Dernier Train pour Busan démarre tranquillement en nous présentant la vie de Seok-Woo, un gestionnaire de fonds travaillant d’arrache-pied mais ayant totalement délaissé sa famille. Divorcé de sa femme, il ne s’implique presque plus auprès de sa fille. Il est complètement obnubilé par son travail et profondément déshumanisé.
L’épidémie de zombies, introduite à l’ouverture du film avec l’animal contaminé, commence véritablement lorsque Seok doit emmener sa fille chez sa mère. Une seule personne infectée entre dans le train, mais elle contamine très rapidement la majorité des passagers. Le train devient alors un véritable huis clos où l’apocalypse règne à l’extérieur. Le gouvernement est totalement dépassé et a mal géré la crise en la sous-estimant. Les militaires tombent les uns après les autres et aucune station n’est sûre, excepté Busan, dernier refuge encore sécurisé.
Le film est extrêmement rythmé avec une tension constante qui empêche de voir le temps passer. Les personnages sont attachants, notamment Sang-Hwa, prêt à tout pour protéger sa femme enceinte tout en pensant également aux autres, ou encore le SDF qui prend de plus en plus d’importance au fil du récit, finissant au même niveau que les autres alors qu’il était méprisé au départ.
On suit ce groupe remonter le train en affrontant les zombies. Le lieu du train est utilisé à leur aventage de manière très ingénieuse : les toilettes servent de cachette, les tunnels plongent les zombies dans l’obscurité et les compartiments à bagages permettent aux survivants de se faufiler discrètement. Le film fonctionne comme un slasher où les passagers meurent progressivement, avec des morts parfois nécessaires mais toujours émouvantes.
Cependant, le film ne se limite pas à son aspect horrifique. Il dépeint aussi la nature humaine et critique la société à travers cette micro-société qu’est le train. La peur de la contamination pousse les gens, par individualisme, à condamner des personnes qui auraient pourtant pu être sauvées. Le film montre toutes les réactions possibles face à une catastrophe : les trahisons détestables motivées par l’instinct de survie, les sacrifices bouleversants pour protéger ses proches, mais aussi le désespoir menant certains personnages au suicide après la perte d’un être aimé.
Les grandes entreprises sont également critiquées, d’abord de manière indirecte à travers les remarques sur le travail de Seok, puis plus frontalement lorsque
l’on découvre que la pandémie est liée à l’entreprise pharmaceutique qu’il a contribué à sauver malgré leurs pratiques douteuses.
Le film montre ainsi comment les grandes sociétés privilégient souvent le profit au détriment du bien commun.
L’évolution du personnage de Seok est particulièrement intéressante. Au départ individualiste et froid, il apprend peu à peu à s’ouvrir aux autres grâce à sa fille. Face à la menace, il devient progressivement altruiste et se lie notamment d’amitié avec Sang-Hwa.
Cela mène au final déchirant de son ultime sacrifice, accompagné par la prise de conscience de son souvenir le plus heureux : la naissance de sa fille.