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    Deauville 2014 - Jour 1 : Woody Allen ouvre le bal, Jessica Chastain honorée
    Par Maximilien Pierrette — 6 sept. 2014 à 13:00

    Le 40ème Festival du Cinéma Américain est lancé ! Au programme de cette première journée : une ouverture magique avec Woody Allen et un hommage rendu à Jessica Chastain.

    Sous les drapeaux
    1. Sous les drapeaux +
    Jessica Chastain lors de l'inauguration de sa cabine de plage
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    Les bougies n'ont pas encore été soufflées, mais le Festival du Cinéma Américain de Deauville fête ses 40 ans. Et ce coup-ci ça y est : le coup d'envoi des festivités a été donné, et nous vous donnons rendez-vous tous les jours pour vous faire vivre l'événement. Et on commence avec la cérémonie d'ouverture marquée par la magie Woody Allen et l'hommage rendu à Jessica Chastain, que nous avions rencontrée un peu plus tôt dans la journée.

    Le film du jour

    Mars Distribution

    Magic in the Moonlight de Woody Allen - Avec Colin Firth, Emma Stone... - Sortie le 22 octobre

    Et une sélection deauvillaise de plus pour Woody Allen ! Un an tout juste après Blue Jasmine, le réalisateur a fait l'ouverture de cette 40ème édition avec Magic in the Moonlight, mais pas le déplacement sur les planches. C'est donc en son absence que les festivaliers ont découvert son 45ème long métrage, comédie romantique dans laquelle Colin Firth doit déterminer si, oui ou non, Emma Stone est une vraie médium ou une arnaqueuse de gens riches. Le tout à la fin des années 20, dans le sud de la France et sur fond de jazz.

    Les lieux, comédiens et époques changent donc, mais pas les obsessions du cinéaste qui saupoudre l'ensemble d'une once de mystère et prouve une fois de plus son talent en matière d'humour et de direction d'acteurs : face à une Emma Stone pétillante, Colin Firth semble avoir regardé en boucle les films du réalisateur tant il l'incarne à la perfection, l'accent anglais en plus. Les fans de Woody Allen vont être charmés.

    La star du jour
    Maximilien Pierrette / AlloCiné
    Jessica Chastain entourée par le jury de cette 40ème édition

    Cannes n'est pas le seul Festival français à être tombé sous le charme de Jessica Chastain : en 2011, alors que La Couleur des sentiments et Take Shelter y étaient présentés, la comédienne y a d'ailleurs reçu le Prix Nouvel Hollywood… mais n'avait pas pu être là et en était "dévastée" selon ses propres termes. Trois ans plus tard, la révélation de The Tree of Life n'a pas manqué le coche et honoré de sa présence le festival. Lequel lui a rendu le premier hommage de cette édition.

    Après un bref passage en revue de ses films les plus marquants (dont Zero Dark Thirty, Mamà ou The Disappearance of Eleanor Rigby, présenté ce samedi) et une très longue standing ovation, cette "pure merveille" dont Pierre Lescure a également souligné en préambule "le talent confondant", "le franc-parler", "la douceur" et "la discrétion avec laquelle elle se met au service d'un rôle" est donc montée sur la scène du C.I.D.

    Très émue, Jessica Chastain s'est dite "honorée" par cet hommage qu'elle accueille "comme un cadeau", avant de rappeler à quel point le cinéma français l'inspirait et de déclarer que c'était comme "un rêve qui devient réalité" que de se voir accueillie par ce dernier. Le tout avant de conclure par un "Je vous remercie de tout mon coeur", en français dans le texte.

    Au micro
    Maximilien Pierrette / AlloCiné

    Ce vendredi après-midi, le festival n'avait pas encore commencé, sauf pour Jessica Chastain et les journalistes auxquels elle a répondu pendant vingt minutes. De son hommage à ses personnages, en passant par le statut des femmes à Hollywood, le CelebGate ou Isabelle Huppert, sa partenaire (et mère) dans Eleanor Rigby, en voici quelques extraits.

    Son hommage à Deauville

    "Je suis surprise (rires) J'ai été super choquée quand on me l'a annoncé, mais incroyablement honorée en même temps. Deauville m'a soutenue quand ma carrière a décollé et m'avait décerné le Prix Nouvel Hollywood en 2011, mais j'étais dévastée car mes amis étaient là avec La Couleur des sentiments, tout comme Take Shelter, et moi je ne pouvais pas y être pour le recevoir.

    Du coup j'ai enregistré un petit discours en français, ce qui représente un gros travail (rires) Ce soir [hier soir, ndlr], ça ne sera pas en français (rires) C'est donc un honneur que d'être ici, surtout quand on voit les femmes qui ont déjà reçu un hommage : Julianne Moore, Naomi Watts, Susan Sarandon… C'est un incroyable d'être associées à elles."

    Ses rôles au cinéma

    "Mes personnages se rejoignent par leurs statuts de femmes fortes, mais je me demande parfois si cette idée n'est pas un terme générique car tous mes rôles sont très différents. Je me demande donc si un femme que je joue est vraiment forte, ou si c'est le rôle qui est particulièrement bien écrit (rires) Il est difficile pour moi de trouver des points communs entre mes personnages, mais je dirais qu'il y a peut-être l'idée d'intimité.

    Je le dis pour la première fois, donc peut-être que je me trompe, mais ça vaut aussi pour un personnage comme celui de Zero Dark Thirty, qui manque d'intimité mais parvient à se sentir connectée à travers la vengeance. C'est peut-être ça le lien entre mes personnages : cette idée de femmes cherchant à se lier.

