Je suis toujours là
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Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 871 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 février 2025
Avec « The Brutalist », un film moins facile et qui devrait maturer avec le temps pour gagner encore plus en prestige, et « Jouer avec le feu » côté tricolore, « Je suis toujours là » est assurément le premier grand film de 2025. Une œuvre forte, poignante et nécessaire, surtout au vu du contexte international actuel et du retour des autoritarismes un peu partout. Mais également parce que le Brésil sort de quatre ans avec l’extrémiste de droite Bolsonaro et que de nombreuses dictatures militaires persistent encore et toujours dans le monde. Avec cette magnifique et tragique histoire vraie, le cinéaste du cru Walter Salles signe un long-métrage qui fera date et à montrer aussi bien aux jeunes dans les écoles qu’aux habitants de toutes les démocraties qui seraient tentées de verser dans des régimes tels que celui présenté ici. Le Brésil a vécu sous dictature militaire des décennies et ce beau film doux mais engagé, en forme de piqure de rappel est important.

On a connu le cinéaste avec le sublime « Central do Brasil », déjà avec la même actrice en tête d’affiche. Un film qui l’avait également envoyé aux Oscars comme celui-ci cette année. Puis il a tourné pas mal d’œuvres majeures entre son pays natal et l’international qui ont eu plus ou moins de succès. On n’avait personnellement pas été emballé par ses deux road-movies qui ont concouru en festival, « Carnets de voyage » qui relatait les voyages du futur Che Guevara avec Gabriel Garcia Bernal et « Sur la route » avec notamment Kristen Stewart et inspiré des écrits de Jack Kerouac. Pas plus qu’on ne l’avait été par son remake du film d’horreur japonais « Dark Water ». Puis, il s’était fait plus discret avec des productions locales moins connues et reconnues. Et bien son retour avec « Je suis toujours là » se fait par la grande porte tant son nouveau film marquera les esprits et les cœurs.

Il a cependant une énorme carte joker qui joue beaucoup dans la réussite du long-métrage et c’est la même que celle de « Central do Brasil ». Il s’agit bien sûr de son actrice fétiche, Fernanda Torres, qu’il retrouve pour une nouvelle œuvre phare qui sera gravée dans les mémoires cinéphiles, plus de vingt-cinq ans après leur première collaboration. Elle empoigne ce rôle magnifique avec ferveur et dévotion. Solaire au début du film, terrorisée ensuite pour laisser place à l’angoisse et enfin à la résilience, elle nous fait ressentir une myriade d’émotions. Que ce soit le bonheur d’une famille unie malgré la dictature en dehors, la peur et la crainte lors des séances de torture ou encore l’horreur du sentiment d’absence et d’incertitude face à la perte de l’homme qu’on aime, elle est grandiose. Son personnage et l’incarnation qu’elle nous propose resteront toujours dignes, beaux et apaisés malgré l’enfer psychologique de la situation. Elle a gagné un Golden Globe mérité et devrait être la principale concurrente de l’Oscar de la meilleure actrice face à Demi Moore pour « The Substance ». À ses côtés, les jeunes acteurs qui jouent les enfants sont tout aussi bons et naturels dans leur jeu, formant une famille crédible et attachante.

« Je suis toujours là » choisit de nous montrer d’abord le tableau très réussi et idyllique d’une famille unie et heureuse sous le soleil de Rio de Janeiro. Malgré ce portrait apparemment parfait, la menace de l’armée plane par le prisme de quelques séquences inquiétantes. Puis vient le jour de l’enlèvement suivi des séances d’interrogatoire. Lourdes, anxiogènes et rageantes pour le spectateur. Salles choisit d’être factuel, précis et jamais dans l’excès. La seconde partie du film sera consacrée à l’attente, la gestion de l’absence et de la manière de se reconstruire quand on perd un être cher sans pouvoir véritablement faire son deuil. C’est déchirant, juste et jamais versé dans un pathos qui prendrait le spectateur en otage. On passe de la lumière aux ténèbres avec fluidité et réalisme.

Les ellipses nous menant aux derniers actes du film, plus loin sur la ligne temporelle (en 1996 et 2014), sont utiles car elles permettent de voir l’effet du temps sur la perception d’une telle tragédie. Mais c’est lors des dernières images et des sempiternels (mais incroyablement émouvants) encarts de fin que l’émotion nous empoigne et nous fait verser quelques larmes. La reconnaissance et le fait de pouvoir mettre des mots sur le drame et le choc vécus pour enfin pouvoir dire adieu et partir en paix. « Je suis toujours là » est un film politique sans trop de politique, engagé mais intime, qui résonnera longtemps dans nos âmes. Peut-être un peu long, on ne s’en formalisera pas tant Salles parvient à nous faire ressentir la douleur d’une famille coupée dans son bonheur (parfois magnifiquement retranscrit par les photos et des films en super 8) et nous livrer une œuvre engagée, et puissante. Un coup de cœur, un film indispensable.

