Si en démarrant le film vous vous demandez où sont les otages américains en Iran, désolé vous vous êtes gourés de lettre ! Ici c'est "Arco", avec un C, et donc non, vous ne verrez pas Ben Affleck en cape arc-en-ciel voler à la rescousse du Moyen-Orient. Blague à part, "Arco" est donc un récit de SF par animation made in France. Il semble que la filière soit en forme, entre ceci et "Mars Express", je ne vais pas m'en plaindre.
Dès le départ, Ugo Bienvenu ne cache pas l'influence de la japanimation sur "Arco", et de Miyazaki en particulier. A travers cette prépondérance de la nature, les séquences aériennes, ou cette animation saccadée aux allures vintage. N'étant moi-même pas fan des films de Miyazaki (pour des raisons plutôt scénaristiques que visuelles), ça m'a un peu freiné pour rentrer dans "Arco". Mais je ne doute pas que les amateurs de japanimation seront aux anges.
On suit donc Arco, garçon de 10 ans vivant dans une maison-ferme autonome du 30ème siècle. Trop petit, il ne peut accompagner ses parents et sa grande soeur dans leurs escapades temporelles. Qu'à cela ne tienne, il vole la combinaison de sa soeur, et file en douce, espérant rencontrer des dinosaures. Mais il atterrit en 2075, époque bien nase où les humains se reposent sur les robots tout en souffrant des conséquences du réchauffement climatique.
Cette double vision du futur est plutôt maligne, et est à l'image du film. Un mélange permanent de nuances, de sentiments positifs et négatifs, d'optimisme et de mélancolie. Avec des idées futuristes bien senties.
Le 30ème siècle parait propre et équilibré... mais plus personne ne peut résider sur le sol terrestre. L'an 2075 montre des parents absents, des catastrophes en chaîne... mais ce robot baby-sitter semble très attachant, et les enfants sont plein d'espoir. Ou ce final semi-amer, évoquant les conséquences importantes de la bêtise initiale d'Arco... là encore positives et négatives.
Tout ceci donnera lieu à plusieurs séquences émotion, aidées par la qualité de la musique, et les personnages attachants, entre les enfants et le robot. Ugo Bienvenu la jouera par ailleurs soft, avec des pseudo antagonistes qui n'en seront pas vraiment, un peu façon "." (référence assumée ?).
Je serai davantage mesuré sur le scénario, qui contient plusieurs invraisemblances. A commencer par : qui laisserait des combinaisons temporelles être utilisées par n'importe qui ? Ou l'aspect voyage dans le temps qui n'est pratiquement pas exploité, ce qui amène à des étrangetés. Mais l'on sent que le réalisateur a préféré explorer la poésie plutôt que la rationalité.
Il y a également des personnages à l'utilité très relative dans le récit. Clifford, le voisin amoureux. Ou les trois andouilles, pourtant incarnés par du beau monde (Louis Garrel, Vincent Macagne, William Lebghil).
Ces quelques griefs, et ma cinéphilie relativement hermétique aux Miyazaki, m'ont empêché d'être aussi emballé que d'autres. Néanmoins "Arco" reste une belle proposition à découvrir, tant en animation qu'en SF à la française.