Même si tout le monde ne semble malheureusement pas le penser, nous ne sommes pas obligés d'apprécier tous les grands classiques du cinéma. Dans un univers aussi vaste que l'industrie cinématographique, il existe suffisamment d'œuvres diverses et variées pour que chacun développe ses propres goûts. Si visionner les grands films qui font cette culture est important, le but est finalement bien plus d'avancer à son rythme et de ne jamais se forcer. Cependant, même en ce qui concerne les projets que nous n'apprécions pas forcément, la compréhension de leur importance reste possible. Un long-métrage qui ne nous marque pas ne signifie pas nécessairement que nous le trouvons mauvais, car nous pouvons quand même comprendre pourquoi ce dernier parvient à autant marquer son monde. Cela dit, il existe quelques cas plus compliqués où cela semble impossible, où même en ayant connaissance de son importance, nous ne réussissons pas à comprendre son statut. Et en ce qui me concerne, "Pulp Fiction" se range dans ce cas de figure. Véritable chef-d'œuvre de Quentin Tarantino, certains le considérant même comme son meilleur film, le long-métrage n'a pourtant jamais réussi à me convaincre, même en ayant connaissance de son statut. Tout d'abord, j'ai cru comprendre que retrouver le style de Quentin Tarantino avait plu à tout le monde, et je dois dire que je suis plutôt d'accord avec cette opinion. Même si je ne suis pas un grand adepte de son cinéma, il est clair que ce metteur en scène a beaucoup de talents et une identité bien à lui. On la retrouve alors clairement ici, avec une approche mélangeant violence et légèreté. Si le film nous plonge au sein d'un univers de gangs et d'armes, amenant donc à quelques scènes plutôt sanglantes, une présence significative d'humour est à noter. Si cela n'est pas foncièrement ma tasse de thé, je dois avouer que le contraste fonctionne encore, notamment, car Tarantino l'aborde toujours via une mise en scène plutôt sobre. Les effets de montage trop brusques ou le gore à outrance ne sont donc pas au programme, ces derniers laissant la place aux interprétations des acteurs pour nous faire ressentir les envies du réalisateur. À mon sens, ce sont eux qui créent ce décalage, leurs dialogues mélangeant habilement les insultes et les petites répliques amusantes. Évidemment, le duo entre John Travolta et Samuel L. Jackson a marqué les gens, et je peux comprendre pourquoi, ces deux-là nous offrant une complémentarité rapidement visible. Si le premier est très discret, le second se veut plus exubérant, ce qui créait un ensemble se mariant parfaitement. À leur côté, je tiens également à noter que j'ai apprécié retrouver Bruce Willis, même si son rôle est très secondaire, tout comme j'ai adoré la performance d'Uma Thurman, dont je regrette également la présence finalement limitée au sein du récit. Maintenant, nous en arrivons au point qui m'a un peu laissé de côté : la narration. Réputé pour sa non-linéarité et sa division en plusieurs chapitres, le scénario m'a simplement laissé une impression de banalité, celle-ci étant atténuée par ses effets de style. J'ai eu la sensation que ce principe de narration était uniquement présent pour nous faire oublier le peu d'éléments réellement intéressants du récit, car ils ne se passent franchement pas grand-chose au sein de ce film. Durant pourtant près de 2h30, les péripéties se font rares ou sont simplifiées au maximum, ce qui a simplement pour effet de m'ennuyer. Si j'ai trouvé l'introduction très intéressante, que ce soit dans sa toute première séquence ou dans la présentation de Vincent et Jules, la suite n'a jamais réussi à me convaincre. Et la raison à cela est finalement très simple : je ne vois pas ce que Tarantino a voulu raconter avec cette histoire. Certes, nous sommes dans un environnement très particulier, mais à part pour les effets de style, aucune thématique ou aucun élément scénaristique vraiment intéressant n'en ressort. Le réalisateur semble s'éclater à nous plonger dans ce monde, à disséminer des petits éléments de lore (comme le fameux contenu de la mallette) ou à créer un véritable fonctionnement logique au sein de cette organisation. Mais une fois que cela a été dit, nous n'en tirons rien en tant que spectateur, et on ressort du film sans en avoir eu davantage. Certains éléments sont quand même présents, on peut notamment noter que chaque segment de l'histoire est lié à une femme, mais rien n'est suffisamment appuyé pour fournir un propos global. Dans l'ensemble, je comprends donc ce qui a plu aux gens, à savoir ce style "pulp" très prononcé et l'univers mis en place. Mais honnêtement, hormis cela, je ne vois pas ce qui a poussé les critiques à ériger ce projet en rang d'œuvre culte. Je veux bien qu'un film qui propose uniquement du lâcher-prise soit plaisant à regarder pour certains, mais c'est une approche que je trouve simplement réductrice (en plus de ne pas vraiment fonctionner ici, à cause de ce rythme très lent dans la globalité). Nous plonger dans un monde si particulier pour ne rien avoir à y dire de fort, hormis le fait de s'amuser avec, c'est juste dommage. Peut-être que je suis passé à côté de ce projet, mais je maintiens que j'ai vraiment essayé de le comprendre, sans succès. Pour conclure, un succès qui m'échappe.