Hamnet
Note moyenne
4,1
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416 critiques spectateurs

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Shawn Atreides
Shawn Atreides

34 abonnés 44 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2026
Souvenir d'une séance si forte, pour un métrage qui a su envelopper un cœur qui en avait tant besoin.


Et voici faite ma rencontre avec Chloé Zhao, sur grand écran. L'occasion de recevoir, pendant ce temps, les Blu-rays de The Rider et Nomadland…


Il n'aura pas fallu plus que cette intrigante bande-annonce, marquée du sceau de messieurs Spielberg et Mendes (metteur en scène, aussi bien sur planches que sur grand écran), pour me donner envie de plonger dans cette nouvelle proposition de la réalisatrice chinoise.

L'ombre de Terrence Malick plane, mais délicatement, jamais emprisonnante, sur les errances de cette vie de famille.

Impossible non plus de faire fi de l'identifiable photographie de Łukasz Żal, qui m’avait déjà marqué la rétine lors du visionnage de The Zone of Interest.

La performance des acteurs, toutes et tous, est magistrale, avec une mentions toute particulière pour le trop peu mentionné Jacobi Jupe : à 13 ans, son visage est époustouflant de pureté et d’intentions.

La musique signée Max Richter est, contrairement à ce que j'ai pu lire, très subtile et foncièrement atmosphérique. Alors oui, sera employée ici une réécriture en douceur et adaptée de sa fameuse composition “On the Nature of Daylight”, sans que jamais cela ne perturbe ni tombe dans le trop facilement décrié « tire-larmes ».

C'est finalement libre de toute idée préconçue sur le projet que j'ai été captivé par toutes ses invitations qui se concentrent sur le reste, collent aux détails qui forment un tout à la fois dépassant et unissant, autant dans la détresse que dans l’allégresse.
Critiques d un passionné
Critiques d un passionné

137 abonnés 249 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 février 2026
En 1580, William Shakespeare, alors simple professeur de latin fauché, rencontre Agnès, une femme en communion avec la nature. Leur histoire d’amour fougueuse donnera naissance à trois enfants, jusqu’au jour où un drame viendra bouleverser leur vie. Une épreuve dont naîtra l’inspiration du chef-d’œuvre HAMLET.

Formellement, le film est une réussite. Chloé Zhao prouve une nouvelle fois son talent pour filmer la nature autant que les drames intimistes. Certains plans sont somptueux, comme la découverte du personnage d’Agnès dans la forêt ou la scène de l’accouchement. Une véritable poésie se dégage de l’ensemble, renforcée par un léger souffle fantastique qui survole le récit.

L’autre grand point fort de HAMNET réside dans son casting. Bien sûr, Paul Mescal est impeccable dans le rôle du dramaturge. Mais là où l’on pourrait s’attendre à suivre son ascension, le film choisit finalement de le reléguer au second plan. Le nom de William Shakespeare n’est d’ailleurs prononcé qu’une seule fois.
Le récit se concentre avant tout sur le personnage de sa femme, Agnès, incarnée par une Jessie Buckley sidérante, qui mérite amplement d’aller chercher son Oscar en mars. Elle livre une performance aussi puissante que dévastatrice et constitue, à mes yeux, la véritable révélation du film.

Cependant, malgré ses nombreuses qualités, j’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire, principalement à cause de son écriture. Le drame central n’intervient qu’à mi-parcours, et la première partie, plombée par un rythme trop lent et des dialogues parfois trop écrits, n’a jamais réussi à capter mon attention.

Le véritable sujet du film n’émerge donc que dans sa seconde moitié, à travers les répercussions du drame sur le couple. Si cette partie est plus aboutie et aborde un thème qui me touche profondément, je n’ai malheureusement pas réussi à me défaire de l’ennui qui s’était progressivement installé.

