Dheepan
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 octobre 2015
Au Sri Lanka, un combattant Tamoul essaie de quitter le pays ; mais pour avoir des chances d’obtenir un statut de réfugié en Europe, mieux vaut être une famille. Sur place, une alliance de circonstance se créée entre lui-même, une jeune femme et fille de 9 ans qui se feront passer pour une famille. Audiard met au cœur de son récit, la vie de ces trois personnages étrangers et l’évolution de leurs relations. Au centre de son œuvre, il met toujours des personnes en difficultés qui finissent par se sauver les uns, les autres. Là, son propos se centre sur ces trois personnages qui d’une famille constituée de fait vont finir, dans les difficultés surmontées ensemble, par faire famille. Constituant le fil rouge de son film, cette histoire humaine est touchante et sauve un film qui par d’autres aspects et bien inégal. Metteur en scène hors pair et directeur d’acteur incroyable (Dheepan est un amateur !!! Impensable) ; Audiard, dans ce 7ème film, fait d’un mélange de genre une soupe parfois étrange. Alternant le mélo, le thriller et le social ; on est désarçonné par un final limite Sud-Coréen conclu par cinq dernières minutes mélo filmé à la Terrence Mallick. Et le malaise devant ce dernier tiers provient d’une utilisation maladroite d’un cadre de vie extrême limite caricatural (les barres HLM). Ces No Go Zone existent bien en France, mais elles ne sont pas, heureusement, la norme mais plutôt l’exception. Alors pourquoi infliger au trio Sri-Lankais un cadre de vie aussi rude si ce n’est pour faire du spectaculaire desservant cruellement le propos central du film.
Une Palme d’Or qui laisse un goût mitigé.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 octobre 2015
L'estomac noué du début à la fin, comme "Un prophète", c'est cela la talent de J.A. en premier et la manière dont il parle avec une immense humanité des marginaux ou des voyaoux est magnifique.
Desman
Desman

8 abonnés 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 octobre 2015
De très bons acteurs incarnant des personnages complexes, et magnifiés par ce style qu'a Audiard pour filmer l'humain; Malheureusement l'histoire n'est pas à la hauteur et s'enlise après la première heure. La fin est même franchement prévisible...
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 6 octobre 2015
En plein dans l'actualité. Assez triste, mais réel hélas.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 5 octobre 2015
Le film de Audiard décrit bien le déracinement de son personnage principal, Deephan, ses errances, ses difficultés d'intégration et d'apprentissage de la langue. Mais Audiard a une fâcheuse tendance, dans ses films, à bien développer ses personnages masculins et à laisser ses personnages féminins en jachère.

Et du coup, je n'arrive pas à apprécier les personnages de la femme et de la fille.

Pourtant, j'ai l'impression que le réalisateur traduit, dans son film, une sorte d'ascension progressive, de la tragédie de la guerre au Sri Lanka, vers la paix totale en Angleterre, avec comme transition, certes violente, la France et cette cité ou règne la loi d'un gang.

Le gang parlons-en. Sans pour autant être parti loin dans le cliché, Audiard imagine trop le gang dans ce film comme, un état dans l'état.

Et dans la mise en scène, ça se traduit par des mecs qui passent leur vie à faire le guet sur les toits de la cité, qui pose des checkpoints avec fouille au corps et dont le chef (jouer par Vincent Rottier) est une sorte de dictateur qui tire des coups en l'air, quand il est content, façon Aslan Kadirov (président (ou dictateur, c'est au choix) Tchétchène).

Le film perd en rythme, la raison à cela, ce sont les errances du scénario qui est tout de même un peu mince. On ne comprend pas ou Audiard veut nous emmener et le final ne nous tiens pas plus en haleine que ça. La faute à une séquence finale mal filmé ou la tension n'est pas au rendez-vous et ou Deephan est une sorte de Rambo de jeu vidéo, qui va délivrer sa femme des griffes du méchant gros dealer du 7eme étage.

Dans l'ensemble les scènes d'actions sont mal faites car, mal amener dans le film. Tout le contraire de la séquence finale de « un prophète » par exemple.

Mais pour autant tout n'est pas à jeter dans ce film, la bande originale est bonne, les acteurs sont bons, la photo est belle et donne une ambiance similaire au très bon « un prophète ». (j'en parle un peu trop non?

