Le genre de films qu'il vaut mieux regarder à la télévision. En streaming, bien évidemment, pour pouvoir activer la fonction « pause ».
Tu as le temps d'aller faire un petit tour, d'aller piller le frigo, de faire autre chose puis de revenir au chef-d'œuvre. Enfin, chef-d'œuvre, forcément, puisque son réalisateur est réputé être un « maître », puisqu'au début de sa carrière il a réalisé deux ou trois films un peu au-dessus du lot, ce qui par la magie du cinéma
lui a permis ensuite de tourner des films qui, pour n'importe qui d'autre auraient au mieux été qualifiées de moyennes ou mal maîtrisées.
Mais puisque c'est du Lars von Trier on les qualifiera de « controversées » , et l'art de susciter la controverse n'est-il pas la plus évidente manifestation du génie ?
Pour certains peut-être, mais sûrement pas pour moi, et la deuxième raison pour laquelle il vaut mieux regarder ce film à la télé, c'est qu'il n'y a pas de pire échec pour un cinéaste que de susciter chez les spectateurs de ses films des réactions que de toute évidence, il n'avait pas prévues.
Or dans une salle de cinéma, j'aurais dû étouffer mes éclats de rire, par respect pour les spectateurs prenant son film au premier degré.
Et puis je ne me serais pas vu m'exclamer publiquement « oh , une ! » , car je sais encore un peu me tenir en société.
Il y a des années, j'avais vu un film de Michel Serrault, l« Les rois du gag » qui était censé me faire rire, mais qui m'avait profondément ennuyé. Cette fois-ci, j'ai vu un film qui était censé m'ennuyer, mais qui m'a bien fait rire ... pour ce que j'en ai vu.
Pourquoi évoquer le film de Serrault ?
Parce qu'il s'était maladroitement mis en scène dans un rôle de réalisateur pompeux, verbeux , prétentieux, une sorte de Lars Von Trier, en quelque sorte.