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Que Dios nos perdone est un bon polar, sombre, mature et suffisamment prenant pour maintenir l'intérêt jusqu'au bout, sans pour autant parvenir à jouer dans la cour des grands.
Sa principale réussite tient à son atmosphère. Le Madrid étouffant dans lequel évoluent les personnages constitue un cadre particulièrement efficace pour cette enquête sordide, que le film choisit de montrer sans trop détourner le regard. La violence des crimes n'est pas édulcorée et certaines images sont difficiles, mais elles participent ici à l'ancrage du récit dans une réalité brutale plutôt qu'à une recherche gratuite du spectaculaire.
Le duo de policiers fonctionne également très bien dans son principe. D'un côté, un enquêteur bègue, introverti et particulièrement mal à l'aise dans ses rapports humains ; de l'autre, un policier bourru, impulsif et colérique. Deux personnalités très différentes dont les failles occupent presque autant de place que l'enquête elle-même. Roberto Álamo se distingue particulièrement dans ce registre et livre probablement l'interprétation la plus convaincante du film.
C'est malheureusement du côté de l'écriture que Que Dios nos perdone montre ses principales limites. Les malheurs s'accumulent parfois autour de certains personnages avec une telle rapidité que leur descente aux enfers paraît davantage orchestrée par le scénario que véritablement organique. Même constat concernant l'enquête : plusieurs avancées reposent sur des intuitions particulièrement heureuses, des indices providentiels ou des personnages qui se trouvent exactement au bon endroit au bon moment.
Pris individuellement, ces événements restent parfaitement envisageables. Leur accumulation finit cependant par rendre visibles les ficelles du scénario, particulièrement dans la dernière partie.
Certaines scènes souffrent également d'une mise en scène un peu trop insistante. Lorsqu'un éclairage, un comportement ou un concours de circonstances semble conçu uniquement pour fabriquer artificiellement de la tension, l'effet peut parfois s'inverser et devenir presque maladroit. Quelques décisions prises par les enquêteurs demandent également une bonne dose d'indulgence pour rester crédibles.
Le film réserve enfin une place importante aux failles intimes de ses personnages, avec des résultats plus contrastés. Certaines permettent d'épaissir efficacement ce duo de policiers loin des figures héroïques traditionnelles ; d'autres paraissent beaucoup plus difficiles à comprendre et peuvent même sérieusement remettre en question l'empathie construite jusque-là.
Que Dios nos perdone reste malgré tout un polar efficace, adulte et agréablement sombre. Son atmosphère, son duo central et son refus d'aseptiser la violence lui donnent une véritable personnalité. Il lui manque simplement une écriture plus rigoureuse et quelques performances plus marquantes pour transformer ce bon film en grand polar.
Prenant et suffisamment solide pour passer un très bon moment, mais trop souvent rattrapé par les facilités de son scénario pour laisser une empreinte durable.
Sa principale réussite tient à son atmosphère. Le Madrid étouffant dans lequel évoluent les personnages constitue un cadre particulièrement efficace pour cette enquête sordide, que le film choisit de montrer sans trop détourner le regard. La violence des crimes n'est pas édulcorée et certaines images sont difficiles, mais elles participent ici à l'ancrage du récit dans une réalité brutale plutôt qu'à une recherche gratuite du spectaculaire.
Le duo de policiers fonctionne également très bien dans son principe. D'un côté, un enquêteur bègue, introverti et particulièrement mal à l'aise dans ses rapports humains ; de l'autre, un policier bourru, impulsif et colérique. Deux personnalités très différentes dont les failles occupent presque autant de place que l'enquête elle-même. Roberto Álamo se distingue particulièrement dans ce registre et livre probablement l'interprétation la plus convaincante du film.
C'est malheureusement du côté de l'écriture que Que Dios nos perdone montre ses principales limites. Les malheurs s'accumulent parfois autour de certains personnages avec une telle rapidité que leur descente aux enfers paraît davantage orchestrée par le scénario que véritablement organique. Même constat concernant l'enquête : plusieurs avancées reposent sur des intuitions particulièrement heureuses, des indices providentiels ou des personnages qui se trouvent exactement au bon endroit au bon moment.
Pris individuellement, ces événements restent parfaitement envisageables. Leur accumulation finit cependant par rendre visibles les ficelles du scénario, particulièrement dans la dernière partie.
Certaines scènes souffrent également d'une mise en scène un peu trop insistante. Lorsqu'un éclairage, un comportement ou un concours de circonstances semble conçu uniquement pour fabriquer artificiellement de la tension, l'effet peut parfois s'inverser et devenir presque maladroit. Quelques décisions prises par les enquêteurs demandent également une bonne dose d'indulgence pour rester crédibles.
