« Sirãt », je ne m’étais pas posé la question de ce que ce titre signifie. Dans le Coran, c’est le nom donné au pont qui relie l’enfer au paradis.
Lorsque j’ai vu la bande annonce lors de sa sortie, j’ai eu immédiatement envie d’aller le voir, c’est-à-dire d’aller au cinéma, ce que je n’avais pas fait depuis longtemps. Pour différentes raisons, mais aussi parce que maintenant quand je vois un film qui semble me plaire, de par sa bande annonce, ou un extrait, j’attends sa sortie sue les plate-formes…
Mais je ne suis malheureusement pas aller le voir dès sa sortie, et j’ai sans doute été trop imbiber des commentaires des gens qui sont allés le voir avant moi. A savoir c’est bien mais… c’est dérangeant, malaisant…Sans comprendre ce qu’ils voulaient dire.
Le fait que l’histoire de base, soit un père qui recherche sa fille d’une vingtaine d’année, me faisait peur aussi. Peur de trouver des choses dérangeantes pour moi personnellement , et peur d’un triste dénouement quant à cette fille.
Cette fille qui est la raison de base de ce scénario, mais qu’on ne voit jamais à l’écran, sauf en photo.
Qu’on ne sache pas d’ou viennent ce père et son fils, leur histoire, ce qu’il s’est passé, pourquoi ils recherchent pour le premier sa fille, pour le fils sa soeur, est je trouve une bonne idée. On rentre direct dans cette rave. L’immersion est plutôt bonne, mais pas autant que je l’espérais pour avoir entendu certaines choses à cet égard. Je n’ai jamais fait de rave. Mais le fait d’en avoir créé une spécialement pour le tournage, rend les choses crédibles. Et fait sentir ce sentiment de communion entre participants, de fraternité. Il parait qu’aucune bagarre n’éclate dans une rave, alors qu’à la moindre fête de village, passé minuit, et bien cuit, ça part dans tous les sens.
L’image de ce film est très belle. Bravo au directeur de la photographie Mauro Herce. Ce film, et c’est courageux aujourd’hui, surtout dans ces conditions de tournage, a été tourné sur pellicule. Et ça se sent, surtout en Super 16 projeté sur grand écran. Il n’y a pas une image, propre, lisse, fade. Ce grain d’image va parfaitement avec cette histoire.
Concernant le casting, à part Sergi Lopez, tous les acteurs du film ne le sont pas, mais sont par contre issus du milieu underground rave party. Et sont très forts. Et je mettrais pour ma part une mention spéciale à Jade Oukid, qui selon l’expression crève l’écran. C’est la fille aux cheveux courts, magnifique, avec son voile, lorsqu’elle danse dans le désert avec ce voile sur la tête tenu dans ses mains. Et demande de faire pêter le son, parce que ça va leur faire du bien.
Cette scène est incroyable. On sent les choses et ressentis de chacun. On voit la préparation. On a envie que ce soit un moment d’apaisement , de bien être. Surtout quand Louis, le père de la fille recherchée, commence à sentir les éléments. Et en tant que spectateur, on a aussi envie, que ça monte, que le son monte, que ça pête…
Je trouve que la suite est un peu bâclée, genre il faut trouver une fin… Il y aura quand même encore quelques longueurs sur certaines scènes, ce qui arrive depuis le début du film.
On se dit que comme Louis, on aurait dit à son fils de rentrer dans la voiture pour sa sécurité…
On se dit que comme Louis on aurait traverser sans réfléchir…
La bande son est évidemment incroyable. Il y a 7 acteurs principaux, le son et l’image en sont les 8 et 9ièmes, sans orde de préférence.
Pour les amoureux du cinéma, ce film est à voir. Olivier Laxe, le réalisateur, a fait un film, qui ne fait pas l’unanimité, qui fait ressentir différentes choses selon les personnes, et pour ça , il mérite le respect, son prix du Jury à Cannes.