Le Bon, la Brute et le Truand démarre sur les chapeaux de roues avec une scène d'introduction présentant de façon légendaire les trois protagonistes, chacun leur tour : la Brute, Sentenza, dit Angel Eyes, assez ironiquement, à travers une scène d'assassinat mémorable, le Bon, dit Blondin et le Truand, Tuco, un criminel recherché manœuvrant ensemble une arnaque sur les pendaisons.
Les trois sont d'excellents tireurs, avec une précision et une rapidité presque surnaturelles, tels de vrais super-héros. Cependant, il ne faut pas se fier au titre, les trois personnages sont à nuancer et se définissent plus comme des anti-héros, qui sont tous motivés par la même quête : trouver un trésor de 200 000 dollars.
On va donc suivre leurs périples croisés, alternant entre action et trahison, notamment la relation entre Tuco et Blondin à travers un abandon dans le désert. Ils se rendent la pareille, notamment dans les dialogues incisifs. Cependant, une grande partie du film se joue dans le regard, avec des scènes comme l'introduction de Sentenza ou d'autres sans aucune parole pendant plusieurs minutes.
Mais cela n'empêche pas d'avoir plusieurs punchlines marquantes, surtout de Tuco, qui est le personnage amenant le comique dans l'œuvre. On peut citer la légendaire réplique « When you have to shoot, shoot » qui marche aussi bien dans la version français « Quand on tire, on ne raconte pas sa vie », qui semble s'adresser à beaucoup de films s'attardant sur le bavardage au lieu de l'action.
Bref, c'est dynamique, avec une tension constante, tout cela dans de beaux paysages vastes contrastant avec plusieurs gros plans sur les visages, le tout avec une qualité d'image invraisemblable pour l'époque. La guerre de Sécession, opposant l'Union aux Confédérés, est en toile de fond tout le film,
notamment quand Tuco et Blondin se font emprisonner,
nous livrant un point de vue anti-guerre contrastant avec son personnage violent, disant qu'il n'a jamais vu autant de gâchis.
Le véritable moment marquant du film est la fin, accompagnée tout le long par la bande originale de Morricone, nous donnant des frissons lorsque Tuco croit avoir trouvé le trésor, mais surtout lors de l'affrontement final, l'impasse mexicaine, où la tension est à son apogée. Le choix de prendre son temps, commençant par des plans américains puis resserrant de plus en plus les plans jusqu'à finir sur les yeux méfiants des trois, donne l'un des finales les plus intenses du cinéma.