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Le réalisateur Gus Van Sant s’intéresse à un fait divers ayant défrayé la chronique dans les années 70 lorsqu’un homme ruiné kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Pas habitué au genre du thriller, sa mise en scène aux teintes vintage déploie un narratif classique pour le traitement médiatique de cette affaire. Porté par la prestation plus que convaincante de l’acteur Bill Skarsgard incarnant ce preneur d’otage à la rupture « La corde au cou » dénonce une forme d’ultralibéralisme toujours en cours aujourd’hui.
Pour son retour au cinéma, le cinéaste américain Gus Van Sant s'inspire d'un fait divers s'étant déroulé en 1977 à Indianapolis. Un homme s'estimant floué par une entreprise d'emprunt va kidnapper le fils d'un patron détestable (Al Pacino). Plus qu'un pur thriller, ce film s'apparente parfois à de la comédie tellement ce "loser" interprété par Bill Skarsgard suscite l'empathie en voulant rallier les gens à sa cause. Le côté vintage de l'époque est assuré par une bande-son merveilleuse et un animateur radio à la cool. On ne peut s'empêcher de penser à la référence du genre "Un après-midi de chien" (1975) de Sidney Lumet, mais la comparaison s'arrête là. Qui était vraiment ce Tony Kiritsis? Un justicier du peuple ou un déséquilibré? Libre à vous de vous faire votre opinion...
Une heure et demie de mise en demeure avec un fusil de chasse collé au cou d'un banquier, franchement, ça donne le ton. C'est la belle époque où les gens avaient encore le sens du service client : quand ton prêt immobilier coince, au lieu de faire un mail au service réclamation, tu viens discuter avec le directeur en l'arrosant de fils de détente. Gus Van Sant nous sort du formol pour adapter ce magnifique fait divers de 1977 où un entrepreneur au bout du rouleau pète un boulon monumental.
Visuellement et musicalement, rien à redire, l'ambiance des seventies est tellement soignée qu'on a l'impression de sentir l'odeur de la moquette synthétique et du vieux cuir de bagnole, le tout porté par une BO qui envoie du lourd. Bill Skarsgård est complètement habité en faux-idiot ultra-tendu du bibéron, le genre de type qui te donne instantanément envie de vérifier ton plan épargne logement.
Le petit souci, c'est que l'histoire tient sur un post-it. Forcément, quand tu tires un fait divers de cinq minutes en longueur pour en faire un film complet, tu te retrouves à meubler sec. Ça brasse du vent autour du QG de police et des caméras de télé, histoire de grappiller des minutes sur le chronomètre. Bref, une ambiance de feu et un acteur principal qui se donne à fond, mais pour un résultat qu'on oublie aussi vite qu'une quittance de loyer. parce que c'est toujours rigolo de voir un banquier transpirer à grosses gouttes, mais faut pas être pressé.
Visuellement et musicalement, rien à redire, l'ambiance des seventies est tellement soignée qu'on a l'impression de sentir l'odeur de la moquette synthétique et du vieux cuir de bagnole, le tout porté par une BO qui envoie du lourd. Bill Skarsgård est complètement habité en faux-idiot ultra-tendu du bibéron, le genre de type qui te donne instantanément envie de vérifier ton plan épargne logement.
Le petit souci, c'est que l'histoire tient sur un post-it. Forcément, quand tu tires un fait divers de cinq minutes en longueur pour en faire un film complet, tu te retrouves à meubler sec. Ça brasse du vent autour du QG de police et des caméras de télé, histoire de grappiller des minutes sur le chronomètre. Bref, une ambiance de feu et un acteur principal qui se donne à fond, mais pour un résultat qu'on oublie aussi vite qu'une quittance de loyer. parce que c'est toujours rigolo de voir un banquier transpirer à grosses gouttes, mais faut pas être pressé.
Pas le meilleur film de gus Van Sant mais rien de mauvais non plus, la reconstitution des 70's est parfaite, les acteurs sont bons, le film se laisse regarder mais on peine à s'attacher au personnage et le film est bien en dessous de son modèle : "un après-midi de chien"
Lent, très long, tout mou, soporifique et le principale est dans la bande annonce.
Rien ne m'a accroché dans ce film. A oublier.