Un film à voir et il est encore en salle. (faites vite

Pour la critique complète et les vidéos c'est
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 octobre 2015
Une mise en route peut-être un peu longue mais c'est un excellent film qui mérite bien sa palme. Les acteurs sont saisissants de vérité et la relation du trio principal est intéressante et magnifique. C'est un film qui n'est pas drôle mais il faut le voir!!!
bendelette
bendelette

34 abonnés 281 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 octobre 2015
les personnages sont attachants,la construction de cette famille émouvante,mais les reste manque dans la mesure et le paradis terrestre au Royaume Uni prête à sourire.
elbandito

390 abonnés 992 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 octobre 2015
Sur un sujet d’actualité, Jacques Audiard ne parvient pas à captiver le spectateur sur le sort d’une "fausse" famille reconstituée de migrants sri-lankais, fuyant leur pays en guerre, et confrontée à la violence urbaine en France. La construction d’une nouvelle vie paisible est-elle possible, et à quel prix ? Drame intime mâtiné de thriller social, le portrait des cités franciliennes est excessif et décalé, car il se concentre sur une situation extrême, qui ne représente pas la norme. Les acteurs ne sont pas mauvais, l’atmosphère est à la fois dure, puis douce et étouffante, tant lors de scènes intimes que lors des sorties dans la cité. Et lorsque vient le moment de l’explosion finale du héros bouillonnant, son passage à l’acte est filmé en un long plan séquence à hauteur d’homme, fascinant de réalisme, mais très improbable et incohérent dans son déroulement. A noter le scandaleux et déplorable parti pris "France = zone de non-droit vs Angleterre = paradis familial". Là aussi, nous sommes très loin de la vérité. A moins que ce ne soit qu’une vision onirique du héros à la recherche d’un bonheur impossible.
Critik D
Critik D

175 abonnés 1 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2015
C'est un très beau film que nous offre ici Jacques Audiard, sur une autre facette de la vie de migrant et cette destination de la France qui ne semble jamais être un choix. On suit donc Dheepan un ancien soldat de la rébellion, qui a souhaité quitter le Sri Lanka en voyant la déchéance de sa cause, et des atrocités qu'il a dû réaliser. Il avait contacté un passeur pour sa famille, mais il est le seul survivant, il va donc aider une jeune femme et une fillette à quitté le pays. Destination la France, tremplin pour gagner l'Angleterre par la suite. Le film est assez particulier, et je ne suis pas en accord avec tous les faits qui me semblent poussé à l'extrême. Notamment sur la cité du "Prés", qui m'a semblé étrangement isolée autant géographiquement que socialement. Pas de police, pas de travailleur sociaux, une hiérarchie ancrée... Vraiment étrange et qui m'a paru extrême. Mais c'était nécessaire à l'œuvre qu'Audiard souhaitait nous présenter, on est pas dans un documentaire. La réalisation est d'ailleurs magnifique, on nous offre un très beau spectacle, je déplore juste le happy end de la fin, même si après tellement de scène de chaos sa soulage. L'ensemble est très beau, le casting impressionnant et superbe, une émotion énorme... J'ai été conquise et je n'arrive pas à le montrer davantage. Dheepan est un très beau film qu'il faut absolument voir
orlandolove
orlandolove

169 abonnés 1 731 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 octobre 2015
Rares sont les réalisateurs capables d'associer une mise en scène puissante et un scénario à ce point bouleversant : Jacques Audiard est de cette trempe là. Ainsi "Dheepan" est subjugant, même pendant cette dernière partie tant décrié qui rappelle qu'Audiard est avant tout un cinéaste de genre...
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 octobre 2015
« Une Palme, c'est forcément immérité, non ? » se demandait le cinéaste le plus admiré de la communauté cinématographique. Par essence, oui. Car quelle œuvre peut se targuer d'être meilleure que telle autre dans un lieu où la substantifique moelle du Septième Art est célébrée ? Aucune, et encore moins Dheepan, fable noire et réaliste d'un ancien guerrier Tamoul fuyant son pays en pleine guerre civile. Avec une femme et une petite fille qu'il ne connaît pas, il part s'exiler en France pour espérer reconstruire sa vie.