    Je ne dirais pas que l'un de mes personnages est un miroir de moi-même, mais celui de The Disappearance of Eleanor Rigby m'est proche : il a été écrit pour moi car [Ned Benson] me connaissait bien. Je n'ai bien sûr pas traversé les mêmes épreuves qu'elle, mais c'est étrange de savoir que quelqu'un vous écrit un personnage sur-mesure car il vous connaît très bien."

    Je me sens vraiment chanceuse
    Les femmes à Hollywood

    Jessica Chastain a récemment déploré le fait que les femmes n'aient pas les mêmes opportunités que les hommes, mais reconnaît être plutôt épargnée : "Je me sens vraiment chanceuse et j'ai pensé que je devais dire ça car parfois, et c'est triste à dire, une actrice qui rencontre le succès peut être tentée de se faire discrète pour être sûre de continuer à avoir des rôles. Nous nous défendons et soutenons mutuellement, au même titre que les hommes le font, donc nous voulons en fait la même chose, à savoir des opportunités égales.

    Quand je dis ça, je ne me plains pas moi-même, car je suis vraiment chanceuse. Mais je ne représente qu'une toute petite partie des actrices aux États-Unis. J'ai de la chance car on m'envoie de très bons scénarios, mais d'autres grandes actrices, bien meilleures que moi, souffrent de cette inégalité. Je pense qu'il est important d'entretenir le débat."

    Le CelebGate

    "Je n'ai pas de conseil à donner à ces actrices car je les vois complètement comme des victimes. Ce qui est arrivé m'a vraiment pertubée : pour moi, ces photos n'ont pas fuité, elles ont été volées, comme si une personne entrait dans la maison d'une autre pour lui voler des photos. C'est une invasion de la vie privée qui m'a d'autant plus dérangée qu'il ne s'agissait que de femmes ayant du succès, comme si l'on tentait de les humilier. Ceux qui ont volé ces photos sont pour moi des délinquants sexuels donc j'espère que le FBI les trouvera et que tout ceci sera tiré au clair.

    Internet a énormément changé en ce qui concerne les choses privées. Et quand je me rends compte que les femmes sont les plus visées, ça me perturbe. Nous devons donc protéger les nôtres, et je ne blâme pas ces actrices : elles ont de belles photos d'elles sur leur téléphone ? Ok, super. Mais c'est privé. Ce sont leurs affaires personnelles et ça me dérange que quelqu'un les vole."

    Isabelle Huppert

    "C'est la plus grande actrice du monde. Si elle savait combien de fois j'ai pu dire ça (rires) Quand je l'ai découverte dans La Pianiste, je n'avais aucune idée de qui elle était (...) mais j'ai passé tout le film sur le bord de mon fauteuil. J'ai ensuite exploré le reste de sa filmographie et je l'adore car c'est non seulement une grande actrice, mais aussi une personne très cool. Elle m'inspire car elle fait preuve d'une curiosité que je n'avais jamais vue auparavant chez qui que ce soit.

    Elle cherche toujours à essayer de nouvelles choses. C'est quelqu'un de très puissant et de très fort, avec qui j'espère retravailler un jour car elle est incroyable (...) J'étais quand même trop timide pour lui demander des conseils [sur le tournage d'Eleanor Rigby, ndlr] mais Ned Benson riait beaucoup car je la suivais partout (rires)"

    Les tweets du jour

    Et sinon…
    • Jessica Chastain nous a confirmé qu'elle était bien en négociations pour The Martian de Ridley Scott mais qu'elle ne pouvait pas dire grand chose dessus, et qu'elle était toujours attachée à Blonde, biopic consacré à Marilyn Monroe, même si le scénario n'était pas encore terminé. Ce dans une salles où se trouvaient des affiches de Certains l'aiment chaud, Les Hommes préfèrent les blondes et Comment épouser un millionnaire ? On a vu pire comme signe…
    • Comme le montrait l'un des tweets postés plus haut, la cérémonie d'ouverture à été marquée par trois hommages posthumes : Lionel Chouchan a d'abord tiré "un coup de chapeau" à l'autre co-fondateur du Festival, André Halimi, décédé le 1er décembre 2013. Puis le maire de Deauville a honoré les mémoires de Lauren Bacall et Robin Williams, auteur de l'une des conférences de presse les plus déjantées de la manifestation en 1988.
    • Un an après son discours triomphal en ouverture, l'ex-président Vincent Lindon, aujourd'hui membre du jury a été chaleureusement acclamé par le public, qui n'a donc pas oublié son passage mémorable. Dans un sens ça tombe bien, car lui non plus, et il avait le sentiment que "l'histoire ne pouvait pas se terminer comme ça" entre Deauville et lui à la fin de son premier mandat, en septembre 2013.
    • Un jury dont Emmanuelle Béart est la grande absente, retenue sur le tournage de son prochain film qui a démarré plus tôt que prévu en Inde.
    • Enfin c'est à Claude Lelouch, autre membre du jury, que l'on doit la phrase poétique du jour : "Vu qu'on ne peut pas mourir d'une overdose de rêves, n'ayez pas peur de vous shooter au cinéma pendant ces prochains jours."

    Rendez-vous donc demain avec les films du jour, Helen Mirren, Charlotte Le Bon et Anton Corbijn au micro, pour vivre la suite de ce 40ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    Woody Allen nous parle de "Magic in the Moonlight" :

    Magic in the Moonlight : Woody Allen et la magie
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    Commentaires
    • Wilyrah
      Photos et compte-rendu de cette première journée à DEAUVILLE : http://www.lebleudumiroir.fr/d...
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