Retour chez ma mère
Note moyenne
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Theo
Theo

39 abonnés 1 084 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 août 2026
Il y a, au cœur de *Retour chez ma mère*, une angoisse très contemporaine : celle de l’adulte que la précarité ramène, malgré lui, dans le regard infantilisant de ses proches. Éric Lavaine part d’une situation immédiatement lisible — une quadragénaire contrainte de réintégrer le foyer maternel — et en tire une comédie d’observation souvent juste, attentive aux rites minuscules par lesquels une famille impose sa loi : la température de l’appartement, les chansons ressassées, les habitudes de table, les conseils qu’on n’a pas demandés. Sous le confort du gag, le film saisit bien ce sentiment particulier d’être chez soi sans plus vraiment être à sa place.

Alexandra Lamy est la première force du film. Elle donne à son personnage une énergie nerveuse, une fierté malmenée et une vraie capacité à encaisser sans se réduire à la grimace. À ses côtés, Josiane Balasko déploie une présence chaleureuse et autoritaire, suffisamment concrète pour que la mère échappe à la caricature de la figure envahissante. Leur duo possède une évidence : chacune sait faire entendre, dans une même réplique, l’affection, l’agacement et ce vieux réflexe de domination que les liens familiaux rendent presque indissociables. Mathilde Seigner apporte, elle, une franchise plus abrasive ; Jérôme Commandeur et Philippe Lefebvre complètent l’ensemble avec un sens sûr du contretemps comique.

Lavaine filme cet univers clos avec une fluidité appréciable. Les teintes chaudes, les décors très composés et le soin accordé aux déplacements empêchent l’appartement de devenir un simple décor de théâtre. La mise en scène reste discrète, volontairement au service des acteurs et des situations. C’est à la fois sa qualité et sa limite : le film se regarde sans effort, avance avec une belle régularité, mais rarement avec l’invention ou l’acuité qui feraient basculer une comédie bien tenue vers quelque chose de plus singulier.

Car la promesse sociale du départ s’émousse trop vite. Le déclassement, la recherche d’emploi et la dépendance économique constituent une matière forte, mais le scénario les traite surtout comme des tremplins à scènes. Dès qu’il pourrait prendre le risque du malaise, il privilégie la réplique efficace ; dès qu’il pourrait creuser une blessure, il choisit la simplification rassurante. Les personnages sont attachants, mais souvent dessinés à gros traits, et l’écriture confond parfois le rythme avec l’accumulation.

*Retour chez ma mère* trouve ainsi sa meilleure version dans les moments où il laisse les acteurs habiter les silences, les regards et les vexations ordinaires. Il y a là une vérité domestique que l’on reconnaît sans peine. Mais le film ne pousse pas assez loin cette vérité pour qu’elle devienne vraiment mordante. Reste une comédie sympathique, portée par un casting solide et quelques observations bien vues, dont la douceur finit pourtant par neutraliser une bonne part du potentiel.

Spoilers:

spoiler: Le plus douloureux, dans *Retour chez ma mère*, n’est pas de réintégrer une chambre d’enfance : c’est de retrouver, à quarante ans, la place que les siens vous avaient assignée à huit. Éric Lavaine tient là une idée juste. Revenir chez Jacqueline après avoir perdu son autonomie ne ramène pas seulement Stéphanie à une dépendance matérielle ; cela la prive brutalement du statut d’adulte qu’elle croyait acquis. L’appartement surchauffé, Francis Cabrel en boucle, les parties de Scrabble et les remarques sur la façon de se tenir à table ne sont pas de simples accessoires comiques : ils composent un régime domestique où chaque attention devient, à force, une petite humiliation. Alexandra Lamy donne à Stéphanie la nervosité et la dignité froissée nécessaires pour que cette régression ne soit jamais tout à fait confortable. Face à elle, Josiane Balasko évite avec bonheur le numéro de la mère castratrice. Jacqueline est maniaque, envahissante, parfois épuisante, mais aussi plus vivante que ses enfants ne veulent l’admettre. Le secret de sa longue liaison avec Jean constitue d’ailleurs la meilleure idée du film : il inverse soudain les rôles. Ceux qui prétendent protéger leur mère découvrent qu’ils l’avaient réduite à sa seule fonction maternelle, comme si le veuvage devait la figer dans une existence sans désir. La grande scène du dîner familial concentre ce que le film fait de mieux. À mesure que les rancœurs sortent, la mise en scène resserre l’espace et transforme la table en ring. Mathilde Seigner, d’abord cantonnée à la sœur agressive, fait affleurer sous les vacheries de Carole une jalousie ancienne : Stéphanie a toujours été la préférée, et son retour au bercail réactive une blessure que personne n’avait jamais pris la peine de nommer. Le film devient alors plus acéré, parce qu’il comprend que les conflits familiaux ne naissent pas des événements présents, mais des comptes mal tenus depuis l’enfance. C’est aussi là que *Retour chez ma mère* révèle ses limites. Son point de départ — une femme qualifiée, déclassée, contrainte de revenir chez sa mère — promettait une comédie sociale plus mordante. Or le chômage, le déclassement professionnel et la précarité glissent vite vers le prétexte à sketches. La scène de Pôle emploi est symptomatique : plutôt que de regarder l’humiliation en face, elle la convertit presque immédiatement en gag. Le film préfère l’efficacité du trait à la persistance du malaise, et ses personnages secondaires restent souvent définis par leur fonction dans le prochain rebondissement. Lavaine sait rythmer, distribuer les répliques et conduire son casting vers une énergie collective très lisible. Mais il désamorce trop vite ce qu’il a patiemment mis sous pression. L’explosion familiale conduit à une réconciliation plus réparatrice que réellement bouleversante ; les blessures sont expliquées, puis rangées. Reste une comédie agréable, portée par un duo central solide et par une scène de repas remarquablement tenue, mais qui effleure souvent la vérité qu’elle avait les moyens de creuser.
Redzing

1 455 abonnés 4 946 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 avril 2026
Après la faillite de son cabinet d'architecture, Stéphanie, 40 ans, est ruinée et doit habiter chez sa maman. Evidemment la cohabitation ne sera pas de tout repos.
Le sujet n'est pas mauvais, posant de vraies questions sur la cohabitation inter-générationnelle et la cellule familiale (car les frère & soeur interviendront également). Mais le traitement reste fade et superficiel, à l'image de la mise en scène sans grand intérêt, si ce n'est le cadre du Sud-Est. Et d'un happy end aussi facile que forcé.
Malgré des personnages caricaturaux, le film bénéficie toutefois de comédiens sympathiques (Alexandra Lamy en tête), qui aident grandement à faire passer la pilule. Il y a même quelques vraies bonnes scènes drôles, malheureusement un peu trop rares. Je pense au passage chez Pôle Emploi, ou au fait que la maman de 70 ans consomme des séries érotiques à 2 balles.
Noe Hadjar
Noe Hadjar

1 abonné 60 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 avril 2026
Ce film aborde un sujet particulièrement complexe, celui du chômage.
Et il le traite, à mon sens, avec une justesse et une intelligence remarquable, sans jamais sombrer dans la lourdeur.
Que demander de plus, pour apprécier une comédie, qu’un duo aussi efficace que celui d'Alexandra Lamy et Josiane Balasko ?
Un duo mêlant énergie, sincérité et un sens comique redoutable.
Sans oublier, bien sûr, une galerie de seconds rôles particulièrement plaisante, Jérôme Commandeur, Didier Flamand, Cécile Rebboah, Mathilde Seigner, Patrick Bosso… autant de présences qui enrichissent le film et renforcent son efficacité.
En somme, une comédie marquante, presque incontournable, que je recommande à tous ceux qui aiment rire.
El Che
El Che

21 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 mars 2026
Ce film n'est pas terrible. Il n'apporte pas grand chose. Vite vu, vite oublié. Seule Josiane Balasko, nous fait supporter le film et ce portrait d'une femme qui a "sa vie derrière elle", mais encore des envies, des joies et des plaisirs dans un "monde futur" sans saveur. C'est le seul portrait du film qui donne réalité au film.
Jérémy J.
Jérémy J.