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Jesaispas
Jesaispas

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 février 2025
Très bonne surprise, le film se déroule lentement et est très bien joué. On sent la fibre Arte tout au long du film.
Nitnelav
Nitnelav

15 abonnés 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2025
Walter Salles nous plonge ici au cœur d’une période sombre de l’histoire brésilienne : la dictature militaire des années 70 et ses disparitions tragiques. Le film s’inspire d’un fait réel, celui d’un ingénieur enlevé en 1971 à São Paulo, et nous entraîne dans un récit où l’angoisse et l’injustice sont omniprésentes.

Dès les premières minutes, l’atmosphère est pesante, et le film nous immerge dans le quotidien d’une famille brisée par l’absence inexpliquée d’un mari et d’un père. Le réalisateur adopte un point de vue intime, celui de la femme et des proches du disparu, et construit son récit autour de leur combat pour comprendre, pour savoir, pour ne pas sombrer dans l’oubli. Une séquence en particulier, située dans une caserne, est particulièrement éprouvante : elle illustre avec une brutalité glaçante la répression et la négation des droits les plus fondamentaux.

Loin d’être un simple film historique, cette œuvre est avant tout un cri de révolte, un témoignage bouleversant sur un régime qui a broyé des milliers de vies. On sent d’ailleurs, derrière chaque plan, l’émotion personnelle du réalisateur, dont la propre famille a sans doute été touchée par ces disparitions arbitraires. Cette dimension rend le film d’autant plus poignant : il ne s’agit pas seulement de raconter une histoire, mais de raviver une mémoire collective, de rappeler que ces tragédies ne doivent jamais être oubliées.

Au fil du récit, on perçoit aussi en filigrane une réflexion plus large sur la liberté, sur la chance que certains pays ont de la préserver et sur la douleur de ceux qui en sont privés. Le contraste avec la France, souvent vue comme un havre de droits et de démocratie, est frappant et nous pousse à mesurer l’importance de ce que nous considérons parfois comme acquis.

Visuellement, le film est maîtrisé de bout en bout. La mise en scène est sobre mais puissante, évitant tout sensationnalisme pour mieux laisser place à l’émotion brute. La souffrance des personnages transperce l’écran et nous entraîne avec eux dans cette descente aux enfers, jusqu’à un final qui laisse un goût amer, une impression de vide, comme si l’on avait perdu quelqu’un de proche.

Un film dur, bouleversant, mais nécessaire. On n’en ressort pas indemne.
Miel51
Miel51

23 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 février 2025
Drame historique magnifiquement joué par cette femme qui reste toujours verticale face à la dictature et aux difficultés de sa très belle famille.
Réalisé au top
Peut être un peu long
Fracas
Fracas

4 abonnés 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2025
Très joli, film, touchant, attachant, même s’il est un peu triste. De bons acteurs, une famille émouvante,. Je recommande !
Nathalie C.
Nathalie C.

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2025
Très beau portrait de femme incarné par Fernanda Torres magistrate en épouse et mère frappée par la disparition de son mari. Walter Salles est trop rare au cinéma.
Lou
Lou

32 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 février 2025
Un film rempli de contrastes qui en font une géniale ode à la résistance et au devoir de mémoire. Face à la noirceur et la froideur de la dictature, cette mère résiste tout en couleur et fait déborder sa puissance de l’écran.
lau for
lau for

2 abonnés 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2025
Par le biais d'une histoire familiale, ce film raconte une page de l'histoire brésilienne pendant les années 70. C'est très bien joué, bon rythme, bonne mise en scène, décors relatant bien les années 70. Cette histoire pourrait probablement se transposer à d'autres dictatures. Fortement recommandable, très émouvant.
Craoux
Craoux

38 abonnés 325 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 février 2025
C'est l'interprétation prenante de Fernanda Torres qui porte ce film. Sinon, j'avoue être resté à côté de cette histoire dont le réalisateur a souhaité qu'elle démarre, visuellement, en appuyant, que dis-je en surlignant outrageusement le "bonheur", l'équilibre p.a.r.f.a.i.t (!) des relations au sein de la famille de l'ex-député qui disparaîtra (on est donc dans un milieu "bien" bourgeois). Après l'arrestation du père, le réalisateur construit essentiellement son récit autour de la résilience de son héroïne, et à un degré moindre de celle de la fratrie. La vérité sur la disparition du père, du mari est révélée pratiquement à la fin du film (d'ailleurs, 2h 15 .. c'est trop long). J'ai vraiment regretté qu'a aucun moment l'implication de la CIA dans l'avènement des dictatures en Amérique Latine ne soit évoquée, rappelée. Car, et c'est dommage, j'ai trouvé que le contexte politique global de la Guerre Froide était absolument absent dans la narration, ce qui est dommage car la crainte voire le rejet épidermique du communisme par les USA explique la facilitation états-unienne à la mise en place de régimes à poigne (dictatures) en Amérique du Sud : ça aurait été nécessaire pour la compréhension du contexte historique au Brésil dans ce contexte des années 70. Bon, au final, je retiendrai la superbe interprétation de l'actrice principale..
Andreï Cunha
Andreï Cunha

