan et le journaliste vont vivre un amour contrarié par le milieu violent et pervers du show-biz dans lequel ils évoluent.

    Pourquoi le (re)voir ?

    Pour le côté obscur de Romy Schneider, le versant sombre et tragique de son jeu d’actrice et le regard bouleversé qu’elle offre à la caméra d' Andrzej Zulawski, dès les premières minutes du film. Une scène d’ouverture terrible où le cinéaste semble vouloir provoquer le spectateur en lui livrant une Romy défaite et désespérée, dans le rôle d’une actrice ratée.

    L' Important c'est d'aimer est un film âpre, dérangeant, interdit aux moins de 16 ans et mis en scène par un réalisateur excessif qui épuisera et poussera son interprète principale dans ses retranchements. De ce tournage qu’elle qualifiait de "maudit", Romy Schneider ne gardera en effet que d’amers souvenirs. 

    C’est pourtant au rythme des accords poignants et obsessionnels de la musique de Georges Delerue que l’actrice malmenée offrira l’une de ses performances les plus exceptionnelles, récompensée en 1976 par le César de la meilleure actrice. Déchirée et déchirante, elle est alors la première comédienne à obtenir cette récompense suprême du cinéma français…

    L'important c'est d'aimer
    L'important c'est d'aimer
    Sortie : 20 octobre 2009 | 1h 49min
    De Andrzej Zulawski
    Avec Romy Schneider, Fabio Testi, Jacques Dutronc, Klaus Kinski, Claude Dauphin
    Presse
    4,7
    Spectateurs
    3,4
    Streaming

    Le saviez-vous ?

    C’est Claude Sautet qui offrira son deuxième César à Romy Schneider grâce à Une histoire simple et un rôle écrit sur mesure pour celle qu’il voyait comme "la synthèse de toutes les femmes". Si c’est en la malmenant que Zulawski a obtenu de l'actrice ce qu’il désirait, c’est davantage en composant avec sa vraie nature, entre solidité et fragilité, que Sautet a su l’apprivoiser.

    L' Important c'est d'aimer marque en outre la première prestation dramatique du chanteur et comédien français Jacques Dutronc, qui s'était auparavant illustré dans Antoine et Sébastien et OK patron.

    LE VIEUX FUSIL (1975)

    Capture d'écran

    De quoi ça parle ?

    L'action se déroule en 1944, à Montauban. Le chirurgien Julien Dandieu y mène une vie paisible avec sa femme, Clara, et leur fille Florence. Cependant, l'invasion allemande ne peut le laisser indifférent : préférant les savoir éloignées des tourments de cette guerre, Julien demande à son ami François de conduire Clara et Florence à la campagne, où cette famille possède un château, véritable forteresse médiévale qui surplombe un village. Une semaine plus tard, ne supportant plus l'absence des siens, Julien rejoint sa famille pour découvrir, avec effroi, que les Allemands ont déjà semé la terreur dans le village...

    Pourquoi le (re)voir ?

    Lors de la première cérémonie des César en 1976, Romy Schneider remporta celui de la Meilleure actrice pour L'Important c'est d'aimer, une récompense qu'elle aurait pu tout aussi bien mériter pour Le Vieux fusil sorti la même année que le film de Zulawski. Tant sa prestation aux côtés de Philippe Noiret reste bouleversante et dérangeante. Victime de la barbarie nazie, son personnage périt violée et brûlée vive au lance-flammes.

    Une scène proprement insoutenable qui marqua profondément le public français mais qui ne doit pas faire oublier les moments heureux vécus par le couple, passages tendres et délicats ponctuant comme autant de flashbacks le reste du film. Telle une présence fantômatique, Romy Schneider hante les pensées de Philippe Noiret durant sa quête de vengeance. Certains verront dans cette performance une volonté de l'actrice d'exorciser un lourd secret familial, sa mère Magda Schneider étant soupçonnée d’avoir eu une relation avec Goebbels, ministre de la propagande nazie.

    D'autres y trouveront la preuve, une fois encore, que la belle Romy se donnait corps et âme à ses personnages, qu'elle s'y abandonnait totalement, sans aucune envie de s'en protéger. Après Le Vieux fusil et ses trois millions de spectateurs - ce qui en fait le plus gros succès commercial de Romy Schneider, celle-ci tournera quatre autres films ayant également pour cadre la Seconde Guerre mondiale : sous la direction de Pierre Granier-Deferre, Le Train aux côtés de Jean-Louis Trintignant et Une femme à sa fenêtre de nouveau avec Philippe Noiret ; sous celle du cinéaste yougoslave Aleksandar Petrovic, Portrait de groupe avec dame, l'adaptation d’un roman de Heinrich Böll; et enfin sous l'oeil de Jacques Rouffio, La Passante du Sans-Souci, son dernier film.

