J'avais entendu parler de Un moment d’égarement comme d’un film à la fois léger et un brin sulfureux, avec un casting plutôt prometteur : Vincent Cassel, François Cluzet… deux acteurs que j’apprécie beaucoup. Je me suis donc lancé sans trop d’attentes, mais en espérant passer un bon moment. Finalement, mon ressenti est assez mitigé : ni franchement déçu, ni vraiment conquis.
Le film repose sur une situation moralement ambiguë, qui aurait pu donner lieu à une comédie grinçante ou à un drame psychologique plus profond. Or, j’ai trouvé que Richet restait à la surface des choses. On survole les conséquences, les dilemmes, les non-dits… et tout semble un peu trop “propre” pour un sujet aussi délicat. Le malaise est là, latent, mais le film choisit trop souvent la légèreté, voire l’humour, là où j’aurais aimé qu’il ose un peu plus, quitte à déranger.
Cela dit, tout n’est pas à jeter. Vincent Cassel est, comme souvent, très naturel, et on sent chez lui une vraie capacité à faire exister les contradictions de son personnage. Cluzet, plus en retrait, apporte une touche de sincérité dans un rôle un peu caricatural de père dépassé. Les jeunes actrices s’en sortent correctement, même si leurs personnages manquent un peu de profondeur. Le décor est agréable, la mise en scène fluide, mais ça ne suffit pas à compenser un scénario qui semble hésiter sur la tonalité à adopter.
En résumé, Un moment d’égarement est un film qui aurait pu être bien plus percutant s’il avait assumé pleinement les zones grises de son intrigue. Il reste un divertissement correct, mais sans vrai relief. Une demi-satisfaction, donc, d'où ma note de 2,5 sur 5.