Enfin, HAMNET assume pleinement son orientation mélodramatique. Mais même si je suis plutôt amateur du genre, je regrette une utilisation trop appuyée de la musique. Je pense notamment à la scène finale, d’une efficacité redoutable, où Max Richter tombe dans la facilité en recyclant son désormais mythique On the Nature of Daylight : un morceau capable, à lui seul, d’arracher une larme à n’importe quel spectateur… même devant une vidéo de chatons jouant à la balle…

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Mr cinetok
Mr cinetok

337 abonnés 392 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 janvier 2026
Pour contre balancer et nuancer tant d'éloge où l'art de s'extasier sur des poncifs dramatiques sans subtilités sont légions. C'est beau et bien joué certe mais bon courage pour prendre plaisir aux scènes glauques sans les citer. L'oeuvre tourne principalement sur l'oraison funèbre, masqué sous la pièce Hamlet et ultra faux biopique, de ce pauvre William Shakespeare . Une romance dramatique complètement lunaire qui m'a laissé indifférent et ennuyé, où la monotonie contemplative insistante a été pesante aussi lors de mon visionnage.
Alolfer
Alolfer

174 abonnés 1 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2026
Après la parenthèse Marvel discutable, Chloé Zhao est de retour dans son registre et dans son style si singulier ! Hamnet est une claque absolue et son meilleur film !

Comme avec ses précédents films, Chloé Zhao te tient en haleine durant les 2/3 tiers du films et dès que cette montée atteint son paroxysme, l'émotion lâchée est extraordinaire... Tout le dernier acte, est symbolise son récit par les aspects et les sujets traités. C'est d'une puissance rare.

La mise en scène de Chloé Zhao est extraordinaire et ses images sont mémorables comme jamais. Si son travail du cadre est aussi forte, c'est notamment dû aux acteurs et actrices qui accompagnent le récit. Jesse Buckley mérite toutes les louanges qu'elle reçoient mais on ne parle pas assez de Paul Mescal... Comme avec Aftersun, son personnage est fragile et sensible ; Chloé Zhao réussit à transmettre cette sensibilité et à nous le faire comprendre.

Sans voix
QuelquesFilms.fr

347 abonnés 1 746 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 janvier 2026
Hamnet était l’un des enfants de William Shakespeare, dont le prénom a donné – à une lettre près – son titre à la célèbre tragédie du dramaturge anglais. Hamnet et Hamlet, deux orthographes communément admises pour le même prénom, dans l’Angleterre des 16e et 17e siècles. Hamnet est aussi le titre du roman de Maggie O’Farrell à l’origine du film, roman qui brode sur la jeunesse de Shakespeare, dont on sait peu de choses, et qui propose une genèse fictive de la pièce Hamlet, nourrie d’un drame ayant ébranlé la famille de l’auteur.
L’entreprise narrative est intéressante et originale en matière biographique, dans le sens où le film focalise moins sur Shakespeare lui-même et ses créations (sauf à la fin) que sur son couple et sa famille. Son nom est d’ailleurs prononcé pour la première fois très tard dans l’histoire et son ascension n’est jamais évoquée directement. C’est le portrait de son épouse peu connue, Agnes, qui est au centre du récit. Il est dessiné avec intensité et finesse, en communion avec la nature. Sous la direction et le regard de Chloé Zhao, Jessie Buckley, l’interprète d’Agnes, exprime superbement sa fougue, sa sensibilité aux vibrations telluriques, sa prescience naturelle, sa puissance viscérale comme sa force de caractère, tout en laissant deviner l’influence que sa personnalité a pu avoir sur l’inspiration de son mari. Beau portrait de femme, même si le regard n’est peut-être pas si féministe qu’on a pu le dire, l’aboutissement du drame consacrant surtout le génie créatif et cathartique de Shakespeare. Quoi qu’il en soit, Hamnet a au moins le mérite de montrer l’importance d’une femme et d’une famille dans l’accomplissement d’un artiste masculin.
Outre son angle narratif original, on retiendra du film la qualité de sa réalisation, inspirée, notamment sur le plan sensoriel ; la beauté de sa photographie ; l’interprétation principale (Jessie Buckley, la révélation, Paul Mescal, impeccable) ; son joli lyrisme (qui bascule malheureusement un peu trop dans le mélo) et sa touche de fantastique. Pas sûr, au final, que le tissage fictif entre la vie de la famille Shakespeare et la pièce Hamlet soit totalement convaincant, mais l’effet dramatique est là.
VILLE.G
VILLE.G

