"I married a honest cop."
Après Al Capone, Meyer Lansky, Bugsy Siegel, Mickey Cohen a lui aussi son heure de gloire comme "méchant qu'on affectionne", incarné par un Sean Penn un rien caricatural et opposé à un Josh Brolin dans le ton du film noir. Pour leur donner la réplique, on notera encore Ryan Gosling, fadasse, Nick Nolte, enroué, et Emma Stone, identique à elle-même, parfaite.
Si le sujet a été largement traité par James Ellroy en littérature, Mickey Cohen demeure un personnage très secondaire au cinéma alors qu'il reprit les affaires de Benjamin "Bugsy" Siegel à L.A. Pourtant, et d'entrée de jeu, Gangster Squad sert avant tout de prétexte à une débauche de scènes d'action musclées, bien loin des mécanismes calculateurs des parrains de la mafia. On est clairement dans un film où la seule solution pour lutter contre la mafia est d'uiliser ses méthodes, avec notamment le flic intègre, ancien héros de guerre et futur papa, quels que soient les moyens employés. En résumé, un bon vieux film au propos a priori fascisant à l'ancienne.
Au niveau de la réalisation, une interprétation cliché et un saupoudrage sépia ne font pas un objet d'art cinématographique comme Francis Ford Coppola (Cotton Club, la trilogie du Parrain), Brian de Palma (Les Incorruptibles) ou Barry Levinson (Bugsy) ont pu en créer, reprenant les codes visuels et interprétatifs des années '30. L'ensemble reste néanmoins correct et énergique, c'est déjà ça et ça permet d'éviter le naufrage dû, aussi, à des dialogues indigemment prévisibles (sérieux, on peut deviner une réplique sur deux).
Enfin, il faudra souligner aussi l'humour qui transcende quelque peu l'attrait moyen du scénario, situé quelque part entre Les Incorruptibles et les Bad Boys. Un film médiocre qui mérite d'être vu une fois, mais pas deux.