Le Parrain, 2e partie est quasiment un double film, avec un montage alternant entre deux histoires, celles des deux générations de Corleone : la suite logique de l'histoire de Michael Corleone, interprété par Al Pacino, devenu le parrain établi de la famille, mais aussi l'histoire de Vito, joué par Robert De Niro, qu'on redécouvre depuis ses débuts en Sicile.
En effet, on va suivre la genèse de Vito, enfant timide, peu bavard
et orphelin, contraint de rejoindre New York. On va suivre son ascension difficile, mais se contentant de peu, comme le montre la scène magnifique de la poire. Cependant, on voit déjà son caractère et ses principes, se rebellant contre la terreur de son quartier, Don Fanucci, son assassinat, se déroulant pendant une fête, contraste avec l’ambiance. Il va aussi enfin venger sa famille lors de son retour en Sicile, dans une scène libératrice pour lui.
Il ne parle quasiment qu'en italien, on est plongé dans le quartier new-yorkais du début du XXe siècle, ce qui me rappelle énormément Il était une fois en Amérique, sorti par la suite. L'atmosphère est particulière et belle.
À l'inverse, nous retrouvons Michael à la fin des années 50 qui, malgré le décalage générationnel, fait écho à l'histoire de Vito. Cependant, Michael va laisser de côté les principes qui faisaient la force des Corleone. Il est pourtant de bonne volonté au départ quand il essaye de légaliser ses affaires grâce aux jeux, en traitant avec Hyman Roth, un homme influent, plongé dans le monde criminel et très aisé.
Cependant, il va subir une tentative de meurtre rappelant le premier volet, ce qui va le plonger dans la paranoïa, sachant que plusieurs l'ont trahi. Il était censé boucler une affaire à Cuba, mettant les Corleone à un niveau jamais atteint en impliquant même le gouvernement montrant la corruption. Mais il se rend compte qu'Hyman Roth, voulant venger son ami Moe Greene, est le traître avec Fredo
.
C'est l'un des moments les plus marquants de la saga, amenant des scènes déchirantes où Michael serre Fredo et l'embrasse,
mais en guise d'adieu. Il va peu de temps après le faire tuer, après le décès de leur mère. Ses liens avec Kay vont aussi se rompre après qu'elle a avorté pour ne pas donner naissance à un nouveau « monstre » Corleone, ce qui scelle définitivement leur relation, menant à la scène
où il ferme une deuxième fois la porte à Kay, belle référence au premier film, où Michael parle bien plus avec ses yeux qu'avec sa parole ce qui arrivera à plusieurs moments, caractéristique marquante du parrain.
Finalement, la mort de Sonny, survenue très vite dans le premier volet, se fait ressentir tout le film, son absence a fragilisé la famille. Michael, déshumanisé, devenu froid, finit seul avec une famille détruite, montrant la réalité du pouvoir. Le dernier flashback enfonce le clou, montrant la famille au complet pendant la guerre, lorsque Michael annonce faire partie des Marines. Il se retrouve cependant seul autour de la table lorsque tout le monde se lève pour aller voir Vito, annonciateur du présent.