Le film réserve enfin une place importante aux failles intimes de ses personnages, avec des résultats plus contrastés. Certaines permettent d'épaissir efficacement ce duo de policiers loin des figures héroïques traditionnelles ; d'autres paraissent beaucoup plus difficiles à comprendre et peuvent même sérieusement remettre en question l'empathie construite jusque-là.
Que Dios nos perdone reste malgré tout un polar efficace, adulte et agréablement sombre. Son atmosphère, son duo central et son refus d'aseptiser la violence lui donnent une véritable personnalité. Il lui manque simplement une écriture plus rigoureuse et quelques performances plus marquantes pour transformer ce bon film en grand polar.
Prenant et suffisamment solide pour passer un très bon moment, mais trop souvent rattrapé par les facilités de son scénario pour laisser une empreinte durable.
Avant "El Reino" ou "As Bestas", le Rodrigo Sorogoyen signait déjà une œuvre d'une tension remarquable, mêlant enquête policière, étude de personnages et portrait social d'une Espagne en pleine crise. "Que Dios Nos Perdone" se déroule à Madrid où deux inspecteurs sont chargés de retrouver un tueur en série qui s'en prend à des femmes âgées. Une enquête qui les conduira dans les recoins les plus sombres de la capitale, tout en faisant émerger leurs propres failles. Le cinéaste espagnol impressionne par sa mise en scène nerveuse mais jamais démonstrative. La tension ne repose pas uniquement sur l'identité du meurtrier, mais aussi sur les relations complexes entre les deux enquêteurs et sur cette sensation permanente que la ville entière est au bord de l'explosion. Antonio de la Torre livre une prestation exceptionnelle. Il compose un policier aussi brillant qu'instable, dont les accès de colère et les failles psychologiques enrichissent constamment le récit. À ses côtés, Roberto Álamo forme un duo parfaitement complémentaire, plus brut, plus instinctif, mais tout aussi captivant. L'une des grandes qualités du film réside dans son réalisme. Les investigations avancent lentement, parfois laborieusement, loin des facilités habituelles du genre. Les policiers commettent des erreurs, doutent, s'épuisent, ce qui renforce considérablement la crédibilité de l'ensemble. Un thriller d'une efficacité redoutable et une mise en scène qui ne relâche jamais la pression.
Madrid, été 2011. Entre le Movimiento 15-M qui occupe les places et la visite de Benoît XVI pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, la ville suffoque. Deux millions de pèlerins annoncés, une police sous pression et pour couronner le tout une chaleur qui écrase tout. Dans cet air saturé de foi et de colère, un tueur vise des femmes âgées. L'enquête est le prétexte. Ce qui intéresse Que Dios nos perdone réside dans le climat.
Rodrigo Sorogoyen inscrit la politique dans la texture sonore et visuelle de chaque plans. La caméra traverse les foules, capte les slogans, enregistre les tensions. La police, quant à elle, protège l’image internationale du pays tout en tentant d’étouffer l’affaire pour éviter le scandale. Trois régimes d’autorité se superposent et le polar devient leur zone de friction. La chaleur, filmée comme une matière collante, fait macérer la violence. Visages moites, cadres serrés, appartements étouffants : la ville ne respire pas, le spectateur non plus.
Le duo policier échappe aux archétypes figés. Le bégaiement de Velarde, filmé constamment dans la durée inconfortable du plan rapproché, inscrit l’humiliation dans la chair. Alfaro, derrière sa posture massif et impulsif, laisse affleurer une fragilité. Qui plus est, peu à peu, le film suggère une proximité troublante entre enquêteurs et criminel. Non pas une équivalence morale mais une matrice commune de frustration.
Un autre choix frappant réside dans le refus de la psychologisation compassionnelle. Le film fournit des éléments de compréhension du tueur mais ne construit jamais une excuse. Il ne transforme pas le criminel en victime absolue d’un système injuste. Il montre comment une frustration peut se coaguler en haine. Les interrogatoires, dépouillés de tout héroïsme policier, soulignent que la légitimité institutionnelle n’efface pas la brutalité du geste. Ainsi ironiquement, tandis que la ville célèbre le pardon, elle diffère l’examen de ses propres fissures.
La résolution n’offre aucune catharsis. L’ordre n’est pas restauré, seulement maintenu. Ce que laisse le film, c’est la sensation d'une démocratie fatiguée, où la contestation, la foi et la police se côtoient sans produire de sens commun.
Rodrigo Sorogoyen inscrit la politique dans la texture sonore et visuelle de chaque plans. La caméra traverse les foules, capte les slogans, enregistre les tensions. La police, quant à elle, protège l’image internationale du pays tout en tentant d’étouffer l’affaire pour éviter le scandale. Trois régimes d’autorité se superposent et le polar devient leur zone de friction. La chaleur, filmée comme une matière collante, fait macérer la violence. Visages moites, cadres serrés, appartements étouffants : la ville ne respire pas, le spectateur non plus.
