Deux sœurs pour un roi s’inscrit dans la longue tradition des récits cinématographiques sur les Boleyn, mais choisit de concentrer son récit sur le triangle amoureux entre Anne Boleyn, Mary Boleyn et Henri VIII. Natalie Portman, dans le rôle d’Anne, apporte une intensité indéniable, et Scarlett Johansson, en Mary, une fragilité touchante. La reconstitution historique, par ses décors somptueux, ses costumes soignés et sa photographie travaillée, permet une immersion visuelle convaincante dans l’Angleterre du XVIe siècle.
Cependant, cette réussite esthétique ne parvient pas à compenser certaines lacunes structurelles. Le scénario privilégie les intrigues sentimentales et familiales au détriment de la profondeur politique et religieuse de l’époque. Si ce choix est cohérent avec le titre et l’orientation romantique du film, il conduit à une simplification excessive des enjeux, limitant la dimension dramatique et historique de l’histoire. Les dialogues, souvent prévisibles ou trop explicatifs, renforcent ce sentiment de convenu et atténuent l’impact émotionnel de scènes qui auraient pu être plus puissantes.
Les scènes censées faire vibrer la romance entre Anne et Henri VIII souffrent d’un manque d’alchimie, ce qui donne à la relation principale une froideur notable. En comparaison, des productions comme la série Les Tudors parviennent à générer une intensité dramatique et sensuelle beaucoup plus convaincante, en partie grâce à la chimie palpable entre Natalie Dormer et Jonathan Rhys Meyers.
En définitive, Deux sœurs pour un roi est une œuvre visuellement soignée et interprétée avec conviction, mais qui souffre d’une romance centrale trop froide et d’un traitement simplifié des enjeux historiques. Le film demeure un divertissement correct, fidèle à son angle romantique, mais il laisse le spectateur avec la sensation d’un potentiel narratif inexploité et d’une émotion qui peine à émerger.