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fabrice d.
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3,5
Publiée le 28 septembre 2020
Que dire sur ce film? Qui a généré une telle polémique à sa sortie? Et qui a aussi divisé les Français il y plus d'un siècle. C'est un vrai moment de cinéma en tout cas, les costumes, les décors, la lumière, tout est beau mais fait aussi tellement cinéma. On a des fois l'impression que c'est trop synthétique et pas assez artisanal. Mais c'est un petit détail. Les acteurs sont bons, et c'est génial car il y a plein de seconds rôles sympa comme si tout le monde avait voulu joué dans ce film. Stocker, Almaric, Podalydes, Yordanoff, Vuillermoz, Perez, Poupaud et Sandre. Sans oublier dans les rôles principaux, J. Dujardin, Gadebois qui est super et Seigner et bien sur Garrel dans le rôle clé, celui de Dreyfus. En tout cas, ce film nous donne envie de nous replonger dans l'affaire Dreyfus, ou bien de s'y plonger une bonne pour toute et pourquoi ne pas lire D. de R. Harris pour reprendre ça à tête reposée!
Un thriller historique intense subtilement mis en scène retrace l'un des plus grands scandales de l'Histoire de France. Porté par de formidables acteurs, le film de Polanski est sans doute un peu trop sage pour être porté au rang de chef d'œuvre.
L'affaire Dreyfus, une véritable intrigue de cinéma et ce film étant fidèle à l'histoire, cela ne pouvait qu'être intéressant. Toutefois, le film aurait pu être plus avec une telle affaire d'état, palpitant et captivant. Ces aspects sont gommés par le côté film d'auteur exacerbé, alors que l'ajout d'éléments scénaristiques empruntés aux thrillers aurait été bénéfique pour dynamiser le film. D'autant plus que cet excès "d'auteurisme" a conduit à faire le choix dommageable de s'intéresser qu'à Picquart en reléguant un peu Dreyfus au placard. Il a aussi été décidé de couper les deux bouts de l'omelette, ainsi le film ne commence pas au début et ne finit pas à la fin, étrange.
Pas mal du point de vue historique, bien interprété mais bon je me suis un peu ennuyée... c'est un peu mou tout ça. Certains "effets spéciaux" se voient comme le nez au milieu de la figure et c'est tout de même limite pour un film signé par un cinéaste expérimenté m, et qui dispose de moyens techniques considérables (enfin j'imagine), de pouvoir faire mieux. Bref, si vous ne le regarder pas ça ne sera pas grave.
Très beau film, très bien fait, belle reconstruction historique. Un film intéressant et instructif. Mention spéciale pour Dujardin. Pour le reste, la vie privée de son réalisateur ne m'intéresse pas et la présomption d'innocence existe toujours en France. Et n'oublions pas que ce film n'est pas l’œuvre d'un seul homme, mais d'une équipe. Juste une chose, Polanski aurait du éviter de faire jouer sa femme dedans, car en la voyant là on se rappelle forcément qu'il en est le réalisateur.
Une affaire qui a fait coulé beaucoup d'encre...tout comme son réalisateur Roman Polanski, boycotté au derniers césars!!! un chef d'oeuvre tant par la réalisation que par l'interprétation.
Laissons de côté les polémiques sur le passé de Polanski. L'idée de prendre pour héros le colonel Picquart, qu'il faut attribuer à l'écrivain Robert Harris, est habile. Elle permet au film de démarrer comme un véritable thriller. La partie sur le procès est en revanche nettement moins passionnante. Ce choix scénaristique a néanmoins un inconvénient : il occulte les divisions de la société française de cette époque, traite de l'antisémitisme de façon assez superficielle, alors que l'influence de cette idéologie va largement contribuer à expliquer l'adhésion d'une partie importante de la population française et de ses "élites" scientifiques et artistiques au régime de Pétain quelques décennies plus tard. On peut se demander si Polanski n'aurait pas du être plus audacieux et, quitte à tricher avec la réalité historique, aller encore plus loin en faisant de son film un vrai thriller une sorte d'uchronie. Tel quel, le résultat est mitigé. Le colonel Picquart, interprété de façon parfaite par Dujardin, devient un héros redresseur de torts à l'américaine, ce qu'il n'était pas du tout à en croire les historiens. Un personnage plus ambigu aurait été sans doute plus intéressant. Car cette ambiguité aurait été à l'image de toute la société française. Cette réécriture de l'histoire reste donc très politiquement correcte, puisqu'elle réhabilite à la fois Dreyfus et l'armée, au travers de la figure de ce colonel, tout en dénonçant l'antisémitisme.