Rien ne m'a accroché dans ce film. A oublier.
Dernier de cordée
Inspiré d’un fait divers américain ayant fait la une des médias en 1977, Gus Van Sant pour son retour au cinéma s’intéresse à un citoyen ruiné par un emprunt ; et qui kidnappe le fils du courtier qu’il juge responsable de sa situation. Par ce thriller noir et intense, Gus Van Sant s’attaque au mythe du rêve américain, le système protège les puissants contre les pauvres gens même si les premiers font sciemment et cyniquement de l’argent sur le dos des seconds. On voie très vite que le kidnappeur est un pauvre type avec un projet démesuré par rapport à sa capacité financière et sa jugeote ; mais on lui prête des sommes folles car s’il peut faire gagner de l’argent au système financier tout va bien ; son sort on s’en fout. Voilà ce que condamne frontalement le film, un capitalisme débridé sans scrupule. Le gars en question n’est pas très aimable au sens premier du terme, on a du mal à s’y attacher et ses convictions initiales perdent trop vite de leur portée politique dès lors que l’intégralité de sa psyché se dévoile à nous. L’acte solitaire donnant lieu à un film tendu aux ressorts parfois comiques prend le dessus sur le fait social et politique ; dommage. Cette satire de classe s’éteint trop vite au profit d’un film très 70’s ; derrière celui-ci, on voie de nombreux films US de cette décennie. Et Al Pacino en guest nous fait penser de bout en bout que l’on regarde une réinterprétation de « Un après-midi de chien » ; donc ce film aussi distrayant et bien foutu qu’il soit est somme toute bien mineur.
En revanche, l’idée super sympa du film est d’avoir écrit ce personnage de DJ radio épatant qui envoi des tubes incroyables tout le long du film ; la BO est formidable.
Un bon moment sans plus.
Inspiré d’un fait divers américain ayant fait la une des médias en 1977, Gus Van Sant pour son retour au cinéma s’intéresse à un citoyen ruiné par un emprunt ; et qui kidnappe le fils du courtier qu’il juge responsable de sa situation. Par ce thriller noir et intense, Gus Van Sant s’attaque au mythe du rêve américain, le système protège les puissants contre les pauvres gens même si les premiers font sciemment et cyniquement de l’argent sur le dos des seconds. On voie très vite que le kidnappeur est un pauvre type avec un projet démesuré par rapport à sa capacité financière et sa jugeote ; mais on lui prête des sommes folles car s’il peut faire gagner de l’argent au système financier tout va bien ; son sort on s’en fout. Voilà ce que condamne frontalement le film, un capitalisme débridé sans scrupule. Le gars en question n’est pas très aimable au sens premier du terme, on a du mal à s’y attacher et ses convictions initiales perdent trop vite de leur portée politique dès lors que l’intégralité de sa psyché se dévoile à nous. L’acte solitaire donnant lieu à un film tendu aux ressorts parfois comiques prend le dessus sur le fait social et politique ; dommage. Cette satire de classe s’éteint trop vite au profit d’un film très 70’s ; derrière celui-ci, on voie de nombreux films US de cette décennie. Et Al Pacino en guest nous fait penser de bout en bout que l’on regarde une réinterprétation de « Un après-midi de chien » ; donc ce film aussi distrayant et bien foutu qu’il soit est somme toute bien mineur.
En revanche, l’idée super sympa du film est d’avoir écrit ce personnage de DJ radio épatant qui envoi des tubes incroyables tout le long du film ; la BO est formidable.
Un bon moment sans plus.
Dead Man’s Wire : Gus Van Sant retrouve l’Amérique malade qu’il aime filmer
Avec Dead Man’s Wire, Gus Van Sant revient au cinéma après plusieurs années d'absence avec un film qui peut sembler, de prime abord, assez éloigné de ses œuvres les plus personnelles. Pourtant, derrière ce thriller inspiré d'un fait divers, on retrouve plusieurs obsessions qui traversent sa filmographie : les marginaux, les individus en rupture avec la société, le rapport de force entre l'individu et les institutions, mais aussi cette capacité à observer l'Amérique sans porter immédiatement de jugement sur ses personnages.
