Et si j’allais chercher, que dis-je ? déterrer la petite bête, histoire d’être bête et méchant ; abuser d’un très très mauvais esprit pour y gratter une sorte de morale à dix balles ! Pousser l’extrémisme de la pensée nauséeuse ! Car à bien y scruter de près, voilà un film qui ne fait pas honneur aux dames ! Eh oui, notre Diane serait-elle tombée amoureuse si Alexandre était un simple employé dans un super marché ? un chômeur intermittent ? un ouvrier ? une personne comme il y en a des millions qui galère, qui va au travail en traînant la jambe, qui travaille par nécessité ? Là, Alexandre est un brillant architecte, Diane est avocate. Tous deux sont socialement élevés, et on,t ce qu’on appelle, une belle fonction. On ne parle pas de travail, on parle de carrière. Combien c’est facile de séduire une femme avec de l’argent. A moins que l’argent séduise à lui seul la femme. Inutile de ressasser l’histoire, on sait très bien qu’un vieil homme bourré aux as séduit, genre Eddy Barclay. On sait très bien que des rock star aux gueules cassées tombent les filles. La gloire, la célébrité, le pouvoir et l’argent amènent les femmes sous les draps ! L’argent, le pouvoir, la célébrité et la gloire permettent à une femme de s’attarder, de regarder, de prêter attention. Peu importe si la gloire, la célébrité, le pouvoir, l’argent soit vieux, ait un visage ingrat, soit petit, gros, voire laid… Ici Alexandre, un petit homme de 1m36. Les femmes tombent comme des mouches. Evidemment, il faut ajouter le charme. Pourtant, le charme peut être aussi employé d’un super marché, d’un garage, être un ouvrier agricole, du bâtiment, un exécutant de catégorie C de la fonction territoriale. Il arrive que dans ces professions, il y ait des hommes instruits, qui pratiquent le parachutisme, aient des horizons qui sortent de l’ordinaire. Seulement, si le charme est vieux, laid, petit d’un mètre trente-six, gros, peut-il attirer l’attention d’une avocate blonde et relativement jolie ? Cette femme-là se donnerait-elle la peine de prêter attention ? Pas sûr. Moralité nauséeuse donc : la femme ne craint pas d’aimer le physique ingrat, le handicap, l’âge avancé s’il est fortuné ! Les femmes seraient-elles vénales ? Bien sûr que non ! Pas toutes, allons ! Pourtant, le film semblerait dire ça une nouvelle fois ! Evidemment le film donne une autre approche du fameux et sempiternel droit à la différence : l’obsession du regard des autres. Etre obsédé par ce que pense les autres de vous voir en couple avec un homme de 1m36. C’est peu abordé cet angle-là. Et je dois reconnaître que « Un homme à la hauteur » suscite cet intérêt. On peut légitimer la réaction de Diane, justifier son malaise. Pour elle aussi, ce n’est pas facile. C'est tout de même moins douloureux que le cas d'Alexandre. Pourtant, elle le savait, elle n’était pas obligée de tomber amoureuse. Mais ces choses là ne se commandent pas. Mais pourquoi faut-il nous imposer un milieu social élevé ? Pour le glamour ? Ah oui ! Evidemment, un homme sans importance de catégorie C ne pourrait pas improviser un saut en parachute ? Ca fait tellement rêver ! Ah les femmes ont besoin d’être surprises, d’avoir des sensations qui les sortent de leur ordinaire ! Peu importe le handicap de monsieur, tant que l’ivresse est là. A croire que les scénaristes manqueraient d’imagination si l’avocate avait rencontré un type ordinaire non dénué de charme. Justement, un type ordinaire non dénué de charme a plus de chance de séduire une femme socialement élevée et jolie. Ce petit plus qu’est le charme peut palier le côté aisé. Mais ce serait moins glamour. Jean Dujardin et Virginie Efira fonctionnent bien. Mais ce qui fonctionne pas toujours bien, ce sont les effets spéciaux que je n’ai pas toujours trouvés judicieux et réussis. Pour conclure, et me dépouiller de mon très mauvais esprit, je dois me contenter de penser que ce film est à prendre comme une fable gentillette qui n’a pas autre ambition que de divertir. Et ceux qui ont mauvais esprit passent leur chemin comme une partie de moi. Ce sont des aigris, des féministes enragées, des esprits petits… Pourtant… les contes de notre enfance recèlent en y grattant bien des choses pas jolies-jolies. Et « Charlie La Chocolaterie » par exemple, en y grattant bien, est une fable qui sous-cache une histoire de pédophilie ! Alors, les fables gentillettes, à d’autre mon bon monsieur de 1m36 ! Je m’en vais enterrer la petite bête. Et comme j'aime bien Laurent Tirard, Jean Dujardin et Virginie Efira, je ne mettrai pas une si mauvaise note...