Comme chaque film d'Audiard, celui-ci est multiple et invoque plusieurs genres pour composer un long-métrage mémorable et bien au-dessus de ce que nous avons l'habitude de voir. Social, Dheepan est avant tout un mensonge qu'il va falloir faire disparaître, pour tenter à nouveau de vivre. Par sa caméra, le cinéaste créé une famille de toute pièce qu'il prend le temps de filmer pour mieux la comprendre. Admirable.

Politique, Dheepan dénonce une société malade. Notre héros ordinaire quitte une guerre pour replonger dans une autre, invisible aux yeux de beaucoup, et pourtant bien réelle. Par ce fait, le réalisateur injecte une dose répulsive de violence comme il avait pu le faire dans Sur mes lèvres. L'enfermement (des corps, de l'esprit) et la culpabilité, leitmotivs de la filmographie de l'auteur, reviennent une nouvelle fois sous la forme d'une mort prochaine, guettant le protagoniste à chacun de ses actes. Terrifiant.

Mystique, Dheepan n'est pas seulement le triste témoignage d'un chaos banalisé, mais conjure une entité qui nous dépasse. Les apparitions de cet éléphant spirituel rappellent les rêves prémonitoires de la biche que Malik faisait dans Un Prophète. Dans le cinéma d'Audiard, ses personnages sont souvent désemparés, mais jamais seuls. Quelqu'un ou quelque chose les guide vers une issue incertaine, mais inéluctable. Miraculeux.

Oui, mais. Nous le disions plus haut, cette œuvre est une fable puissante et réalisée de main de maître. Cependant, toute fable qui se respecte finit par une morale des plus impériales. Celle de Dheepan frôle le non-sens et détruit toutes les intentions du réalisateur en trois minutes. Ce dénouement, synonyme de hors-sujet, est aussi incompréhensible que frustrant. Le metteur en scène n'a visiblement pas su comment conclure un récit qui aurait pu devenir chef-d’œuvre. Il n'en remportera pas moins la Palme d'or, alors, que demander de plus ?
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 1 octobre 2015
Le thème du film est intéressant au vu de l'actualité. Par contre, le seul bémol concerne la caricature assez exagérée des cités en France. Je trouve dommage sue cela ai été sur fair à ce niveau.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 octobre 2015
Touchant captivant dans la lignée de ses derniers films. La fin est surréaliste et ressemble aux épilogues de ses premiers films. Les acteurs sont géniaux pour des inconnus.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2015
Les Palmes se suivent et ne se ressemblent pas. Après le calamiteux « La vie d’Adèle », voici un véritable chef-d’œuvre qui parut juste avant le tourbillon médiatico-politique sur les réfugiés (à croire que l’exil politique est un drame nouveau !). Mais rassurez-vous, c’est un film d’amour, d’émotion, qui montre mais ne cherche en aucune façon à juger, démontrer et moraliser. Comme l’a dit très à propos son réalisateur, « je voulais faire un film français parlant tamoul […], de grandes images sur de petites gens » ; et on obtient ainsi une réussite totale, sans le moindre défaut. Tout est parfait : la direction d’acteurs, prodigieux bien que non professionnels – souhaitons qu’ils le deviennent–, des cadrages et des plans magistraux, un montage d’une extrême intelligence et une ambiance tantôt réaliste, tantôt onirique, toujours émotionnelle admirablement dosée. La vision pessimiste de la société française est fine et pas du tout manichéenne ; même les pires voyous ont de l’humanité. Et tout au long du film, l’apprivoisement mutuel de ces trois réfugiés pour devenir une vraie famille, unie au-delà du malheur, est extrêmement émouvant. Un message complémentaire : tous les angoissés de l’immigration devraient aller voir ce film.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 septembre 2015
J'affirme haut et fort que nous tenons avec Dheepan la comédie romantique ultime ! Des preuves matérielles ? Ces deux personnages se connaissaient-ils avant de se rencontrer ? non. Va-t-il tout faire pour essayer de la retenir lorsqu'elle planifie un départ pour la Grande-Bretagne ? Ô que oui. Enfin, quel est le véritable déclencheur de la déflagration finale ? Et bien ça m'a tout l'air d'un coup de foudre, d'un authentique sacrifice, pas de ces fleurs qu'on achète à des vendeurs à la sauvette ressemblant au héros, non je parle de la preuve d'amour ultime, sans retour, celle qui débouchera forcément sur un happy end avec du bonheur conjugal - du vrai de vrai - et un beau bambin à la clé. Le fruit authentique de leur amour. Le genre de dénouement qui fleure bon (de façon contemporaine côté enjeux) celui de Taxi Driver… Vous suivez mon regard ? Tout va mal finir, c'est sûr, la folie du personnage principal va l'entraîner vers le fond et puis non parce qu'il croit peut-être suffisamment fort à cette jeune femme, à leur histoire, à l'histoire du film tout simplement… Car Dheepan, sans le vouloir peut aussi se regarder comme cela, comme la vivisection en live de "trois personnages en quête d'acteurs". Au delà d'un sujet d'actualité brûlant, l'entrée en matière nous donne à nous familiariser avec trois acteurs cherchant tant bien que mal à apprendre leur nouveau texte, à incarner les rôles respectifs qu'on leur a assignés… Et comme souvent dans pareille situation, la magie n'opère que lorsqu'ils finiront par y croire eux-même, lorsque des tréfonds l'amour surgira tout seul. Enseignement sacré. Tout est là.