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2025
C'est la première fois qu'un film brésilien est nommé dans la catégorie "Meilleur Film / Best Picture" aux Oscars. Le film est envoûtant, superbe bande son de musique brésilienne, un aperçu fidèle du Rio de Janeiro des années 70 dans une famille privilégiée qui se voit contraindre, après la disparition du père, à s'adapter. La dernière partie du film se passe dans le São Paulo des années 2000, semblable à ce qu'est la ville aujourd'hui. L'actrice est spectaculaire, elle est d'ailleurs également nominée pour l'Oscar de la meilleure actrice. Hâte de voir les résultats des Oscars le 2 mars à Los Angeles. En espérant qu'elle soit récompensée.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 février 2025
Au début des années 70 la maison des Paiva, idéalement située près d’Ipanema est ouverte à tous les vents de la culture les amis passent parler livres et les enfants dansent sur du Gainsbourg, sans heureusement comprendre les paroles. C’est une famille heureuse et libre, idéale, baignée dans une image lumineuse et colorée qu’on voit pendant les premières minutes du film et on adorerait en faire partie. Puis des hommes arrivent, tirent les rideaux, les couleurs disparaissent et laissent place à la monochromie de l’arbitraire. Celui d’une dictature militaire qui s’invente des ennemis pour exister et perdurer. Walter Salles signe ici un immense film politique et une superbe fresque familiale sur la mémoire et le refus de l’oubli. Je ne suis pas brésilien et ce film m’a touché en plein cœur par son discours universaliste. Je l’ai vu très tôt le matin dans une salle clairsemée, personne ne s’est levé pendant le générique, quand la lumière s’est allumée on s’est tous regardés un peu gênés, les larmes aux yeux, avant de regagner nos vies on a tous partagé ce petit moment de « saudade ». Et c’était formidable.
Vonkalov
Vonkalov

5 abonnés 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2025
« Je suis toujours là » de Walter Salles est une œuvre bouleversante qui mêle avec délicatesse l’intime et l’historique. À travers l’histoire de la famille Paiva, le film explore la résilience face à la dictature brésilienne des années 70. La performance de Fernanda Torres, incarnant Eunice, la mère courage, est magistrale. Elle insuffle à son personnage une profondeur et une dignité qui transcendent l’écran, rendant chaque moment poignant et inoubliable. La beauté de cette histoire familiale, entre amour et lutte pour la vérité, est sublimée par une mise en scène sensible et une photographie saisissante. Un hommage vibrant à l’héroïsme du quotidien.
Pierre Phdb
Pierre Phdb

24 abonnés 297 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2025
Un film qui par sa forme fait penser au films de Costa-Gavras des grandes années vouloir restitué ces couleurs d'antan est ce vraiment un bien en 2024? Le fond est lui beaucoup plus intéressant, pas centré sur l'opposant politique dont les actions, l'engagement politique sont a peine évoqués mais sur les conséquence sur sa famille de son arrestation, de sa disparition. C'est a cause de cet angle d'attaque que ce film doit être vu.
pat4poufzouz
pat4poufzouz

12 abonnés 85 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 février 2025
Le film en lui-même est beau, transmet super bien la vie à Rio dont on devient nostalgique, la façon dont la dictature frappe toujours alors qu'on ne s'y attend pas, les non-dits... La femme au cœur du film est un modèle, une force. L'actrice magistrale. Quelques longueurs qu'on pardonne aisément, qui se justifient sûrement
olivier martin
olivier martin

6 abonnés 26 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 février 2025
Rarement je me suis autant ennuyé ! Le film est interminable avec beaucoup de vide. De l’histoire politique on n’a que quelques ellipses. Certes le spectateur est (censé) être intelligent. Ca ne dispense pas de scénario et dialogue. Il y a quelques scènes réussies mais noyées dans du vide. Pour la réalisation la couleur vaguement sepia parce qu’on est dans les 70’s, les films super8 pour faire mi-archives /mi-famille (les deux thèmes abordés qui ne se rencontrent que peu) er les mouvements de caméra ampoulés font de l’ensemble quelque chose de froid et parfois pénible à regarder. Et on souligne les poncifs progressistes avec la bonne, la defense des autochtones etc… reste l’actrice principale, la bande son, les scènes de prison et de plage. Ca ne dissipe pas l’ennui , ca empeche juste de partir ou de s’endormir.
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