    Le vieux fusil
    Le vieux fusil
    Sortie : 1 août 1975 | 1h 43min
    De Robert Enrico
    Avec Philippe Noiret, Romy Schneider, Jean Bouise, Caroline Bonhomme, Catherine Delaporte
    Spectateurs
    4,2
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    Le saviez-vous ?

    Le point de départ du Vieux fusil, c'est un journal de province trouvé par le réalisateur Robert Enrico et l'auteur Pascal Jardin. Un article traitait d'un homme qui avait retrouvé sa femme assassinée chez lui, alors que les deux meurtriers, des SS allemands, étaient toujours présents sur les lieux du crime.

    Lino Ventura était pressenti pour jouer le rôle masculin principal du film, mais celui-ci refusa en raison de la trop grande violence qui se dégageait du scénario.

    LA MORT EN DIRECT (1980)

    Capture d'écran

    De quoi ça parle ?

    Grâce à une caméra greffée dans son cerveau, Roddy filme tout ce qu'il voit. Katherine, atteinte d'un mal incurable, veut échapper à une agonie en direct à la télévision.

    Pourquoi le (re)voir ?

    Bertrand Tavernier tourne La Mort en direct en 1979. Dénonçant les dérives d’une télévision voyeuriste, le film visionnaire est aujourd'hui plus que jamais d’actualité, et ce quelques quarante trois ans après sa sortie. Côté casting, Tavernier se montre tout aussi audacieux. Pour les rôles principaux, le réalisateur choisit d’emblée Romy Schneider et Harvey Keitel.

    Mais, à l’époque, les deux comédiens ne sont pas populaires : Keitel, suite à son exclusion du tournage d’Apocalypse Now, est mal vu par la critique et a la réputation d’être ingérable, tandis que la jolie Romy Schneider ne semble pas convaincre dans le rôle d’une mourante. Les producteurs du film verraient bien des acteurs plus populaires en tête d’affiche, tels que Robert De Niro ou Jane Fonda.

    Mais Tavernier parvient à imposer ses choix et le film, beau succès critique et public, doit beaucoup à ses deux interprètes. Romy Schneider que l’on croyait trop "pleine de vie" pour incarner une mourante, se glisse à merveille dans la peau de Katherine, une jeune femme qui refuse toute forme d’apitoiement et cache en elle une terrible blessure.

    Ce rôle prend une dimension d’autant plus tragique lorsque l’on sait qu’un an après la sortie du film, Romy Schneider perdra son fils David, mort dans des conditions particulièrement douloureuses. Dès lors, les traits de l'actrice sembleront se confondre avec ceux de son héroïne, femme blessée rongée par la mort...

    La Mort en direct
    La Mort en direct
    Sortie : 11 janvier 1980 | 2h 08min
    De Bertrand Tavernier
    Avec Romy Schneider, Harvey Keitel, Harry Dean Stanton, Thérèse Liotard, Max von Sydow
    Presse
    4,5
    Spectateurs
    3,4
    Streaming

    Le saviez-vous ?

    David, le fils de Romy Schneider, partage une scène avec sa mère dans ce film et joue le rôle du petit garçon qui joue au ballon dans un parc.

    LA PASSANTE DU SANS-SOUCI (1982)

    Capture d'écran

    De quoi ça parle ?

    En 1981, Max Baumstein abat l'ambassadeur du Paraguay avant de se constituer prisonnier. Il avoue alors les raisons de son geste à sa femme Lina : l’homme qu’il a tué de sang-froid est responsable de la déportation de son père et de la honte qui marqua à vie sa mère… Romy Schneider interprète ici un double rôle, incarnant la femme de Michel Piccoli mais aussi sa mère dans les scènes de flash-back.

    Pourquoi le (re)voir ?

    Pour la prestation de Romy Schneider sous la direction de Jacques Rouffio. Une évidence ? Plutôt une nécessité... pour qui veut comprendre la carrière de l'actrice et entrevoir son versant sombre et mélancolique. Dernier film de Romy, La Passante du Sans-Souci lui tenait particulièrement à coeur, pour des raisons personnelles. Elle avait initié le projet, l'adaptation d'un roman homonyme de Joseph Kessel publié en 1936, où le passé ressurgit et éclabousse le présent.

    A travers cette histoire d'ancien officier SS abattu quelques années après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l'actrice exorcise les errements de sa mère Magda, dont les amitiés avec Hitler et sa clique, n'en finissaient pas de la ravager de honte et de culpabilité.

