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Andrew Person
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2,0
Publiée le 8 novembre 2025
Une lumière éclatante envahit “L’Étranger”, mais elle n’éblouit jamais assez pour masquer les faiblesses du film. Derrière l’esthétique soignée d’Ozon, on découvre une œuvre étonnamment plate, où le personnage principal semble réduit à un pantin inerte, incohérent, animé tour à tour par des pulsions, par un vide existentiel ou par une résignation sans véritable cohésion.
Le sous-texte du roman de Camus, sa profondeur philosophique et son ambiguïté morale, disparaissent presque totalement au profit d’un discours militant appuyé. La volonté d’ajouter une cible dans le dos des français se fait avec une telle lourdeur que la caricature finit par desservir le propos, tant elle paraît peu crédible et douloureusement schématique.
On peine à croire à ce que l’on voit : les stéréotypes deviennent pastiches, les enjeux dramatiques se dégonflent, et la portée politique s’émousse. Reste une maîtrise évidente des scènes de sexe : les seules où la mise en scène semble retrouver une urgence, un vrai désir de cinéma. Le reste, malgré un emballage brillant, apparaît prétentieux, creux et étonnamment mollasson.
Une bonne idée pour commencer : le choix du noir et blanc, qui permet dans un premier temps un passage fluide entre une bande d’actualités de l’époque et l’installation de l’histoire. Ce choix permet par ailleurs, par moments, de donner une touche esthétique très plaisante au film. Dommage que ce choix, qui fait si bien coller le film à son contexte historique, n’ait pas inspiré la bande son du générique de fin, totalement hors sujet et en rupture totale avec ce qu’on vient de regarder. Si tant est qu’on ait accroché à l’histoire et à l’ambiance, cette bande son vient trop brutalement réinsérer le spectateur dans le monde d’aujourd’hui. A moins que ce choix ne soit simplement fait pour nous réveiller, et s’assurer que nous quittons bien la salle ? Car, à vrai dire, ce film est long, long , long…. Ou du moins le paraît. Mais quelle idée a guidé Ozon dans son choix d’empêcher son acteur principal de jouer ? L’une des scènes finales prouve pourtant que Benjamin VOISIN dispose de la palette d’émotions d’un vrai comédien. Mais il lui est demandé pendant tout le reste du film de promener un regard et une moue uniques, un port de tête désabusé et indifférencié quelle que soit la situation. Certes il est plutôt beau, et souvent bien photographié. Du coup, l’image qui me vient : une gravure de mode à la mine figée, sans rien dans le regard qui nous donne envie de s’intéresser au personnage. Malgré mes efforts (j’ai quand même essayé), je n’y suis personnellement pas arrivé : je n’ai éprouvé aucune empathie pour cet homme. Il m’est pourtant souvent arrivé, au cinéma, d’aimer les méchants, voire les salauds, parce qu’ils étaient à minima intéressants. Ici, rien de tout cela : on a affaire à un ectoplasme. C’est d’ailleurs resté l’un de mes questionnements pendant tout le film: qu’est-ce qui peut pousser Marie, le personnage féminin, solaire, pétillant,spoiler: à vouloir lier sa vie à quelqu’un certes beau mais sans charisme, et qui ne sait rien donner en retour ? Ce n’est d’ailleurs pas le seul mystère de ce film, tout au long duquel on voit le personnage se mouvoir sans émouvoir, sans qu’on ait la moindre clé permettant de comprendre son comportement. Ses agissements n’ont, aux yeux du spectateur que je suis, aucun sens ou justification. Qu’est ce qui le pousse par exemplespoiler: à refaire un tour sur la plage à la recherche de l’homme qu’il va finir par abattre, alors que les scènes précédentes montre qu’il n’a aucun affect particulier par rapport à cet homme, se bornant jusque-là à accompagner son « ami » dans sa vendetta, mais dans une attitude strictement suiviste ?
