Esther – La gamine que tu ne veux surtout pas adopter
Kate et John, c’est le couple typique des films d’horreur : des bonnes âmes en quête de rédemption émotionnelle qui, comme d’hab, font les pires choix possibles. Perdre un enfant, c’est tragique, on compatit. Mais adopter une gamine aussi flippante qu’Esther, c’est de la sélection naturelle : quand tu vois une fillette habillée comme si elle sortait d’un pensionnat victorien hanté, tu fuis. Mais non, eux, ils la trouvent “adorable”. Évidemment, ça tourne mal.
Dès son arrivée, tu comprends que cette petite n’a rien à faire dans un conte de fées. C’est pas Peau d’Âne, c’est plutôt “Peau de Serpent”. Esther manipule, espionne, et si elle avait un sabre laser, elle décimerait l’école primaire en deux jours. Isabelle Fuhrman est glaçante : un mélange de mignonnerie et de malveillance qui te donne envie de vérifier que ta porte est bien fermée à clé la nuit. C’est Chucky version cosplay sage.
Ce que Jaume Collet-Serra a compris, c’est qu’on n’a pas besoin de gore à chaque plan pour flipper. Ici, on est plus proche de Psychose que de Saw. Les scènes sont tendues comme un string, les plans sont calculés au millimètre pour t’étouffer petit à petit. Pas de fantômes ou de monstres CGI ridicules : juste une petite peste qui te fait monter l’angoisse crescendo.
Bon, parlons du vrai problème : ces parents sont des boulets. Kate sent qu’Esther est une psychopathe en herbe dès le début, mais John ? Rien, zéro alerte. Le mec serait capable de voir un zombie en décomposition dans son salon et de dire “Il a juste mauvaise mine”. Heureusement que Kate tient la baraque, sinon la gamine aurait déjà transformé la maison en manoir de Resident Evil.
Ah, ce fameux twist. Si tu l’as vu venir, bravo, t’es un génie. Sinon, c’est normal : ils l’ont bien planqué. Quand la révélation arrive, t’as envie de rembobiner tout le film pour voir les indices que t’as ratés. C’est comme quand t’apprends que Bruce Willis était mort depuis le début dans Sixième Sens : ça te coupe le souffle et ça te laisse un peu con.
Esther, c’est la masterclass du thriller psychologique. Une gamine flippante, une tension bien dosée, et un final qui te met une gifle. Jaume Collet-Serra prouve qu’avec un bon script et une ambiance travaillée, t’as pas besoin de zombies ou de démons à chaque plan. Par contre, un conseil : si tu croises une gamine trop sage et trop souriante, cours.
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