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Shaigan
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5,0
Publiée le 21 avril 2007
Le plus grand chef-d'oeuvre de Scorsese. A Tombeau Ouvert relate la plongée du Christ en Enfer. Un Enfer scorsesien bien sûr, et donc New-yorkais. Et un Christ plus Homme que Dieu qui, comme dans "la dernière tentation..." du même réalisateur, ne se sait pas Christ. Mais, contrairement à ce dernier film, ici le Christ, même s'Il ramène les morts à la vie (comme le père de Patricia Arquette ou encore "J'M la baise"), semble au bout du rouleau, simple spectateur incapable de s'opposer à la corruption du Monde, et surtout ressent la culpabilité de ne pouvoir sauver tous les hommes. Il recherchera le pardon de cette "faute" durant tout le film et finira par le trouver à la fin dans les bras de Marie. Au niveau de la forme, Scorsese livre là aussi sa plus belle réussite. La réalisation déjantée ne s'essoufle jamais malgré un rythme hallucinant, la photo est d'une beauté exceptionnelle, l'utilisation de la musique et des chansons parfaite, la créativité du réalisateur explose à chaque plan, et les acteurs ne sont pas en reste (Nicolas Cage trouve là le plus beau rôle de sa carrière). A Tombeau Ouvert est un chef-d'oeuvre comme il n'y en a peu eu dans l'histoire du cinéma. L'un de mes trois films préférés.
Film de Martin Scorsese très souvent oublié et sous estimé mais qui est pourtant excellent . On y suit la descente au enfer d'un ambulancier de nuit , ambiance spécial et soignée , hôpitaux débordés et un Nicolas Cage au top de sa forme qui sombre peu a peu dans la folie , c'est tout simplement l'un de ses plus grand rôle . La bande son est juste excellente et la photographie qui joue beaucoup sur les éclairage des sirène ou des panneaux ( film qui se déroule de nuit principalement ) est maitrisée et sublime . Bref un film qui mérite d'etre vu aussi bien pour la descente au enfer que pour la performance de Cage .
Que Martin Scorsese s'attarde une fois de plus sur le thème de la rédemption n'a rien de surprenant, qu'il le mette en scène de façon aussi outrancière est en revanche très gênant. Hormis quelques gags qui fonctionnent plutôt bien dans la première heure, il faut admettre que le film est un authentique naufrage artistique. Le pire réside peut-être dans ce mauvais goût d'un comique qui ne s'adapte absolument pas à la gravité du sujet, Scorsese préférant l'euphorie et la vitesse d'un montage catastrophique à une sobriété que l'on regrette au fur et à mesure que les minutes passent. Et quand le film délaisse justement son hystérie et qu'il ralentit son rythme, il tombe dans une fadeur déprimante, laissant place à la voix-off la plus atroce de la filmographie du cinéaste et à une explicitation de la folie du protagoniste, avec ces images du fantôme usées jusqu'à la corde et d'une laideur abominable. Par ailleurs, le film n'est en rien sauvé par son interprétation, assez mauvaise dans l'ensemble. Il faut dire que les acteurs ont une excuse, on avait oublié d'écrire leurs personnages. "Burning out the dead" est le symbole parfait des limites du style scorsesien, une sorte d'attraction de fête foraine qui prend ses effets grands-guignolesques pour de la virtuosité.
et encore une critique disparue. Bon de ce que je me souviens de ce film Cage jouait bien pour une fois, pas trop cabotin, l'histoire était sympa en cela qu'elle changeait des films américains habituels, tant dans le thème que dans la façon de le traiter, même si ça avait tendance à se perdre en considérations morales et psychologiques. La musique collait bien, la trame était assez inhabituelle, scénario et mise en scène sympas, dialogues de qualité fluctuantes, allant de bons et intellectuels à médiocres. J'ai par contre bien en tête les décors, très sombres, mais qui convenait toujours aux turpitudes du héros, un bon jeu d'ombre et de lumière. Le rythme est lent, ça traine, mais ça colle au thème de fort belle façon, le reste est affaire d'appréciation. Au final ça passe bien car le métier d'infirmier montré ainsi c'est fort, rare et touchant ; quand à la critique de la vie en attendant la morte elle reste sous-jacente mais amène bien à la réflexion.