On pense évidemment à Drugstore Cowboy ou My Own Private Idaho pour cette manière de s'intéresser à des personnages en marge, mais également à Elephant pour la façon dont Van Sant transforme un fait divers en réflexion plus large sur la société américaine. Dead Man’s Wire est toutefois plus classique dans sa construction.
L'influence de To Die For est également intéressante : on retrouve cette fascination pour les médias, pour la fabrication d'un spectacle autour d'un événement et pour la manière dont une personnalité peut devenir un objet de fascination collective. Mais là où To Die For était une satire beaucoup plus ouvertement mordante, Dead Man’s Wire préfère une approche plus ambiguë.
Le film fonctionne également comme un hommage aux thrillers américains des années 70. Dog Day Afternoon vient forcément à l'esprit, d'autant que la présence d'Al Pacino crée un amusant jeu de miroir avec le cinéma de cette époque. Mais Van Sant ne cherche pas simplement à reproduire le style des années 70 : il utilise cette esthétique pour montrer que certaines frustrations américaines n'ont finalement pas tellement changé.
Bill Skarsgård est la grande révélation du film. Son Tony Kiritsis est aussi inquiétant que fascinant, capable de passer de la menace à une forme de vulnérabilité presque grotesque. Dacre Montgomery lui oppose une interprétation beaucoup plus effacée, tandis que Colman Domingo apporte une présence particulièrement intéressante autour de la question des médias.
Tout n'est cependant pas parfait. Le film peut sembler moins audacieux formellement que les œuvres les plus marquantes de Van Sant. Certains passages donnent l'impression que le réalisateur aurait pu pousser plus loin son regard sur la société américaine et sur la psychologie de Kiritsis.
Mais c'est justement ce mélange entre film de genre et cinéma d'auteur qui fait l'intérêt de Dead Man’s Wire. Van Sant ne signe peut-être pas un nouveau Elephant ou un nouveau Drugstore Cowboy, mais il réalise un thriller suffisamment personnel pour rappeler qu'il sait toujours filmer les failles de l'Amérique avec un regard singulier.
Un retour solide, imparfait mais beaucoup plus intéressant qu'un simple film de prise d'otage.
Avec Dead Man’s Wire, Gus Van Sant revient au cinéma après plusieurs années d'absence avec un film qui peut sembler, de prime abord, assez éloigné de ses œuvres les plus personnelles. Pourtant, derrière ce thriller inspiré d'un fait divers, on retrouve plusieurs obsessions qui traversent sa filmographie : les marginaux, les individus en rupture avec la société, le rapport de force entre l'individu et les institutions, mais aussi cette capacité à observer l'Amérique sans porter immédiatement de jugement sur ses personnages.
On pense évidemment à Drugstore Cowboy ou My Own Private Idaho pour cette manière de s'intéresser à des personnages en marge, mais également à Elephant pour la façon dont Van Sant transforme un fait divers en réflexion plus large sur la société américaine. Dead Man’s Wire est toutefois plus classique dans sa construction.
L'influence de To Die For est également intéressante : on retrouve cette fascination pour les médias, pour la fabrication d'un spectacle autour d'un événement et pour la manière dont une personnalité peut devenir un objet de fascination collective. Mais là où To Die For était une satire beaucoup plus ouvertement mordante, Dead Man’s Wire préfère une approche plus ambiguë.
Le film fonctionne également comme un hommage aux thrillers américains des années 70. Dog Day Afternoon vient forcément à l'esprit, d'autant que la présence d'Al Pacino crée un amusant jeu de miroir avec le cinéma de cette époque. Mais Van Sant ne cherche pas simplement à reproduire le style des années 70 : il utilise cette esthétique pour montrer que certaines frustrations américaines n'ont finalement pas tellement changé.
Bill Skarsgård est la grande révélation du film. Son Tony Kiritsis est aussi inquiétant que fascinant, capable de passer de la menace à une forme de vulnérabilité presque grotesque. Dacre Montgomery lui oppose une interprétation beaucoup plus effacée, tandis que Colman Domingo apporte une présence particulièrement intéressante autour de la question des médias.
