Film d'action écrit et réalisé par Luc Besson, Nikita n'est vraiment pas un bon long-métrage. L'histoire nous fait suivre une bande de jeunes qui cambriolent une pharmacie afin de se fournir de quoi se droguer. Seulement, le vol se passe mal car le pharmacien, qui les a entendu entrer, prévient la police qui rapplique rapidement. S'ensuit une fusillade au cours de laquelle deux des policiers sont tués, ainsi que les membres de la bande, hormis Nikita, qui abat froidement un troisième policier. Arrêtée, elle est jugée pour assassinat et condamné à la prison à perpétuité. Mais, une nuit, des agents des services secrets la font passer pour morte afin de lui proposer de travailler pour eux comme espionne. Ce scénario s'avère vraiment grotesque et pénible à suivre pendant toute sa durée de près de deux heures. Pourtant, la scène d'introduction est plutôt prometteuse, mais la suite du récit est tout bonnement ridicule tant elle n'a aucun sens. La phase de formation est soporifique et il faut attendre de très longues minutes pour qu'il se passe quelque chose à l'écran, car le métrage ne possède au final que très peu de scènes d'action. Si elles ont le mérite de nous offrir des fusillades réalistes, violentes et crues, elles se font beaucoup trop rares. Le reste du temps on assiste à des échanges et un quotidien inintéressant. Même la façon de faire avancer l'intrigue dans le temps est mal faite. Le ton sérieux et grave ne procure pour sa part aucune tension, c'est juste ennuyant. Il faut dire que le défaut majeur provient de son héroïne qui donne son titre au film. Cette jeune toxicomane rebelle n'est aucunement attachante. Au contraire, elle est même plutôt détestable de par son attitude. Et puis il n'est pas possible de croire à son personnage qui pleure tout le temps comme une gamine entre deux balles qu'elle tire dans la tête d'une cible. Ce rôle est franchement risible. En plus il est incarné par une Anne Parillaud vraiment pas crédible qui ne dégage aucune sympathie. Résultat, on se moque bien de son sort tant l'empathie pour elle est absente. Cette tête d'affiche pas à sa place est entourée par d'autres comédiens pas plus convaincants que ce soit Tchéky Karyo, Jeanne Moreau, Jean-Hugues Anglade, Marc Duret ou encore Jean Reno. La faute à une direction d'acteur catastrophique et des protagonistes sans aucune profondeur. En conséquence, leurs échanges sont insipides et ne procurent aucun sentiment. La faute également à des dialogues creux dont on retiendra davantage les hurlements agaçants du garçon manqué. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français se veut tout de même correcte. Sa mise en scène fait le boulot, sans pour autant sortir du lot par sa qualité. Cette dernière évolue dans des lieux appréciables. Ce visuel quelconque est accompagné par une bande originale signée Éric Serra, dont les compositions sont en demi-teintes. Si certaines collent bien à l'ambiance et aux situations, d'autres semblent hors de propos. Reste une fin très peu satisfaisante venant mettre un terme à Nikita qui, en conclusion, est un film très clairement dispensable tant ses défauts sont nombreux.