J'ai été fasciné par ce film, il est à mon sens largement sous-estimé dans la filmographie de Scorsese. Nicolas Cage interprète remarquablement un ambulancier drogué malgré lui par son travail et hanté par ses fantômes. Le film recèle de seconds rôles en or avec John Goodman, Tom Sizemore et Patricia Arquette notamment. La mise en scène est survitaminée, ce qui donne un effet assez fou au film et nous permet de rentrer totalement dedans. Définitivement un très bon film !
Vingt cinq ans après "Taxi driver", Scorsese retourne nous faire sillonner les rues de New York, en ambulance cette fois ci, pour juste nous exposer le chaos et l'absurde qui règne dans ces rues, mais sans jamais pousser très loin la réflexion. Le réalisateur ne fait plus appel au politique, mais il semble résigné et se contente de filmer, à notre plus grand ennui.
Baignée d'un réjouissant humour noir cette plongée en trois actes dans le quotidien ingrat d'un ambulancier (excellent Nicolas Cage) oscille entre réalisme cru (jamais complaisant), hallucinations subconscientes (renforcées par une saturation lumineuse et une réalisation virevoltante) et romances improbables mais émotionnellement indispensables. Or cette ambiguïté s'incarne pleinement dans les multiples références chrétiennes semblant signer l'échec d'une échappatoire religieuse, dévoyée, reniée ou annihilée par la vérité des douleurs, de la culpabilité, du dépit funèbre; ce n'est que par un amour terrestre sincère que l'absolution semble permise - et encore, pour combien de temps?... Une fable doucement sombre.
Suite à son aparté tibétain de Kundun, Martin Scorsese revient à sa ville favorite : New York ! À tombeau ouvert narre cette fois trois nuits d’un ambulancier dans la Grande Pomme au début des années 90 (avant le mandat de Rudolph Giuliani qui a transformé le coupe-gorge qu’elle était en ville sure). S’il a toujours eu un penchant pour les audaces visuelles, le cinéaste et sa monteuse, Thelma Schoonmaker, se lâchent totalement ici : images surexposées, plans accélérés, plans se déroulant à l’envers, démultiplication du personnage de Rose, morts ressuscités par des surimpressions… Scorsese choisit de laisser libre court à ses expérimentations pour nous faire partager les diverses hallucinations de son personnage principalspoiler: (qui atteignent leur paroxysme lors de la séquence chez le dealer) . En effet, Scorsese retranscrit la folie du New York de cette époque (qui avait déjà totalement changé lors de son tournage en 1999) uniquement par le prisme de son principal protagoniste (l’utilisation de la voix-off permet entre autres l’immersion dans les pensées de celui-ci) qui est visiblement au bord de la crise de nerfs. Le choix de le faire interpréter par un Nicolas Cage alors au sommet de sa carrière est d’ailleurs un excellent choix, celui-ci étant connu pour sa capacité à interpréter des personnages hallucinés tout en étant capable (du moins à cette époque) d’offrir des prestations plus subtiles. En effet, le personnage peut être vu comme un double inversé du Travis Bickle de Taxi driver : là où se dernier était un être renfermé qui pensait accomplir le bien en ôtant des vies, Franck Pierce est un personnage tout aussi torturéspoiler: (il n’arrive pas à se remettre de ne pas avoir réussi à sauver une adolescente) mais beaucoup plus exubérant et qui cherche à fuir son métier tout en voulant sauver son prochain tant qu’il l’exerce. Présentant ce dernier aspect comme une sorte de fardeau, on peut noter que l’influence christique présente tout au long de la filmographie du cinéaste se retrouve une fois de plus icispoiler: (il suffit de voir le plan final rappelant une Pieta, alors que la fin n’est pas du tout morale, pour s’en convaincre) . Même s’il n’atteint peut-être pas le niveau d’œuvres comme Taxi driver ou Raging Bull, À tombeau ouvert est donc une vraie plongée dans la folie vue par le cinéaste (qui se sert aussi peut-être de son passé de toxicomane pour la retranscrire) et un film très excitant pour les sens. Un film injustement oublié qu’il est toujours bon de redécouvrir.