Tout n'est cependant pas parfait. Le film peut sembler moins audacieux formellement que les œuvres les plus marquantes de Van Sant. Certains passages donnent l'impression que le réalisateur aurait pu pousser plus loin son regard sur la société américaine et sur la psychologie de Kiritsis.
Mais c'est justement ce mélange entre film de genre et cinéma d'auteur qui fait l'intérêt de Dead Man’s Wire. Van Sant ne signe peut-être pas un nouveau Elephant ou un nouveau Drugstore Cowboy, mais il réalise un thriller suffisamment personnel pour rappeler qu'il sait toujours filmer les failles de l'Amérique avec un regard singulier.
Un retour solide, imparfait mais beaucoup plus intéressant qu'un simple film de prise d'otage.
Soulignant la qualité d’histoire véridique de son récit, la mise en scène exploite le cadrage, la bichromie ainsi que le grain pour nous ancrer davantage dans la période évoquée. Réussissant à portraire deux hommes à la fois victimes et tortionnaires (joués avec une justesse remarquable, tant par Bill Skarsgård que par Dacre Montgomery), la narration opte pour une tonalité cynique. A la critique de notre société s’ajoute la dénonciation de la mentalité journalistique. Manquant parfois de rythme, la réalisation réussit cependant à augmenter la tension et à dérouler efficacement son mécanisme. Maîtrisé.
Voilà encore un film basé sur une histoire vraie et qui donc ne peut guère être plus spectaculaire que ce qui s'est réellement passé. Ce n'est pas un mauvais film, mais on ne peut pas dire que c'est très passionnant. C'est rempli de bavardages et comme souvent c'est très proche de ce qui a déjà été montré de nombreuses fois (le pauvre bougre qui s'en prend à une grosse société). Le plus dérangeant c'est tout de même la répétition de films qui se ressemblent énormément. C'est un film où pour être gentil, je vais dire qu'il a le mérite d'exister. A voir une fois, mais certainement pas deux.
Assez déçu pour un Gus Van Sant. La petite corde au coup rattachée au fusil, ça va cinq minutes. Deux étoiles et demie.
Une déception au vu des critiques élogieuses.
Est-ce qu'un simple fait divers suffit à faire un film ?
Parfois certainement, mais là en l'occurrence il aurait fallu développer un peu le fond du conflit.
Un simple documentaire d'une heure sur ce fait divers effacerait complètement ce film.
Est-ce qu'un simple fait divers suffit à faire un film ?
Parfois certainement, mais là en l'occurrence il aurait fallu développer un peu le fond du conflit.
Un simple documentaire d'une heure sur ce fait divers effacerait complètement ce film.
C’est un scénario tiré d’une histoire vraie, c’est bien réalisé malgré quelques longueurs avec un très bon casting, mais je n’ai pas été emballé par ce film
Alors, que vaut ce dernier Gus Van Sant sur l’ultralibéralisme mortifère ?
Le film n’invente rien, ça, je l’admets ! Gus Van Sant sort toute l’artillerie des années 70, y compris cette générosité grammaticale et formelle qui faisait toute la richesse du cinéma de l’époque : blaxploitation, musiques cool, funky et jazzy (merci Quincy Jones !), tube de Donna Summer, Love to Love You Baby, découpage en split-screen évolutif et intuitif, alternance du noir et blanc et de la couleur pour servir de transition entre les plans et structurer les chapitres, images au format 4:3, vidéos volontairement floues façon archives d’époque et dialogues tirés à quatre épingles.
Le réalisateur reprend également, avec une certaine intelligence, les ficelles de Lynch et son goût pour le soap-opéra version new-look. Tout cela pourrait sembler un peu trop référentiel, voire artificiel, mais personnellement, ça ne me dérange pas.
Car derrière cet exercice de style, on reconnaît surtout le message habituel de Gus Van Sant : un regard ironique et sarcastique sur cet "ultralibéralisme mortifère", où l’argent, le pouvoir et la réussite finissent par broyer les individus.
Et la référence est ici assez claire : elle renvoie directement à Un après-midi de chien (Dog Day Afternoon) de Sidney Lumet. La présence d’Al Pacino ne fait d’ailleurs que renforcer ce clin d’œil, comme un passage de témoin entre deux époques du cinéma américain.