76 abonnés 786 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 janvier 2026
La bande annonce ne rend rien de l’essence de ce très beau film particulièrement émouvant. Elle me faisait plutôt fuir et je ne regrette vraiment pas d’avoir fait confiance aux critiques qui évoquent la très grande sensibilité du sujet et la très belle façon dont il est filmé.
traversay1

4 433 abonnés 5 303 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2026
Inutile de chercher à démêler le vrai du faux dans Hamnet, le roman de Maggie O'Farrell que Chloé Zhao adapte avec une lumineuse sensibilité, alors que l'histoire racontée est d'une grande noirceur, autour de la mort d'un enfant. Pourquoi avoir changé le prénom de la véritable Anne Hathaway (dont on sait très peu de choses) en Agnès ? Sans doute pour ne pas créer l'ambigüité avec l'actrice éponyme, mais ce n'est qu'un détail, pour une fiction plus belle et romanesque que la réalité. L'intrigue laisse assez souvent William Shakespeare absent à Londres, loin de son épouse, un fait avéré, et se concentre donc sur cette dernière, femme sauvage devenue mère protectrice et qui va connaître la plus cruelle des tragédies. Elliptique, mais toujours fluide, le récit est magnifié par la mise en scène de la cinéaste, dans des moments de communion avec la nature ou dans la simplicité d'une vie familiale, même avec un père évanescent, dont le génie n'est pas domestique. Hamnet est un splendide portrait de femme, au caractère bien trempé, mais le film prend une tout autre dimension lorsqu'il bascule à l'orée de la dernière demi-heure dans le sublime. L'art transfigure alors la peine en beauté pure, lors d'une représentation théâtrale, qui élève l'âme, sous les regards extatiques du public (devant la scène) et le nôtre (face à l'écran). Jessie Buckley, héroïque durant près de deux heures, y devient encore plus prodigieuse. Le reste est silence...
norman06

423 abonnés 1 803 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 janvier 2026
On est partagé. La première partie est dans la lignée des grands films de Chloé Zhao, poétesse de la ruralité et des tourments intérieurs. La seconde partie est imprégnée de lourdeurs mélodramatiques (on est loin d'un Sirk) puis de didactisme surligné, musique emphatique à l'appui. Chloé Zhao mérite mieux que d'être la cheffe d'orchestre d'un produit à Oscars.
Les sorties de Philippe
Les sorties de Philippe

72 abonnés 94 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2026
Les biopics sont la plupart du temps convenus et académiques, mais là ça n'a rien à voir. Tiré du roman éponyme de Maggie O’Farrel, la réalisatrice Chloé Zao (Nomadland, Oscar du meilleur film en 2021) apporte dans Hamnet une vision radicalement originale. Déjà c'est l'épouse de William Shakespeare qui est au centre du film, ensuite l’approche est sensitive, impressionniste, même si la narration demeure limpide. Et comme dans «Paris, Texas» de Wim Wenders, tout le film amène à la scène finale qui est un énorme coup de poing dans l'estomac : comment l'une des plus grandes pièces de théâtre, Hamlet, permet de surmonter la perte d'un enfant. Hamnet montre l’effet de catharsis de l’art, la puissance inentamée de Shakespeare, c’est bouleversant. Le cinéma, et le théâtre, au plus haut.
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pasmaldutout
pasmaldutout

51 abonnés 133 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 31 janvier 2026
Hamnet, adaptation par Chloé Zhao du roman de Maggie O’Farrell, spoiler: ambitionne de revisiter la légende autour du fils disparu de Shakespeare.