Ce film est superbe de par la qualité de la reconstitution historique, de l'ambiance... Les acteurs jouent à la perfection très intéressant, à voir ++++++++++
La reconstitution est belle. La réalisation de Pokanski est magistrale, comme toujours. Seuls les procès sonnent un peu faux. Dujardin est grand. Un nouveau classique.
Mise en scène assez classique finalement. Le film est autant un film historique qu' un policier. On suit l'enquête de Picard général assez antipathique pour connaître et dévoiler la vérité sur l'affaire Dreyfuss (jour par un Louis Garrel méconnaissable et épatant). C'est efficace, bien fait, attrayant mais pas un grand film dans la filmo de Polanski qui compte bien des chefs d'œuvres.
Roman POLANSKI est définitivement un grand réalisateur. Ce film se suit comme un thriller, le suspens va crescendo et joue sur les émotions du public avec les séquences théâtrales des scènes de procès. . Jean Dujardin est excellent. Tous les prix récoltés par ce film sont largement mérités : ils récompensent la compétence et le talent comme il se doit
Ce qui pêche à mon avis, c'est l'absence d'équilibre du film entre le fond de l'affaire initiale, la transition entre la condamnation de Dreyfus et la réouverture de l'enquête, la politisation de l'affaire et enfin le dénouement. Avec un film intitulé "J'accuse", il y aurait dû avoir un prisme un peu plus important sur la politisation de l'affaire avec Zola un peu plus présent : or Zola ne se contente que de très brèves apparitions, et on loupe malheureusement la captation de l'atmosphère délétère de cette période (quasi inexistante dans le film) alors qu'elle aurait dû avoir une place assez importante. De même, le dénouement est réduit à la réintégration de Dreyfus très rapide (annoncée dans un dialogue) et à sa visite du nouveau ministre, et on loupe tout le processus entre la "fin de l'affaire" et la réintégration de l'accusé. Bref, la fin du film est globalement assez bâclé, ce qui est dommage pour un film plutôt intéressant.
J’entends dire parfois que "J’accuse" serait un téléfilm français de luxe. L’expression n’est pas du tout appropriée pour ce film. Chaque plan est une image de cinéma soignée dans le plus petit détail jusqu'au moindre accessoire, ce que la télévision n'a ni le temps ni les moyens de faire. Ce film est parfaitement maîtrisé d'un bout à l'autre, de par son scénario, son rythme et la manière dont chaque acteur (petits rôles et figurants inclus) interprète son personnage. On ne voit pas cela dans les téléfilms ou alors il faut remonter à "Blaise Pascal" de Roberto Rossellini. De plus le film se situe dans la droite lignée du cinéma de Andrzej Wajda et de Carol Reed dont il s'inspire, ce qu'il est impossible de reproduire à la télévision. Ce film est d'une précision exemplaire dans son expression cinématographique, son découpage, ses cadrages qui permettent une grande justesse dans le jeu des acteurs. Chacun est absolument impeccable, le jeu sur la lumière et un savant montage permettant de faire circuler les émotions à l'intérieur de l'œuvre. Il n'y a aucune esbroufe à travers l'œil du cinéaste dont on ressent le vécu et dont on voit qu'il a digéré les grands classiques du cinéma. N'oublions pas que Salvador Dali disait que le classicisme était la forme suprême de la modernité. Même dans un téléfilm de luxe (revoyez ceux de Josée Dayan qui est pourtant une excellente réalisatrice) le temps et les moyens à disposition ne permettent pas ce genre d'approche. Vous êtes contraint d'aller à l'efficacité sans vous embarrasser de quoi que ce soit, vous enchaînez et vous ne pouvez pas non plus vous permettre des plans larges dans la durée. Gros plan, plan rapproché, caméra à l'épaule, point barre. "J'accuse" n'a rien à voir avec tout cela. Dans leur maturité les grands cinéastes atteignent une épure qui est la somme de toute leur expérience et de leur réflexion sur le cinéma. Tous les derniers films des grands maîtres possèdent la plupart du temps cette épure. C'est comme si l’on disait que "Le général della Rovere" de Rossellini (Lion d'or à Venise en 1959) était un téléfilm de luxe.