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    Décès du producteur Dino de Laurentiis
    11 nov. 2010 à 16:05
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    Producteur de "Pierrot le fou", "Conan le barbare" ou "Hannibal", l'Italien Dino de Laurentiis est décédé à l'âge de 91 ans.

    Pierrot le Fou, Barbarella, Serpico, King Kong, Conan le barbare, Hannibal Lecter… Si tous ces personnages semblent n'avoir rien en commun, ils doivent pourtant une bonne partie de leur existence cinématographique à un homme : le producteur italien Dino De Laurentiis, décédé ce jeudi 11 novembre à Los Angeles, à l'âge de 91 ans, au terme d'une carrière longue de 70 ans et forte de plus de 160 longs métrages.

    Des spaghettis au 7ème Art

    Véritable icône du monde de la production cinématographique, Dino De Laurentiis, né le 8 août 1919 à Torre Annunziata, débute comme vendeur de spaghettis pour le compte de son père mais sa fascination pour des acteurs comme Gary Cooper ou Vittorio De Sica le pousse finalement à se lancer dans le métier de comédien. Il étudie alors au Centro sperimentale delle cinematografia où il décide plutôt de consacrer à la production. En 1938, il finance L'Amore canta, premier long-métrage d'une des filmographies les plus impressionnantes du cinéma. Agé d'à peine 20 ans, il se fait rapidement un nom au sein de la société Lux Films. Il se construit alors un solide carnet d'adresse qui va lui permettre de voler de ses propres ailes avec sa propre société Dino de Laurentiis Cinematografica. Il participe alors grandement à la reconstruction du Cinéma italien d'après-guerre qui explose littéralement avec le courant néo-réaliste. Il produit alors les oeuvres des grands cinéastes italiens comme Fellini, Lattuada, ou encore Vittorio De Sica.

    Néo-réalisme, Nouvelle Vague et Dinocittà

    En 1949 il signe son premier véritable succès, Riz amer, révélant au passage l'actrice Silvana Mangano qu'il épouse la même année. Au début des années 50, il s'affirme comme un producteur incontournable et s'associe avec Carlo Ponti avec qui il écrit quelques-unes des plus des plus belles pages du cinéma italien en produisant, entre autres, Europe 51 et La Strada. Ces années marquent également ses premières expériences internationales (Guerre et paix de King Vidor). Il construit alors les studios Dinocittà près de Rome qui lui permettent de mettre en chantier des projets ambitieux comme Barabbas de Richard Fleischer, La Bible de John Huston ou encore Waterloo de Serguei Bondartchouk. Il finance également certains réalisateurs français comme Jean-Luc Godard (Pierrot le Fou) ou Claude Chabrol ( Le Tigre se parfume à la dynamite) et bien sûr italien ( L'Etranger de Visconti, Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli)

    Benvenuto a Hollywood

    Dans les années 70, le Cinéma italien est en crise et ses studios font faillite. Ils s'installent alors à Hollywood où il travaillera avec des réalisateurs aussi prestigieux que Sidney Lumet (Serpico), Sydney Pollack (Les Trois jours du Condor), William Friedkin ( Têtes vides cherchent coffres pleins), Don Siegel ( Le Dernier des géants), David Cronenberg ( Dead Zone) et Milos Forman ( Ragtime). Il s'impose également dans le divertissement grand public (King Kong, Conan le barbare) au risque parfois de s'égarer des dans productions particulièrement Kitsch ( Barbarella, Flash Gordon). Aussi passionné qu'éclectique, parfois opportuniste (Orca, Body), il n'en oublie toutefois pas le cinéma d'auteur et finance L'Oeuf du serpent du cinéaste suédois Ingmar Bergman. Malgré quelques échecs commerciaux dans les années 80 ( Dune, L' Année du dragon...) Dino De Laurentiis, fort de son statut de producteur mythique, poursuit sa carrière en maintenant toutefois un rythme moins soutenu qu'auparavant produisant notamment quelques grosses productions (U-571) et les adaptations des romans de Thomas Harris (Hannibal, Dragon Rouge...). Si ces dernières productions font figure de ratés de compétition (La Dernière légion et Medieval Pie), Dino De Laurentiis est resté jusqu'à sa mort une figure mythique du 7ème art, et son décès intervient alors qu'il prévoyait toujours de boucler une boucle, en chapeautant le remake de Barbarella.

    Maximilien Pierrette & Eric Kervern avec la rédaction d'Allociné

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    Commentaires
    • lepinpin
      c'est ce qui s'appelle perdre un dinosaure du cinéma là.RIP!
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