Quand la nostalgie des 80s ne suffit pas à sauver l’héroïsme
Wonder Woman 1984 avait tout pour briller : une héroïne iconique, une décennie clinquante, des enjeux grandiloquents, et une réalisatrice qui avait su imposer une vraie vision dans le premier opus. Mais dans ce deuxième round, la magie opère par intermittence — comme si, à force de vouloir trop en faire, le film perdait son cœur en route.
Visuellement, le voyage dans les années 80 est assumé : couleurs criardes, costumes satinés, musique vintage… ça clignote, ça paillette, ça danse. On sent que Patty Jenkins s’amuse avec les codes pop de l’époque. Mais une fois le vernis kitsch passé, il reste un scénario qui s’étire, se répète, et finit par tourner à vide.
Diana Prince, toujours campée avec élégance par Gal Gadot, affronte ici un vœu magique qui détraque le monde et fait revenir son amour perdu. Sur le papier, c’est romanesque, touchant. Mais à l’écran, ça manque cruellement de tension. Le film passe plus de temps à se regarder qu’à faire avancer ses enjeux. Et malgré de jolis moments d’émotion (la scène d’adieu, notamment), on sent que le fil narratif se dilue dans un excès d’explications et de promesses jamais tenues.
Côté méchants, Pedro Pascal cabotine en businessman du chaos, tandis que Kristen Wiig s’en sort bien en Cheetah, même si son arc reste sous-exploité. Le vrai problème ? Le rythme. Trop long, trop bavard, pas assez tranchant. Le souffle épique du premier Wonder Woman laisse place ici à un étrange flottement, entre fable naïve et blockbuster en pilotage automatique.
Wonder Woman 1984 veut croire en l’espoir, en l’humanité, en la bonté du monde… Et c’est beau, sincèrement. Mais le cinéma de super-héros a besoin d’un peu plus que de bonnes intentions pour nous emporter.