    La Passante du Sans-Souci
    La Passante du Sans-Souci
    Sortie : 14 avril 1982 | 1h 56min
    De Jacques Rouffio
    Avec Michel Piccoli, Romy Schneider, Helmut Griem, Dominique Labourier, Gérard Klein
    Spectateurs
    3,7
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    Le saviez-vous ?

    Marqué par les problèmes de santé de Romy, le film prit des airs de chemin de croix. Non seulement le tournage fut décalé de quelques mois, le temps pour la comédienne de se remettre d'une fracture de la jambe, mais les prises de vues furent interrompues pendant de longues semaines, suite à l'ablation du rein que dut subir l'actrice.

    Jean Reno fait ici ses débuts d'acteur. Il incarne l'un des hommes de main qu'on aperçoit à la fin du film. Un an plus tard, il devait tenir le rôle de la Brute du Dernier combat de Luc Besson.

    L'ENFER D'HENRI-GEORGES CLOUZOT (2009)
    Capture d'écran
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    De quoi ça parle ?

    En 1964, Henri-Georges Clouzot choisit Romy Schneider, 26 ans, et Serge Reggiani, 42 ans, pour être les vedettes de L'Enfer. Un projet énigmatique et insolite au budget illimité, un film destiné à être un "événement" cinématographique à sa sortie. Mais après trois semaines de tournage, le drame. Le projet est interrompu, et les images que l'on disait "incroyables" ne seront jamais dévoilées.

    Ces images, oubliées depuis un demi-siècle, ont été retrouvées et se révèlent plus époustouflantes encore que ne le voulait la légende. Elles racontent un film unique, la folie et la jalousie filmées en caméra subjective, l'histoire d'un tournage maudit et celle d'Henri-Georges Clouzot laissant libre cours à son génie.

    Jamais Romy n'a été aussi belle et hypnotique. Jamais un auteur n'aura été aussi proche et fusionnel avec son héros. Serge Bromberg et Ruxandra Medrea réussissent ici une "recomposition" de l'oeuvre disparue, créant un nouveau film qui raconte l'histoire de ce naufrage magnifique et permet au projet d'exister enfin.

    Pourquoi le (re)voir ?

    Lorsqu'on découvre les images tournées par Henri-Georges Clouzot et retrouvées par Serge Bromberg, plus de doute: un chef d'oeuvre était en route. L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot donne non seulement le sentiment qu'un grand film du cinéaste nous manque, mais que l'histoire du cinéma français en aurait été altérée. Le parti pris esthétique prenait à contrepied les réalisateurs de la Nouvelle Vague, aux yeux desquels Henri-Georges Clouzot n'avait plus rien à offrir au cinéma.

    Deux ans après le fameux Something's got to give de George Cukor, dernier film inachevé avec Marilyn Monroe en tête d'affiche, une autre des plus belles actrices au monde a joué dans une oeuvre interrompue et qui ne verra jamais le jour : Romy Schneider. L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot est aussi un document passionnant sur les méthodes de travail du cinéaste et ses rapports conflictuels avec ses comédiens.

    On y retrouve Serge Reggiani perdant à plusieurs reprises son sang froid, alors que la belle Romy Schneider, avec son rouge-à-lèvres bleu, plus sexy et dénudée que jamais, fait preuve d'un professionnalisme et d'une patience à toute épreuve.

    Et puis, simplement, L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot est tout ce qui reste de ce qui aurait dû être "L'Enfer", d'Henri-Georges Clouzot. Une raison qui, à elle seule, justifie qu'on visionne inlassablement ce film. Comme le disait Serge Bromberg, au moment de recevoir le César du meilleur documentaire : "Et dire qu'il restait encore un film avec Romy Schneider à découvrir !"

    L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot
    L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot
    Sortie : 11 novembre 2009 | 1h 34min
    De Serge Bromberg, Ruxandra Medrea
    Avec Romy Schneider, Serge Reggiani, Bérénice Bejo, Catherine Allegret, Gilbert Amy
    Presse
    4,1
    Spectateurs
    3,8
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    Le saviez-vous ?

    Le film d'Henri-Georges Clouzot n'a jamais vu le jour, mais son scénario a été récupéré par Claude Chabrol en 1994, qui tourna sa propre version de L'Enfer, avec Emmanuelle Béart et François Cluzet. Un joli coup de chapeau d'un ancien de la Nouvelle Vague à Henri-Georges Clouzot, mais qui n'a tout de même pas comblé le trou béant laissé par l'abandon d'un film qui, trente ans plus tôt, aurait fait sensation.

    Un chef d'oeuvre déroutant:

     

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