Un projet audacieux, mais à mes yeux manqué.
Le film s’ouvre sur la campagne anglaise du XVIIᵉ siècle, baignée d’une lumière presque mystique. Agnes (interprétée par Jessie Buckley), épouse du futur dramaturge, y apparaît comme une héroïne à part entière, reliée à la nature et aux présages.
C’est d’ailleurs elle, plus que William (Paul Mescal), qui occupe le centre du récit.
L’idée est belle : spoiler: faire du deuil maternel la matrice de l’une des plus grandes pièces du théâtre universel, Hamlet.

Mais le dispositif narratif, alternant le passé de la famille et les scènes de création à Londres, s’étire interminablement.
Chaque geste semble filmé comme une révélation — au point que la lenteur finit par miner l’émotion.
spoiler: La mort de l’enfant, séquence centrale, frappe pourtant par sa sobriété : pas de musique, juste le souffle coupé d’Agnes agenouillée près du lit.

C’est un moment fort, mais rapidement englouti par une deuxième partie plus abstraite, spoiler: où Shakespeare tente de transposer sa douleur dans l’écriture.

Zhao choisit la pudeur, le silence, les plans contemplatifs — un choix esthétique assumé, mais qui laisse peu de place à la chair et au tumulte.
Là où O’Farrell faisait vibrer les mots et l’intériorité, le film se perd dans ses images trop composées.
Malgré l’interprétation habitée des acteurs et quelques éclats visuels superbes spoiler: (le masque mortuaire, le théâtre inachevé, la pluie sur Stratford)
, Hamnet m’a paru distant.
spoiler: On devine l’ambition de montrer comment la perte forge l’art,
mais le rythme hypnotique m’a maintenu à l’écart. Un bel objet de cinéma, sans doute, mais figé, presque muséal.
Corentin L.
Corentin L.

12 abonnés 20 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 février 2026
Après Hamnet, mon ressenti est profondément ambivalent. Tout le film m’a d’abord semblé être une véritable prise d’otage émotionnelle : une succession de gros plans sur les deux acteurs principaux, tour à tour en larmes, en cris, en rires. À force, cette intensité constante a fini par m’épuiser et a rendu le visionnage presque pénible, comme si l’émotion était exigée plutôt que partagée.
Puis, à peu près dans le dernier tiers du film, survient la scène de la première représentation de Hamlet. Et là, c’est le miracle. Par le théâtre montré à l’écran, l’émotion cesse d’être gratuite : elle trouve enfin un sens, une forme, et parvient réellement à m’atteindre. À tel point qu’au terme de cette scène, lorsque le générique de fin apparaît, je me sens profondément bouleversé par la puissance émotionnelle qui s’en dégage.
Un film peut-il être sauvé par une seule scène, aussi sublime soit-elle ? C’est la première fois que je me pose la question. Et rien que pour cela, Hamnet mérite sans doute son succès.
FaRem

10 534 abonnés 11 180 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 février 2026
« Ce que la vie nous donne, elle peut le reprendre à tout moment. » À la fin du XVIe siècle, Will, jeune professeur, rencontre Agnès, une femme qui a la réputation d'être une sorcière et la capacité à voir des choses. Envers et contre tous, ils décident de s'unir dans une vie qui ne va pas les épargner... Je ne connaissais pas le roman de Maggie O'Farrell et j'ai adoré découvrir cette perspective différente et fictive autour de la création d'un classique. Cela donne tellement plus de poids à cette histoire qui parle d'amour, de la famille, du deuil et du pouvoir salvateur de l'art. Chloé Zhao combine ce qu'il y a de meilleur dans le cinéma et le théâtre pour atteindre des sommets au cours d'une dernière partie d'une beauté absolue autant pour ce qu'elle évoque et transmet que pour son cadre magnifique et cette communion. Un état de grâce avec une mise en scène et des acteurs à leur meilleur. Jessie Buckley et Paul Mescal sont excellents, mais comment ne pas parler de Jacobi Jupe. Je ne sais même pas comment un enfant a pu sortir une telle performance. Un sans-faute pour Chloé Zhao qui, de la première à la dernière scène, nous entraîne donc dans un véritable tourbillon d'émotions. Tragédie aussi bouleversante que magnifique, "Hamnet" est finalement et probablement le meilleur film que j'ai vu ces derniers temps.
Naughty Doc