N’ayant pas lu le livre de Camus que le film prétend nous faire partager (excusez mon inculture !), j’en suis arrivé à me questionner sur les raisons du succès que ce livre avait connu et qu’il continue à connaître. J’ai fini par avoir ma réponse, bien tard dans le film, spoiler: au moment où MEURSAULT vient de « tuer l’arabe » . En voix off, on l’entend -enfin- penser, tenter une explication de ce qui vient de le pousser à agir ainsi. En quelques phrases, j’ai aperçu toute la finesse et la richesse de l’écriture de Camus. Ce film aurait-il su m’accrocher si Ozon avait eu la bonne idée de laisser plus de place aux mots de Camus, plutôt qu’au mutisme bien photographié de son personnage principal ? J’en fais le pari. Du coup, bien que ne l’ayant pas lu moi-même, je conseillerais plutôt de lire le livre (dont un tout petit extrait a su m’agripper) plutôt que s’imposer un film à mon sens incapable de transmettre et faire partager la moindre émotion.
l'image est belle, les acteurs excellents et le film m'a donné envie de relire le livre que je n'ai peut etre jamais lu! . Mais le rythme nonchalant m'a donné envie de regarder ma montre ts les quarts d'heure après la première heure. La reconstition de l''Algérie coloniale est précise et semble très fouillée.
Les comédiens bien ! Le personnage de Meursault laisse a désirer (absence de ressentiment), Ozon le caricature à l'excès, il sort de l'individu a l'esclandre d'avec le prêtre sur la fin ! Par contre l'atmosphère du livre est bien restitué et en noir et blanc super.
Film de grande qualité Belle photographie Un beau jeu d'acteur Une réussite sur tout les plans Ce qui donne envie de lire ou relire ce qui est mon cas le livre
Meursault (Benjamin Voisin), la vingtaine, vit à Alger. Il exerce un petit emploi de bureau. Tout lui semble étranger : la mort de sa mère et son enterrement, qui ne lui arrachent pas une larme, l’amour pur que lui voue Marie (Rebecca Marder) qui le laisse indifférent, jusqu’à l’assassinat d’un Arabe qu’il abat froidement sur la plage où il passait le dimanche en compagnie de son voisin, le proxénète Raymond Sintès (Pierre Lottin).
"L’Étranger" est, de l’avis général, un grand livre, un des plus marquants du XXième siècle, qui occupe sa place méritée dans tous les programmes scolaires de littérature française. L’adaptation qu’en tire François Ozon lui est d’une grande fidélité. Après celle de Visconti, dont il est de bon ton de dire qu’elle fut ratée et qui, en son temps, m’avait copieusement rasé, celle-ci fera certainement date.
Pourtant la critique que je vais en faire est un coup de gueule. Coup de gueule outré, subjectif et lui-même critiquable. Il tient avant tout à ma relation à ce roman de Camus que je n’ai jamais aimé. Je me souviens de mon incompréhension voire de mon désarroi en classe de troisième (ou peut-être de seconde ? je ne sais pas (sic)) devant cette lecture imposée. Cet anti-héros contrastait tellement avec les figures chevaleresques de mes romans préférés : Jean Valjean, Etienne Lantier, Julien Sorel, Lucien de Rubempré… Pourquoi tant d’apathie ? pourquoi tant d’indifférence au monde qui l’entoure ? Avec ma fougue adolescente, j’avais envie – et cette envie ne m’a jamais quitté – de secouer Meursault, de lui enjoindre d’aimer la vie et ses promesses, plutôt que de sombrer dans une résignation suicidaire.
On me répliquera – et on aura raison – que Meursault incarne la condition humaine mieux que les grands héros glorieux de la littérature du XIXème. Certes. Pour autant, mon incompréhension et mon aversion pour ce roman n’ont jamais disparu. Au-delà de sa figure principale, un point m’a toujours gêné dans sa construction que je trouve déséquilibrée. : sa seconde partie, rythmée par les tête-à-tête de Meursault en prison avec son avocat, les juges et un aumônier, m’a toujours semblé interminable.
L’adaptation qu’en signe Ozon est, disé-je, d’une grande fidélité. Sa seule originalité : éviter l’incipit tant attendu (« Aujourd’hui Maman est morte… ») et commencer en prison avec les mots « J’ai tué un Arabe » – auxquels fera écho lors du générique de fin la chanson culte de The Cure.
Pour autant, le film rencontre selon moi deux écueils. Le premier est une image hyper-léchée, en noir et blanc, qui caresse les corps parfaits de Benjamin Voisin et Rebecca Marder, qui se pâme devant les paysages sublimes qu’Ozon et son équipe sont allés filmer au Maroc. Son esthétique est plus proche des pubs pour les parfums Armani ou Paco Rabanne que de la littérature existentialiste.