New York, la nuit… la ville qui ne dort jamais vue sous son angle le plus cru et le plus sinistre, celui de la réalité quotidienne des paumés, des drogués, des suicidaires, celui des rixes, des meurtres, celui de la maladie et de la mort, celui en un mot de la souffrance. C’est le parcours en quête de rédemption d’un ambulancier de nuit, joué de manière hallucinée par un Nicolas Cage particulièrement inspiré par ce rôle dans lequel il a manifestement mis beaucoup de lui-même. C’est une description sans concession, ni à l’optimisme ni à l’esthétique : les destinées sont impitoyables, les images sont découpées à la hache. Dans cet univers décalé ne se trouvent aux coins des rues que des zombies égarés, des morts-vivants en sursis… « On va tous mourir », comme le dit Nicolas Cage à Patricia Arquette dans la peau d’une ex-paumée qui ne demande qu’à le redevenir sous le coup de la souffrance… Car c’est bien là le thème central de ce film aride et flamboyant à la fois : comment supporter la douleur de vivre en sachant qu’on va mourir ? Chacun sa réponse : la drogue, la violence, le sexe… pour y trouver un peu d’oubli, un peu de paix, un peu de répit… La caméra de Scorsese se balade avec sa liberté et sa virtuosité habituelles dans ce monde noir où tranchent les lumières vives et les hurlements aigus. Les acteurs sont à l’unisson et semblent immergés depuis toujours dans ce bain poisseux de nuit et de douleur : Nicolas Cage et Patricia Arquette déjà cités mais aussi John Goodman et sa bonhomie habituelle ici transcendée par les ravages de la veille et de l’épuisement. Finalement, au bout de l'aube, va apparaître une forme de repos, un sommeil venu comme par surprise, préfigurant la mort. C'est un film dur et crépusculaire dont on ne sort pas indemne.
Malgré les critiques, j'ai beaucoup apprécié ce Scorsese, qui m'a bien fait penser a un Taxi Driver en ambulance. Nicolas Cage est excellent, il se surpasse énormément. La photographie est également puissante. Pas le meilleur Scorsese mais un très bon film quand même.
Voilà un film où Nicolas Cage a su beaucoup me plaire.Il est vraiment très bien rentré dans son rôle.Le grand Scorsese nous invite à un scénario de très bon goût et à une bonne mise en scène.Tout les personnages du film sont intéressant(surtout le flic qui menace d'enlever ses lunettes et noël qui réclame sans arrêt de l'eau souffrant d'une maladie rare).
Un tombeau béant de vacuité et d'inutilité, mal réalisé, mal monté et mal écrit. Où est passé la richesse psychologique de Taxi Driver ? Où donc est passé l'esthétique rutilante de Casino et celle de Raging Bull ? Où diable est passé l'humour et l'efficacité des Affranchis et des Nerfs à Vif ? Ici, les situations sont creuses : Paul Schrader tente vainement d'alimenter son scénario, mais il s'égare en chemin ( la source du scénariste de Taxi Driver et d'Obsession semble tarie ). Le personnage incarné par Nicolas Cage est insupportable, proprement fade ( on dirait une caricature de Travis Bickle, l'épaisseur en moins, le ridicule en plus )...L'histoire ? Selon les critiques élogieuses, il s'agirait de la descente aux enfers d'un ambulancier qui intervient pour de multiples arrêts cardiaques dans l'un des quartiers les plus sordides de New York. A la bonne heure ! Martin Scorsese signe l'un de ses plus mauvais films avec Le Temps de l'Innocence. On ne peut pas gagner à tous les coups ( encore que ! ). Oublions vite ce navet poussif pour nous replonger dans l'âge d'or du cinéaste : Raging Bull, Casino, After Hours...
Le côté un peu "barré" séduit par moment mais c'est à peu près tout ce que je trouve. Je me demande s'il y aurait eu le même enthousiasme de la presse si le film n'avait pas été signé Scorcese.