1 035 abonnés 504 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2025
Première heure très très bonne, la seconde plus classique car on en voit les coutures. Pourtant, Chloe Zhao propose 3 acmés émotionnels complètement dévastateurs dans ce Hamnet, retraçant l'histoire d'amour entre William Shakespeare et sa femme, avant que la tragédie soit catalyseur d'une catharsis par la fiction.
Du "Hamlet Origins" en un sens, mais d'une pureté lyrique telle que le film parvient à nous emporter dans cette romance vendue comme contraire à Dieu, tandis que la naissance et la mort dont traitées de manière égale en terme de processus alchimique.
Mon regret tiendra peut-être dans le fait que la seconde partie se concentre évidemment sur l'intimité du couple principal, en laissant justement peu de place au reste des personnages ou à l'éventualité d'un discours plus ample sur la naissance du théâtre moderne.
Paul Mescal est excellent, la réalisation sobre et maîtrisée, mais c'est Jesse Buckley qui emporte tout dans son passage dans une prestation assez exceptionnelle (j'ai rarement vu une séquence d'accouchement aussi bien jouée).

Bref, une réussite !
Audrey L

797 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2026
Vous ne le savez pas encore, mais vous avez grand besoin de Hamnet, là tout de suite (lâchez tout, et foncez-y). Car on a tous besoin d’Amour avec un grand A, d’histoires plus grandes que nous, de tragédies qui nous bousculent et nous aident à nous construire, tous ensemble. Hamnet est une tranche de vie de William Shakespeare et de sa femme Agnès, qui explique la genèse de la pièce Hamlet, et l’on ne pensait pas que le cours de Lettres puisse avoir autant de cœur. Avec une infinie douceur, il prend notre main pour pincer tendrement le « siège du cœur » (ce petit espace entre votre pouce et votre index) où toutes vos peines s’accumulent (c’est pour ça qu’il est souvent douloureux… l’idée est très poétique), afin de savoir si vous avez le cœur lourd, et si une bonne histoire d’amour qui transcende tout, même le pire, ça ne vous ferait pas du bien. Ah, votre main a parlé : c'est oui (inutile de jouer aux durs). Voici qu’il vous narre le mythe d’Orphée aux Enfers, puis qu’à l’union de la « femme de la forêt » (qui revient toujours devant une grotte) et du poète (comme Orphée), Monsieur se retourne. Oh, damned, vous devinez que ça va mal finir. Chloé Zhao, au-delà de l’excellence de ses plans (la photographie est sidérante), manie les métaphores avec virtuosité, et n’oublie pas d’avoir énormément de bienveillance pour ses personnages. Au casting, on retrouve une Jessie Buckley qui nous a bouleversé plusieurs fois (aboulez l’Oscar, ou on se fâche), Paul Mescal (dommage qu’il soit coincé cette année entre DiCaprio et Chalamet, il aurait mérité un prix lui aussi) et des enfants brillants de talent (le regard du petit garçon qui spoiler: disparaît dans sa « porte de l’Au-delà »
est assez marquant). On n’arrive pas non plus à oublier cette dernière séquence déchirante au Théâtre du Globe, où une spoiler: mère endeuillée attrape la main de son fils de substitution, et où toute la foule, emportée par l’émotion d’une belle histoire, fait de même,
dans un plan qui file des frissons. Chloé Zhao, en robe bleu ciel au balcon, regarde la scène en souriant de compassion, un peu comme nous (à quelques litres de larmes près). Dans notre salle pleine à craquer, pas une respiration n’est venue déranger la beauté des plans mémorables (les accouchements, la scène de la Pièta, et ce final plein de chaleur humaine). La musique se déguste, les fantaisies des gamins sont attendrissantes puis tristes, les plans sont un travail d’orfèvre, les acteurs sont tous excellents, et tout n’est qu’amour dans ce film, tant entre les Hommes, qu’envers le théâtre qui rassemble les peines de tous, pour les laisser sur les planches. Le générique s’est lancé, qu’on a eu droit à un concerto de mouchoirs. Mettre une telle scène émotion au ras du générique, c’est criminel, ou alors peut-être est-ce justement pour nous faire palper qu’une salle remplie, même au 21è siècle, aime toujours autant les belles histoires tragiques, les beaux textes bien écrits et bien joués, et peut encore communier. De l’amour, on vous dit, de l’amour. Tendez votre main.
Shawn777