Le second est la recontextualisation, politiquement très bien pensante, de la question coloniale, gommée par Camus en son temps. Ozon filme l’Algérie française, son régime d’apartheid, ses Français bas du front et ses Arabes invisibilisés… et, avec Kamel Daoud, redonne une identité à l’Arabe tué par Meursault que Camus n’avait même pas nommé. N’en jetez plus !
Il est évident que le talent est présent, cependant le scénario n’a pas réussi à me convaincre pour que l’ennui ne prenne le devant. Du cinéma sûrement trop intérieur et ne s’exprimant pas assez au vu des longueurs que j’ai ressenti. Dommage.
Un excellent film ! Le personnage de Meursault est joué de manière excellente par Benjamin Voisin. Le choix du film en noir et blanc est une excellente idée car il donne une sensation d’oppression comme on veut le voir dans un film comme celui là. De plus, le scénario est fidèle au livre ! A aller voir le plus vite possible !
L’Étranger d’Albert Camus est un des romans français les plus célèbres. Pourtant, il n’avait jamais connu d’adaptation cinématographique hexagonale (le roman ayant juste été adapté en Italie par Luchino Visconti en 1967 et en Turquie par Zeki Demirkubuz avec Yazgı, présenté dans la section Un certain regard au Festival de Cannes 2002). François Ozon rattrape ce manquement surprenant en livrant une belle adaptation en noir et blanc (esthétique qu’il avait déjà travaillée dans Frantz). Si les amateurs du roman pourront être surpris de voir le film débuter en flashback (on apprend dès les premières séquences que Meursault a tué un arabe) et ne pas citer la célèbre première phrase du roman, le cinéaste offre un film à la facture classique mais tout à fait maitrisée et parfaitement interprétée (il bénéficie d’un beau casting avec Benjamin Voisin, Rebecca Marder, Pierre Lottin, Denis Lavant, Swann Arlaud et Christophe Malavoy). En outre, on peut apprécier une reconstitution réussie de l’Algérie coloniale de 1942 qui laisse percer les raisons de la future décolonisation (qui sont évoquées dans le générique de début) et les tensions existantes entre les populations présentes à cette époque spoiler: (même si celles-ci ne sont pas la raison principale du meurtre causé par Meursault) . Le personnage principal étant en apparence dépourvu d’émotionspoiler: (même si son monologue final peut faire comprendre que ce n’est pas tout à fait le cas) , il est difficile pour le spectateur d’être vraiment touché par son destin mais on reste constamment intéressé par ce qui lui arrive et par le fait d’essayer de comprendre sa psychologiespoiler: et la forme d’honnêteté qu’il possède (il ne ment jamais) . Une fois de plus, François Ozon signe donc un très bon film qui pourra, en plus, remettre au goût du jour un classique de la littérature française.
Quel film poignant et magnifique ! Il m'a totalement envoûté. La réalisation en noir et blanc est superbe et reflète parfaitement la vie en Algérie sous domination française. Je n'avais pas lu le livre, mais je viens d'en commander un exemplaire. Un chef-d'œuvre !
Très belle transposition à l’écran du roman de Camus .L’esthétisme du film est parfaite ,beau jeu des acteurs Benjamin voisin et pierre lottin .C’est un film qui t’amène à réfléchir sur l’homme ,les codes de notre société imposés ,la mort ,l’influence des émotions …beaucoup de thèmes sont abordés .A voir même si je pense que ce n’est pas un film grand public .
Le film est très bien. Benjamin Voisin joue super bien son rôle et ça en devient même impressionnant. Les scènes sont réalistes et toutes travaillées avec une grande rigueur. Je suis vraiment très satisfait. Le début est un peu lent mais bon, ça fait partie du film. 
Un superbe noir et blanc et une scène finale où Voisin joue superbement bien de sincérité. Le reste du film est une longue déambulation d’un autiste et d’un souteneur imitant mal la gouaille des grands seconds rôles du cinéma français des annnees 30. Et, comme on est avec Ozon, impossible d’éviter le cliché gay - gros plan sur la narine qui frisonne de désir - qui dessert l’adaptation. Le livre en sort grandit et on se dit que Ozon savait mieux faire il y a longtemps.
Pas fan de l’œuvre de Camus, Ozon a eu le malheur de très bien retranscrire le récit et le personnage de Meursault. Le film ravira les gens qui ont aimé le livre. Une photographie rare et une esthétique qui compense les lenteurs.