Je tiens d'ailleurs à rappeler à tous ses détracteurs qu'Audiard a le bon goût de nous pondre un casting qui respire, qui oxygène nos neurones à l'heure où les sempiternels mêmes noms noircissent les affiches des mêmes films français. Insupportable. Rien que pour ça, on devrait lui dire merci ou lui filer une palme de l'intelligence, de l'humilité voire des deux… On s'identifiera d'autant plus à ce personnage qu'il déboule comme nous dans cet univers tout moche, tout neuf. Nous sommes le personnage. Il est alors nos yeux le bien nommé "Deep eye". Joli stratagème là encore pour nous prendre habilement par la main. Et je précise au passage qu'au rayon "banlieues quoi de neuf ?", La Haine peut aller se rhabiller fissa fissa. On vient de passer dans une autre dimension question réalité crue de la cage d'immeuble d'une zone de non droit. Par le biais de la satire sociale et surtout politique (tout le décor et la désarticulation de la fourmilière à l'écran), Dheepan est assurément le versant hexagonal de ce que fut The Wire à Baltimore. Fine et forte comparaison qu'il tient sur la distance.

Alors voilà, malgré de menus défauts, les quelques fausses pistes abandonnées en route (l'ancien colonel et ses injonctions comme autant d'éructations vaines), les petites facilités scénaristiques - fort excusables à mon sens - pour nous amener l'air de rien au règlement de compte chez le patriarche un peu attardé, Dheepan est pour moi le film le plus abouti de Jacques Audiard, le mieux débarrassé de ses petits tics énervants d'auteur qui calcule, évalue, le plus nuancé aussi côté personnages grâce à une authenticité recherchée et trouvée derrière le genre tout puissant, matriciel.

Ces trois acteurs rafraîchissants l'ont probablement bien aidé dans cette entreprise de simplification des enjeux pour aller vers l'essentiel… La puissance d'une histoire d'amour singulière entre deux (et même trois) âmes égarées, sans jamais se départir harmonieusement d'autres genres (le film noir, la fable politique et même la comédie sociale). Parce que le moteur encore une fois ce sont ces 3 personnages qui existent terriblement.

Je précise enfin pour celles et ceux qui ont stigmatisé un manque d'émotion que le film pour moi ne fait justement que s'enrouler autour de ce thème, de la naissance du sentiment amoureux chez des personnages détruits par l'existence. Une double peine si l'on veut. Leur passé traumatique s'ajoutant à une culture de la discrétion et de la pudeur. De quoi étouffer l'émotion jusqu'au bouquet final. C'est pourquoi non, il ne s'agît à mes yeux pas d'un film lambda ou mineur de son auteur comme j'ai pu l'entendre ici ou là, mais plutôt sa pièce maîtresse, d'une richesse et d'une amplitude thématique immense et qui fera date.

Cette réussite l'est aussi probablement grâce à une mise en scène absolument démente, organique - je pense à cette merveilleuse séquence finale vécue de l'intérieur, à fleur de peau de héros, au niveau presque quantique des poils dressés de ses avants bras, de nos avants bras ! C'est là que tu te rappelles que de langage il est aussi furieusement question dans Dheepan et que chez Audiard le cinéma en est vraiment devenu un. Chapeau l'artiste !
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