Le film est avant tout une déclaration d’amour au cinéma et à sa magie, et constitue la version trash de « The artist » (2011) de Michel Hazanavicius et de « Chantons sous la pluie » (1952) de Stanley Donen et Gene Kelly, auquel il fait d’ailleurs référence et qui traite, comme eux, du bouleversement qu’a entrainé le passage des films muets au parlant, suite à l’arrivée du « Chanteur de jazz » (1927) d’Alan Crosland, produit par Warner Bros. Le titre fait probablement référence à « Intolérance » (1916) de David W. Griffith (quasi inventeur des éléments du langage cinématographique) dont la 1ère partie se déroule lors de la prise de Babylone en 539 avant notre ère par les Perses et d’une durée totale de 2h43, lui-même ayant pu influencer le livre « Hollywood Babylone » (1975) de l’écrivain et réalisateur américain underground Kenneth Anger. La fin, débridée où défilent images colorées et photos de films, évoque celle de « 2001, l’odyssée de l’espace » (1968) de Stanley Kubrick, lors de la téléportation de David Bowman dans l’espace. Outre des scènes démesurées, extravagantes et fantasques d’orgies, de tournage en extérieur avec des centaines de figurants et de combat nocturne avec un crotale, filmées avec beaucoup de talent [grâce au rythme, à la musique (de Justin HURWITZ dont c’est la 5e collaboration), aux plan-séquences, à la photographie (de Linus SANDGREN dont c’est la 3e collaboration), etc.] et de drôlerie, le scénario, bien documenté, qui débute en 1936, à Bel Air, quartier chic de Los Angeles, s’articule sur 3 personnages principaux, Jack Conrad (Brad PITT), acteur star du muet qui ne retrouve pas le succès dans les films parlants [inspiré de John Gilbert (1897-1936) et de Douglas Fairbanks (1883-1939)], Nellie LaRoy (Margot ROBBIE, époustouflante), qui souhaite devenir actrice et s’extraire de sa condition sociale où elle est dévalorisée [inspirée de Clara Bow (1905-1965)] et Manuel Torres (Diego CALVA, tout en retenue), homme à tout à faire et qui, grâce à sa débrouillardise, gravit les échelons dans le studio Kinoscope. C’est aussi un regard cruel et sans concession sur Hollywood (excellente analyse de la critique Elinor St-John expliquant que les acteurs demeurent immortels à travers leurs films, regardés bien longtemps après leur mort) où tout est prétexte à faire des affaires, plus que de l’art, de façon à satisfaire le public, sans hésiter à mettre de côté ceux qui ne répondent plus à ses attentes.