Le duo policier échappe aux archétypes figés. Le bégaiement de Velarde, filmé constamment dans la durée inconfortable du plan rapproché, inscrit l’humiliation dans la chair. Alfaro, derrière sa posture massif et impulsif, laisse affleurer une fragilité. Qui plus est, peu à peu, le film suggère une proximité troublante entre enquêteurs et criminel. Non pas une équivalence morale mais une matrice commune de frustration.
Un autre choix frappant réside dans le refus de la psychologisation compassionnelle. Le film fournit des éléments de compréhension du tueur mais ne construit jamais une excuse. Il ne transforme pas le criminel en victime absolue d’un système injuste. Il montre comment une frustration peut se coaguler en haine. Les interrogatoires, dépouillés de tout héroïsme policier, soulignent que la légitimité institutionnelle n’efface pas la brutalité du geste. Ainsi ironiquement, tandis que la ville célèbre le pardon, elle diffère l’examen de ses propres fissures.
La résolution n’offre aucune catharsis. L’ordre n’est pas restauré, seulement maintenu. Ce que laisse le film, c’est la sensation d'une démocratie fatiguée, où la contestation, la foi et la police se côtoient sans produire de sens commun.
Un polar espagnol qui instaure un climat glauque et tendu à une intrigue sordide mais qui pêche par un récit parfois mal tenu. Mais la réalisation est très soignée et les personnages bien écrits.
Il y a des films qui élèvent l’âme, celui-ci c'est tout l'inverse. Film malsain. Quelle laideur, et pas que chez le personnage de l'assassin... Même la ville de Madrid est laide... Des thrillers il y en a des bons. Certainement pas celui-ci. Une perte de temps.
Un autre polar brillant signé Rodrigo Sorogoyen. Cette enquête sur un tueur et violeur de vieille dame dans un Madrid brûlant montré comme une cocotte minute; fait preuve d originalité et d un savoir faire hors pair.L auteur dépeint le portrait de flics sans peur mais loin d être sans reproche voulant sûrement racheter leurs péchés en mettant la main sur un criminel qui leur fait mettre le voile sur leurs propres démons. Il en résulte un polar désespéré et sous tension permanente ainsi qu un portrait peu flatteur de l âme masculine.
Remarquable polar ibérique, violent et désenchanté, Rodrigo Sorogoyen dresse le portrait d'une société en crise avec ses émeutes, ses paumés, ses flics et ses enquêteurs aux méthodes contestables. A la canicule madrilène qui amplifie le côté sordide de cette affaire de violeur et tueur en série de vieilles femmes, s'ajoute un climat anti-police qui se nourrit du portrait ambigu des deux personnages principaux. La caméra à l'épaule traduit étonnamment cette atmosphère glauque et suffocante. Les acteurs sont impressionnants de réalisme, les lieux filmés sont criants de vérité, s’opposant à ceux de l’Espagne touristique, la société y est dépeinte avec la turpitude sociale des temps présents, en lien ou en réaction avec l'effervescence de la venue du Pape. Un film noir, magnifiquement interprété par le formidable Antonio de la Torre, à ne pas rater !
Prenez une ambiance poisseuse et deux flics très différents mais ayant chacun du corps, comme dans l'excellent la Isla minima, ajoutez y une enquête qui tient en haleine et en toile de fond un Madrid en proie à la crise sociale, et vous obtiendrez un polar dense et tendu, filmé caméra à l'épaule et largement convaincant. Une franche réussite.
Voilà un film policier qui ne fait pas dans la dentelle : les scènes les plus glauques sont filmées, crument, sans masquer la réalité. On plonge que dis-je on s'immerge très rapidement dans l'enquête mais aussi dans la vie tumultueuse de ces deux policiers, pas toujours très blancs. Car ici, pas de manichéisme! Les policiers restent des hommes avec leur faiblesse, bien filmé ici. Par contre, pas de réelle course poursuite, tout juste quelques scènes un peu musclées.
On regrettera juste cette fin un peu expéditive mais qui a le grand mérite de sortir complètement des standards du film policier et politiquement incorrect.
A voir par tous les amateurs de film policier même si ce film est espagnol, tous les standards du film policier sont bien présents.
On regrettera juste cette fin un peu expéditive mais qui a le grand mérite de sortir complètement des standards du film policier et politiquement incorrect.
A voir par tous les amateurs de film policier même si ce film est espagnol, tous les standards du film policier sont bien présents.