17 abonnés 812 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 février 2026
Je n'aurais pas nommé ce film comédie, car ce n'est pas franchement drôle, mais ce n'est pas non plus un film dramatique. Mais ce n'est pas un mauvais film non plus. Il est d'une simplicité sans nom tant dans son scénario que dans ses plans, mais il reste feel good et on se retrouve à sourire de sympathie tout au long du métrage. Le film prend beaucoup de temps dans des dialogues qui sont inutiles et par contre se met à accélérer à la fin en nous offrant donc une conclusion un peu basique et peu recherchée. Les acteurs jouent ceux qu'il peuvent avec les lignes qu'on leur offre, qui souvent ne sont pas non plus les plus honorables. Bref, je ne le déconseillerais pas non plus, disons que dans la lignée des films français il ne s'en sort pas trop mal.
Marc Taton (Belgique)
Marc Taton (Belgique)

42 abonnés 1 053 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 décembre 2025
Je ne m’attendais pas à un chef-d’œuvre, et cela s’est confirmé avec “Retour chez ma mère”. Cette petite comédie tourne un peu en rond, avec des dialogues qui manquent d’originalité et un ensemble qui frôle le cliché. Si vous cherchez une grosse rigolade, il vaut mieux passer votre chemin. Cela dit, j’ai déjà vu bien pire, mais aussi beaucoup mieux. Au final le film laisse une impression mitigée. 5/10
Katia Fontbonne Alibrandi
Katia Fontbonne Alibrandi

1 abonné 130 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 novembre 2025
Un film que j'aime regarder qui me détend. Le duo Lamy/Balasko tout en jeux de mots est une belle performance de pros de la comédie d'impro bravo
Chaîne 42
Chaîne 42

222 abonnés 3 634 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 octobre 2025
Une comédie de moeurs actuelle mais peu réjouissante, les uns et les autres sont plus de la moitié du temps cachotiers, désagréables et si tout rentre un peu dans l'ordre il n'y a que peu d'intérêts à tous ces dysfonctionnements plus ou moins bourgeois sensés faire rire ou sourire.
JustinSvn
JustinSvn

13 abonnés 673 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 octobre 2025
L'ensemble du film respecte ses objectifs : il est plaisant, harmonieux avec une bonne alchimie entre protagonistes. C'est correct!
thisismy
thisismy

1 abonné 152 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 septembre 2025
Dès les 1eres minutes, j'ai compris que je n'allait pas forcement rire. Toutes les scènes censé etre drôle sont ratés. Je ne trouve pas le jeu des acteurs en adéquation avec leur rôle (Mathilde Seigner joue comme son role dans Camping, idem pour celui qui joue son compagnon, joue comme dans Barbecue), Alexandra Lamy n'est pas crédible en tant qu'enfant qui revient chez sa mère. Seule la dernière demi heure m'a plu.
Kouto
Kouto

30 abonnés 4 775 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 septembre 2025
Une comédie très inégale qui n’exploite que très imparfaitement le potentiel comique de son histoire. Souffrant de problèmes de rythme, le film se montre par moment très drôle dans ses dialogues incisifs et par d’autres moments plonge dans une profonde léthargie. Au niveau de la distribution, le duo Josiane Balasko – Alexandra Lamy n’offre pas la pleine mesure de ce qu’on aurait pu attendre. Un film sympathique mais facilement oubliable.
Benehispalis
Benehispalis

4 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 juillet 2025
film typique d'un dimanche après-midi.
Les acteurs sont plutôt bons dans leur rôle mais l'histoire est prévisible et sans aucun suspens.
Kuja
Kuja

1 abonné 24 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 février 2025
J'espérais une petite comédie française pas prise de tête, avec une Balasco que j'apprécie dans la plupart de ses films. Au final, l'humour est lourd, Balasco surjoue. La scène du diner de famille m'a insupporté par le nombre de ses placements de produit.
VSF J
VSF J

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juin 2024
Très bon film, un humour comme on les aime, une comédie avec de bons acteurs et actrices, parfait pour passer une bonne soirée en famille !
Nity
Nity

19 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 février 2024
Une petite comédie sympathique et agréable à regarder. On ne réfute jamais la présence de Josiane Balasko et d'Alexandra Lamy. Les deux comédiennes s'échangent la réplique dans une sincère complicité. Les histoires de familles laissent place à de nombreux sujets. La comédie traite de thèmes actuels comme la précarité, les personnes retraitées dans le monde moderne, les conflits de générations. Ces points son gentiment exposés dans une mise en scène contemporaine. Le film offre l'opportunité de passer un bon moment, sans de grandes prétentions.
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