Alors oui, Gus Van Sant ne révolutionne rien ici. Mais lorsqu’un cinéaste maîtrise suffisamment ses références pour les transformer en véritable langage visuel et continuer à faire passer son message, pourquoi bouder son plaisir ?
Le film n’invente rien, ça, je l’admets ! Gus Van Sant sort toute l’artillerie des années 70, y compris cette générosité grammaticale et formelle qui faisait toute la richesse du cinéma de l’époque : blaxploitation, musiques cool, funky et jazzy (merci Quincy Jones !), tube de Donna Summer, Love to Love You Baby, découpage en split-screen évolutif et intuitif, alternance du noir et blanc et de la couleur pour servir de transition entre les plans et structurer les chapitres, images au format 4:3, vidéos volontairement floues façon archives d’époque et dialogues tirés à quatre épingles.
Le réalisateur reprend également, avec une certaine intelligence, les ficelles de Lynch et son goût pour le soap-opéra version new-look. Tout cela pourrait sembler un peu trop référentiel, voire artificiel, mais personnellement, ça ne me dérange pas.
Car derrière cet exercice de style, on reconnaît surtout le message habituel de Gus Van Sant : un regard ironique et sarcastique sur cet "ultralibéralisme mortifère", où l’argent, le pouvoir et la réussite finissent par broyer les individus.
Et la référence est ici assez claire : elle renvoie directement à Un après-midi de chien (Dog Day Afternoon) de Sidney Lumet. La présence d’Al Pacino ne fait d’ailleurs que renforcer ce clin d’œil, comme un passage de témoin entre deux époques du cinéma américain.
Alors oui, Gus Van Sant ne révolutionne rien ici. Mais lorsqu’un cinéaste maîtrise suffisamment ses références pour les transformer en véritable langage visuel et continuer à faire passer son message, pourquoi bouder son plaisir ?
Après huit années d'absence, c'est le grand retour de Gus Van Sant au cinéma. Ayant fondé toute sa carrière sur l'exploration des , le cinéaste s'attelle ici à déconstruire le rêve américain, en s'inspirant d'un véritable fait divers : une prise d'otage complètement lunaire, survenue en 1977 à Indianapolis.
Et qu'est-ce que c'est malin d'avoir traité ce fait divers en retournant la formule classique du film de kidnapping. Après avoir introduit l'excentricité du ravisseur, le réalisateur va en effet prendre son temps et poser son récit, tentant de comprendre la psyché et les motivations de cet être insaisissable. L'écriture est parfaitement nuancée, et on oscille constamment entre la pitié et le dégoût pour ces personnages, tous aussi pervers les uns que les autres. Le long-métrage accomplit alors un vrai tour de force, celui de nous conférer bien plus d'empathie pour le kidnappeur que le kidnappé.
Et qu'est-ce que c'est malin d'avoir traité ce fait divers en retournant la formule classique du film de kidnapping. Après avoir introduit l'excentricité du ravisseur, le réalisateur va en effet prendre son temps et poser son récit, tentant de comprendre la psyché et les motivations de cet être insaisissable. L'écriture est parfaitement nuancée, et on oscille constamment entre la pitié et le dégoût pour ces personnages, tous aussi pervers les uns que les autres. Le long-métrage accomplit alors un vrai tour de force, celui de nous conférer bien plus d'empathie pour le kidnappeur que le kidnappé.
Tiré d’une histoire vraie assez dingue, ce nouveau long métrage signé Gus Van Sant s’avère très plaisant. À travers sa caméra, le réalisateur adopte un style très années 70/80, aussi bien dans son montage que dans sa mise en scène et sa photographie. Le récit semble presque surréaliste, mais il montre qu’il suffit parfois de très peu de choses pour faire vriller Monsieur Tout-le-Monde, à l’image du personnage incarné par Bill Skarsgård. Ce dernier et Dacre Montgomery portent le film sur leurs épaules avec beaucoup de talent, tandis que Colman Domingo apporte une touche qui nous plonge encore davantage dans les années 70 avec cet animateur radio à la manière de parler très particulière, son cigare et les musiques qu’il diffuse. La bande originale devient ainsi l’un des véritables atouts du film et contribue pleinement à son ambiance.
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