785 abonnés 3 861 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 février 2026
Avant toute chose, il est important de préciser que je ne suis pas un grand fan du travail de Chloé Zhao. J'ai eu beaucoup de mal avec "The Rider" dont je n'ai d'ailleurs gardé que le souvenir de m'être ennuyé et "Les Éternels" n'était pas franchement mémorable (bien qu'il soit tout de même un des meilleurs Marvel de ces dernières années... oui j'ose parler de Marvel ici) et je n'ai pas vu "Nomanland". Mais devant des critiques si dithyrambiques, la curiosité m'a quand même piqué et... bah je suis pas fan quoi !
Adapté du roman éponyme de Maggie O'Farrell, le film explore la vie de couple de William Shakespeare et d'Anne Hathaway. Mais ici renommée Agnes puisque tout cela est fictif, d'ailleurs le nom de Shakespeare n'apparait à aucun moment dans le bouquin. Eh oui puisqu'Anne n'était pas une étrange sorcière des bois bercée par le mysticisme de la nature et des animaux sauvages contrairement à Agnes.
Et centrer le récit principalement de son point de vue est franchement une bonne idée puisque c'est un personnage déjà très absent de l'Histoire qui se traine en plus une réputation de mégère ou du moins de légende racontant qu'elle était soit-disant détestée de son époux de huit ans son cadet. Bref, tout ça pour dire qu'il n'y a de "réel" que la mort d'Hamnet et l'éloignement des deux époux (l'une restant à la campagne pendant que l'autre écrit à Londres). Et d'où le fait de forcément s'intéresser davantage à un point de vue qu'un autre. Et le sien, encore une fois, est particulièrement et intéressant ici puisqu'on vit le deuil du point de vue la mère, exclue de la société et étant finalement très éloignée ou indifférente des activités de William.
Simplement, nous sommes face ici à un mélodrame bien trop appuyé. Ce qui fait que c'est lourd en permanence. La mise en scène est lourdingue en surlignant toujours le propos, les silences "qui en disent longs" sont lourdingues, les personnages sont lourdingues et la photographie est lourdingue, de même que l'étalonnage d'ailleurs. Chloé Zhao sait pourtant maitriser sa caméra, nous avons plusieurs fulgurances avec dans plans très soignés mais, encore une fois, c'est au service d'une mise en scène qui surligne toujours tout. Alors oui, le deuil ce n'est jamais joyeux mais même avant la mort d'Hamnet, le film semble toujours vouloir nous assommer avec du larmoyant et du pathétique qui flirte presque quelques-fois avec le sensationnalisme, comme les scènes d'accouchement qui sont épuisantes pour le personnage mais surtout pour les spectateurs.
Seule la fin est sacrément bien maitrisée. Et quand je dis "la fin", je parle plus précisément de la représentation d'"Hamlet". Là, c'est beau, on y croit, la représentation qui rentre tout de suite en résonance avec le deuil que les deux parents gèrent d'une manière très différente mais pourtant ici, leurs émotions peuvent enfin se rencontrer par le prisme de l'acteur qui joue Hamlet et donc, par extension, la projection qu'avait son père d'Hamnet adulte. Et franchement, la scène est très touchante, même si Max Richter ose ramener son sempiternel plaintif (mais très beau, je l'admet) "On the Nature of Daylight" avec lequel on atteint le paroxysme du mélodrame mais paradoxalement, on accroche car, pour une fois, c'est bien exécuté.
Bref, hormis une excellente performance d'acteurs et quelques bonnes idées çà et là, "Hamnet" restera pour moi une grosse déception.
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