Un éleveur bovin dépressif et alcoolique, surjoué par Benoît Poelvoorde, la mèche collée au front par la sueur, et son père agriculteur, sous-joué par un Depardieu énorme et paresseux, entament un tour de France et une route des vins pour ressouder leurs liens. Un chauffeur de taxi[spoiler] mythomane les conduit.
Chacun est en quête d'amour sans trop le savoir et qui sait si, de rencontres en rencontres, leur virée ne comblera pas leur vide affectif. A vrai dire, on s'en fiche. Déjà la relation filiale entre Depardieu et Poelvoorde ne fonctionne pas, trop artificielle, trop convenue. Et à eux trois, avec le chauffeur joué par Vincent Lacoste, c'est un peu alternativement affreux, sales et méchants, dans un esprit de beauferie qui engendre souvent le malaise.
L'humour incongru des auteurs Délepine et Kervern n'est guère, dans ce film, que vulgaire, et leurs personnages, premiers comme seconds rôles, sont grossièrement caractérisés, communs dans l'humanité comme dans l'exubérance. Rien n'est drôle parce que c'est mal écrit, provocateur ou grinçant avec complaisance. Quant à éprouver de la compassion pour ce trio mal dans sa peau, il ne faut pas y compter parce que le film est dépourvu de sincérité.
La dernière partie de la comédie est la plus médiocre et s'apparente à l'idée finale de "Préparez vos mouchoirs" de Bertrand Blier, sans se fouler.