Alors que le troisième volet semblait mettre un terme à la licence avec une conclusion réussie, celle-ci débarque neuf ans plus tard avec un nouveau volet sobrement intitulé Toy Story 4, réalisé par Josh Cooley, pour un résultat convaincant. L'histoire nous fait suivre Woody, Buzz et les autres jouets de Bonnie, qui vont tenter de rapporter à la petite fille le jouet qu'elle a fabriqué pour son premier jour à la maternelle. Triste d'aller à l'école, Bonnie a crée un objet avec une cuillère-fourchette, du fil cure-pipe et un bâtonnet de glace. De retour à la maison, celui qu'elle a nommé Fourchette pend vie et devient le jouet préféré de la fillette. Seulement, alors que la famille part en virée routière à bord de son camping-car, Fourchette, en pleine crise existentielle, saute du véhicule, rejoint par Woody. Le shérif va tenter de faire entendre raison à Fourchette pour le ramener auprès de sa propriétaire, mais, pour cela, ils vont devoir faire face à d'autres menaces, alors qu'au cours de ces péripéties, le cow-boy va croiser la Bergère devenue un jouet perdu. Ce scénario s'avère plaisant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie, et ce malgré ses quelques tares. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue bien rythmée, proposant beaucoup de scènes d'action. Peut-être un peu trop, le récit cherchant à faire dans une surenchère par forcément nécessaire et se veut trop redondant dans sa structure. De plus, la romance prend autant de place que l'enjeu de base, alors que celle-ci n'est pas vraiment intéressante. Le sujet évolue lui toujours légèrement en traitant du besoin d'être la propriété d'un enfant ou non pour vivre pleinement sa vie de jouet. Et si le ton se veut toujours aussi familial, l'humour fonctionne moins bien. On rit et sourit moins. L'ensemble est porté par des personnages qu'on retrouve avec plaisir, même s'ils ne sont pas tous logés à la même enseigne. En effet, la narration se concentre avant tout sur Woody, la Bergère et la nouvelle vedette de ce volet, Fourchette, qui est un jouet hautement original. Buzz l’Éclair, Jessie, Rex, Bayonne, Monsieur et Madame Patate, Zig-Zag, Pile-Poil, Dolly, Trixie ou encore Bouton d'Or sont eux hélas relégués au second plan. D'autant plus qu'il faut faire de la place aux nouveaux arrivants que sont Gabby Gabby et ses sbires pantins, Duke Caboom et Ducky et Bunny. Si les premiers sont appréciables, les deux derniers cités sont eux assez agaçants. Il est également dommage qu'il ni ait pas davantage de jouets anciens, alors que le propos était propice à cela. Tous ces individus entretiennent des rapports mêlant conflits, entraide et amour, ce qui procure quelques petites émotions, même si elles sont moins présentes que dans le premier et le troisième opus. Des échanges soutenus par des dialogues pas aussi inspirés et amusants que chez ses aînés. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative. Sa mise en scène fait le boulot. Mais c'est surtout l'aspect technique qui impressionne. Les studios Pixar maîtrisent désormais parfaitement leur art et cela se voit à l'écran. L'univers qu'ils ont imaginé il y a vingt-quatre ans n'a jamais été aussi beau. Esthétiquement, ça n'a jamais été aussi détaillé et les textures n'ont jamais été aussi réalistes. De plus, l'action se déroule dans un terrain de jeu qui n'a jamais été aussi grand. Les environnements sont appréciables, notamment la boutique d'antiquités et la fête foraine, deux endroits où se déroule la majorité de l'aventure. Paradoxalement, alors que les couleurs sont chatoyantes, une bonne partie du récit se déroule de nuit, chose peu vu jusqu'alors dans la franchise. Ce visuel impeccable est accompagné par une bande originale de bonne facture, dont les compositions collent bien aux situations et aux images. De plus, une nouvelle chanson propre à la nouvelle tête d'affiche fait son apparition, chose appréciable. Et comme toujours, le thème principal est de la partie pour notre plus grand bonheur nostalgique. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Toy Story 4 qui, en conclusion, est une bonne œuvre, même si elle reste inférieure au volet originel et au troisième, se plaçant au même niveau que le deuxième, et reste tout de même un long-métrage d'animation de qualité de la part du studio à la lampe.