Pas mal mais trop d'interrogations qui restent en suspens... On ne sait toujours pas ce que lui a fait la mère au tueur par exemple...
Rodrigo Sorogoyen est devenu un de mes réalisateurs espagnols préférés. Ces 4 derniers films sont vraiment majestueux. "Que Dios Nos Perdone" nous tient en haleine du début à la fin, et la performance des deux acteurs principaux est vraiment impressionnante, mention spéciale à de La Torre (que Sorogoyen fera tourner dans son film suivant "El Reino", tout aussi remarquable d'ailleurs!) L'histoire est vraiment sombre, sans aucun échappatoire, et malgré que ces deux flics soient totalement différents, on les sent unis dans leur tentative de démasquer ce sérial killer.
La fin, abrupte et vraiment étonnante, ne fait que renforcer le sentiment que ce flic bègue est au fond du trou et sa délivrance semble être finalement dans le meurtre du sérial killer... IMMENSE !
La fin, abrupte et vraiment étonnante, ne fait que renforcer le sentiment que ce flic bègue est au fond du trou et sa délivrance semble être finalement dans le meurtre du sérial killer... IMMENSE !
Presque voir une anti-thèse à "Seven" (1996), sous la pluie en proie à un serial killer singulier deux flics aux antipodes presque trop parfaits, alors qu'à Madrid c'est canicule, le tueur est dans une mouvance plus psychiatriquement "commun", et surtout, surtout on a deux flics en proie à leur propre vice : la violence. Cette exploration de la violence est le plus intéressant, avec le flic borderline habituel, mais aussi le patron qui à l'apanage de l'agression verbale inappropriée, ou encore la violence sous-jacente d'une pulsion frustrante du second policier. Précisons que plusieurs passages ne sont pas à mettre devant les yeux des plus jeunes, le film a logiquement une interdiction pour les moins de 12 ans. Rodrigo Sorogoyen signe un thriller "sale", montrant une facette d'un certain machisme ( qui a la plus grosse ?!) mais aussi une société qui ne fait rien pour changer les choses où les flics sont presque obligés de flirter avec la ligne jaune pour choper les cinglés en circulation...
Site : Selenie
Site : Selenie
une super enquête policière sur les traces d'un tueur en série, le film tient par ses deux policiers très opposés l'un bègue et limite autiste très travailleur et pointilleux et l'autre plutôt grande gueule et rentre dedans ... l'alchimie entre les 2 acteurs + un scénario rondement mené cela donne un excellent film.
Le jeu entre le chat et la souris peut commencer ..
Le jeu entre le chat et la souris peut commencer ..
Très bon film de genre Espagnol. Après l'avoir visionné de nouveau il y a quelques jours, mon avis n'a pas changé comparé à la première fois lors du festival du film policier de Beaune en 2017. Les amoureux du polar à ambiance seront conquis car c'est le point fort du long-métrage : en effet, cette enquête sur un tueur de vieilles dames se déroule dans le vieux Madrid et ses beaux immeubles bourgeois (l'équivalent sûrement de nos bâtiments Haussmanniens) tandis qu'une canicule sévit et que des troubles à l'ordre public accompagnent la visite du pape. Cette atmosphère glauque et poisseuse vous colle à la peau et vous prend aux tripes ! Le réalisateur réussit l'alliance entre un polar classique (problème Freudien, institution policière dure) tout en ancrant l'histoire dans la réalité (été 2011 lors de la visite du pape dans le cadre de la "jmj") et un polar contemporain en incluant des débats modernes (ultra violence de la société, patriarcat en perte d'hégémonie, débat sur la laïcité ou encore haine envers la police ?).
De mon côté, j'ai particulièrement apprécié la manière de tourner (au début en caméra au point, façon "scope" puis par la suite de façon classique) et le jeu des acteurs très spontané et très réaliste. La conclusion du film laisse cependant un peu pantois de part sa longueur, elle a été un peu trop vite expédiée à mon goût. J'ai enfin noté de jolis passages de Fado Portugais (pour un film Espagnol) sur la bande originale.
A regarde en version originale évidemment, pour un peu plus d'immersion dans l'atmosphère.
De mon côté, j'ai particulièrement apprécié la manière de tourner (au début en caméra au point, façon "scope" puis par la suite de façon classique) et le jeu des acteurs très spontané et très réaliste. La conclusion du film laisse cependant un peu pantois de part sa longueur, elle a été un peu trop vite expédiée à mon goût. J'ai enfin noté de jolis passages de Fado Portugais (pour un film Espagnol) sur la bande originale.
A regarde en version originale évidemment, pour un peu plus d'immersion dans l'atmosphère.
Un film policier espagnol, assez lent dans sa trame, mais parfaitement interprété, la fin est un peu épistolaire, dommage.
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