Insaisissables 2 est ce moment gênant où un film de magie révèle non seulement ses trucages, mais aussi son vide. Là où le premier opus était un divertissement malin (et un peu roublard), cette suite ressemble à un prestidigitateur qui expliquerait ses tours… tout en continuant à demander des applaudissements.
Le film part pourtant avec une idée séduisante : opposer les Cavaliers à un méchant de la tech, incarnation ultime du capitalisme numérique moustachu.
Problème : le scénario devient rapidement un PowerPoint de twists, empilant révélations inutiles, fausses pistes et retournements tellement prévisibles qu’on finit par deviner le twist avant même que le personnage n’ait compris qu’il y avait un twist.
La magie, ici, n’en est plus vraiment. Elle est remplacée par des effets spéciaux, du montage hystérique et des explications pseudo-scientifiques qui feraient passer un épisode des Experts pour un documentaire Arte.
Tout est possible, tout est justifiable, donc plus rien n’a de valeur.
Quand un film peut tricher autant qu’il veut, le spectateur finit par décrocher : ce n’est plus de l’illusion, c’est de la flemme scénaristique.
Jon M. Chu filme tout ça avec énergie, certes, mais aussi avec une certaine vulgarité visuelle : ça brille, ça bouge, ça clignote, mais ça ne raconte pas grand-chose. Le film confond constamment complexité et intelligence, croyant impressionner alors qu’il ne fait que brouiller.
Côté casting, Jesse Eisenberg continue de jouer Jesse Eisenberg (donc un mélange d’arrogance et de tics), Woody Harrelson s’amuse en roue libre, et Mark Ruffalo est toujours là, à attendre que le scénario lui donne enfin quelque chose d’intéressant à faire. Mention spéciale aux nouveaux personnages, introduits comme des pièces majeures… puis utilisés comme des gadgets.
Au final, Insaisissables 2 est un film qui veut tellement être plus malin que son public qu’il oublie de l’être tout court. Un spectacle bruyant, long, sûr de lui, qui prend le spectateur pour un pigeon… avant de lui expliquer que c’était prévu depuis le début.
En bref : un film qui vous dit : « Vous avez été dupé. Admirez comme c’est bien fait. » ... Sauf que cette fois, on a vu le truc.