The Revenant suit des trappeurs en terre amérindienne. On est plongé dans une ambiance glaciale au XIXe siècle, en pleine Amérique encore sauvage et hostile pour le groupe de trappeurs que nous suivons, dont Hugh Glass, éclaireur ayant adopté la culture des natifs américains et ayant même un enfant d’une mère amérindienne.
On est introduit dans le film avec un plan-séquence pendant une bataille très immersive, avec beaucoup de mouvements, comme si on courait aussi. Le film est très marquant visuellement pour cela et me rappelle aussi beaucoup les westerns, notamment pour les armes apparaissant en premier dans les affrontements, mais aussi le rythme contemplatif avec des plans impressionnants des grands paysages et de la nature.
Glass est en effet un connaisseur de la nature, contrairement à ses acolytes comme Fitzgerald, détestant les Indiens et rabaissant constamment son fils. Le titre du film prend tout son sens quand Fitzgerald laisse pour mort Glass après une attaque d’ours et tue son fils sous ses yeux impuissants. On ressent tout le calvaire de Glass, que ce soit physiquement comme mentalement. Il est au bord de la mort et malgré tout, il survit dans l’unique but de venger son fils.
On suit donc sa rédemption, le tout accompagné de flashbacks constants de sa famille, dont sa femme quand ils étaient tranquilles. Le film a une part mystique, avec beaucoup d’hallucinations nous perdant parfois dans ce qui est réel ou non, notamment lors de la rencontre avec un natif ayant tout perdu comme lui mais avec une mentalité différente. En effet, lui pense que la vengeance ne lui appartient pas, ce qui fait réfléchir Glass.
Fitzgerald, quant à lui, fait tout le temps passer ses intérêts avant tout et prend les décisions les plus pragmatiques en laissant de côté les sentiments.
L'affrontement final tant attendue épique, se termine ironiquement en bataille d’infirmes, les deux très diminués, et finalement Glass trouve le sang-froid de l’épargner tout en le laissant aux natifs qui veulent sa peau. Cela se clôture sur Glass, voyant une dernière fois une hallucination de sa femme, seul dans la neige, lâchant un regard frontal à la caméra.